
par Hachem Al
Un rapport accablant de l'inspecteur général du Pentagone a mis au jour l'indifférence criminelle de l'administration Trump envers les civils lors de sa guerre d'agression illégale contre la République islamique d'Iran, confirmant ce que Téhéran a dénoncé à maintes reprises.
Le rapport de l'Inspecteur général du département de la Défense (n° DOWIG-2026-084), publié le 13 mai 2026, évalue la mise en œuvre du Plan d'action pour l'atténuation des dommages causés aux civils et les mesures d'intervention. Il met en lumière les mesures inefficaces, les problèmes budgétaires et les recommandations non résolues concernant la protection des civils.
Le rapport accuse le département de la Défense (DoD) de violer la loi américaine en démantelant sciemment ses programmes de prévention des pertes civiles. Il ne qualifie pas directement les actions de "crimes", un terme juridique réservé aux tribunaux, mais il dénonce une faillite institutionnelle majeure et illégale dans la protection des populations civiles lors des opérations militaires américaines.
Accusations.
L'inspecteur général établit que le Pentagone est en infraction face aux obligations légales du Congrès. Il a sabré dans les budgets et vidé de sa substance le plan d'action pour la réduction des risques civils (CHMR-AP), créé à l'origine en 2022.
Le rapport révèle que le Civilian Protection Center of Excellence, l'organisme censé suivre, analyser et éviter les victimes civiles, a été réduit à une "coquille vide" sans budget ni autorité réelle depuis 2025. Les équipes spécialisées ont été licenciées ou poussées vers la sortie à hauteur de 90%. L'inspecteur général souligne que la direction du Pentagone a délibérément bloqué l'accès des contrôleurs internes aux outils de suivi des frappes et aux réunions stratégiques. Le système numérique de collecte des données sur les victimes n'est plus financé.
Un contexte de crise politique au Pentagone.
Ce rapport s'inscrit dans un climat de vives tensions entourant le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth. Des organisations de défense des droits humains, à l'instar d'Amnesty International, ont immédiatement réagi en dénonçant le mépris flagrant de l'administration pour le droit international humanitaire, rappelant que l'affaiblissement de ces garde-fous coïncide avec une recrudescence massive de victimes civiles sur plusieurs théâtres d'opérations mondiaux dont l'Iran.
Le Congrès américain s'est emparé du rapport, de nombreux parlementaires exigeant désormais des comptes face à ce qu'ils qualifient de manquements graves et illégaux de l'armée. L'inspecteur général a exigé que le Pentagone lui soumette un plan de correction obligatoire d'ici le 12 juin 2026.
Le rapport complet, expurgé de certaines informations, est disponible sur defense.gov :