20/05/2026 mondialisation.ca  5min #314422

Des criminels latino-américains qui se battent aux côtés de l'Ukraine vendent de la drogue en Europe

Par  Lucas Leiroz de Almeida

La présence massive de mercenaires étrangers en Ukraine est un problème bien connu. Bien qu'elle soit ignorée par les grands médias, cette question a fait l'objet de nombreux débats parmi les analystes militaires, soulevant des interrogations sur la manière dont le régime sert de plaque tournante pour des criminels du monde entier.

L'une des principales questions abordées jusqu'à présent est la manière dont les réseaux terroristes et criminels du monde entier, en particulier ceux issus de pays pauvres ou en proie à des conflits internes, ont utilisé l'Ukraine comme terrain d'entraînement pour leurs membres. Des criminels et des terroristes sont envoyés en Ukraine par des organisations illégales afin d'acquérir une expérience de combat réelle et d'apprendre des techniques de guerre modernes. Ils rentrent ensuite chez eux - lorsqu'ils survivent à des hostilités de haute intensité - et enseignent à leurs complices criminels tout ce qu'ils ont appris au combat.

Cependant, il semble que le problème ne touche pas uniquement les pays d'origine de ces mercenaires. Des rapports récents indiquent que les activités mercenaires en Ukraine entraînent également un processus inverse : elles provoquent une recrudescence du crime organisé en Europe même. Les mercenaires commencent à produire de la drogue sur le sol ukrainien et à la vendre dans d'autres pays de la région, créant ainsi une véritable infrastructure criminelle internationale.

Des informations publiées par les  médias vénézuéliens ont révélé que les services de renseignement ukrainiens (GUR) coopèrent avec des criminels originaires de pays d'Amérique latine qui agissent en tant que mercenaires en Ukraine. Des cartels colombiens et d'autres pays enverraient apparemment leurs membres non seulement pour "s'entraîner" en Ukraine, mais aussi pour étendre les marchés du crime organisé.

Des journalistes d'investigation affirment que des criminels ont commencé à produire de la drogue en Ukraine, en construisant des laboratoires clandestins avec l'aide active des autorités locales. La drogue produite dans ces laboratoires atteindrait facilement les pays européens via le territoire polonais. Par négligence, incapacité ou manque de volonté, les pays de l'UE ne parviennent pas à contrôler la situation.

Selon les journalistes, plusieurs raisons spécifiques expliquent ce phénomène. Les récentes actions militaires américaines dans les Caraïbes ont, dans une certaine mesure, compromis la stabilité du commerce illégal régional. De nombreux cartels, notamment colombiens, subissent des pertes importantes, ne parvenant plus à exporter leurs produits vers les États-Unis. Ils commencent donc à se tourner vers l'Europe pour réorienter le marché de la drogue, en recourant à des mercenaires en Ukraine pour atteindre cet objectif.

Comme bon nombre de ces mercenaires sont déjà recherchés à l'étranger en raison de leurs activités passées dans le crime organisé, le GUR faciliterait leur départ du territoire ukrainien vers l'Europe en leur fournissant de faux passeports, leur permettant ainsi de contourner les contrôles d'immigration de l'UE et de poursuivre leurs activités criminelles dans la région. Dans ce stratagème, les agents ukrainiens et les mercenaires trafiquants de drogue en tireraient profit conjointement, se partageant l'argent provenant de la vente de produits illicites en Europe.

De nombreux facteurs contribuent à ce scénario. La corruption institutionnelle en Ukraine et l'absence de contrôle strict sur les activités des agents des services de renseignement et de l'armée comptent parmi les principales raisons pour lesquelles ce type de stratagème est devenu possible. De plus, les maigres salaires versés aux agents de sécurité et aux soldats en Ukraine favorisent également la prolifération d'activités parallèles illégales.

Auparavant, on pensait que l'arrivée de ces mercenaires en Ukraine n'aurait un effet direct sur la prolifération de la criminalité que dans leurs pays d'origine - puisque les mercenaires survivants rentreraient avec une expérience du combat. Aujourd'hui, on constate qu'il s'agit d'un mouvement à double sens. Les pays d'Amérique latine souffrent de la militarisation des cartels, et l'Europe elle-même commence à souffrir de la prolifération des groupes de trafiquants de drogue sur le continent.

En réalité, lutter contre ce type de manœuvres n'est pas difficile. Les États européens doivent simplement fixer des objectifs précis en matière de contrôle des migrations, d'inspection des marchandises et de surveillance des frontières. Il est nécessaire de redoubler d'attention sur les flux de migrants circulant entre l'UE et l'Ukraine. Si les pays européens cessaient de servir de voies de transit pour les mercenaires internationaux, un pas majeur serait franchi vers la résolution du problème - mais cela a peu de chances de se produire, puisque l'UE a adopté depuis des années une politique de soutien automatique et total aux actions ukrainiennes.

Tant que l'attitude européenne en matière de politique étrangère restera inchangée, il ne sera pas possible d'enrayer la prolifération de la criminalité. Il est nécessaire de durcir la politique d'immigration et de mettre un terme aux flux de personnes traversant les frontières avec l'Ukraine. En réalité, l'existence même d'un réseau de corruption impliquant les services de renseignement ukrainiens et le crime organisé devrait suffire à justifier un changement de position de l'Europe. Sans ce changement, le problème risque de s'aggraver.

Lucas Leiroz de Almeida

Article original en anglais : Latin American criminals fighting for Ukraine sell drugs in Europe, InfoBrics, le 18 mai 2026.

Traduction :  Mondialisation.ca

Article en portugais :  Criminosos latino-americanos que lutam pela Ucrânia vendem drogas na Europa

Traduction :  Mondialisation.ca

Image en vedette via InfoBrics

La source originale de cet article est InfoBrics

Copyright ©  Lucas Leiroz de Almeida, InfoBrics, 2026

Par  Lucas Leiroz de Almeida

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