20/05/2026 francais.rt.com  3min #314502

L'Algérie au troisième rang des géants africains du raffinage pétrolier

© X / Algérie Presse Service

Raffinerie de Skikda en Algérie. [Photo d'illustration]

Derrière le Nigeria et l'Égypte, l'Algérie confirme son poids dans le raffinage de pétrole brut en Afrique. Alger cherche désormais à renforcer son autonomie énergétique en investissant dans la pétrochimie et la production locale d'additifs destinés aux carburants.

L'Algérie se positionne comme un acteur de premier plan en se classant dans le top 3 des plus grands raffineurs de pétrole brut sur le continent africain, avec une capacité estimée à près de 677 000 barils par jour, juste derrière l' Égypte, classée deuxième avec 893 000 barils par jour, et le Nigeria, au premier rang avec 1,125 million de barils par jour, a rapporté la presse algérienne ce 20 mai, citant les données compilées par l'Energy Research Unit, basée à Washington.

La production algérienne de produits raffinés - essence, diesel, kérosène et bitume - est destinée à 52 % à la consommation locale, garantissant ainsi des approvisionnements réguliers pour le secteur industriel et la population. Les 48 % restants sont destinés à l'exportation sous forme de naphta, de fuel et de produits pétrochimiques.

Une capacité de raffinage parmi les plus importantes d'Afrique et du monde arabe

En matière d'infrastructures de raffinage, la raffinerie de Skikda, située dans le nord-est algérien sur la côte méditerranéenne, est l'une des plus grandes structures du genre dans le monde arabe et la plus importante d'Afrique, avec une capacité de raffinage de 355 000 barils par jour. Elle concentre, à elle seule, près de la moitié des capacités de raffinage pétrolier du pays.

Le vieillissement de certaines unités de la raffinerie et les besoins croissants en maintenance et en investissements contribuent cependant à l'écart entre la capacité théorique de production de la structure et sa production effective, note le site d'information ObservAlgérie.

Réduire les importations grâce aux investissements industriels

L'Algérie a notablement réduit sa dépendance aux importations de carburant et renforcé sa sécurité énergétique grâce à des investissements dans les infrastructures de raffinage et les complexes industriels pilotés par la compagnie pétrolière nationale Sonatrach. Cette dernière met en œuvre un ambitieux programme structurant consacré au raffinage et à la pétrochimie. L'objectif affiché est de réduire davantage les importations et d'atteindre l'autosuffisance.

Parmi ces projets figure notamment la fabrication locale, à Arzew, du composé MTBE (méthyl tert-butyl ether), actuellement importé et utilisé comme additif dans la formulation de l'essence. Le groupe prévoit également la réalisation du complexe LAB (linéaire alkylbenzène) à Skikda, destiné à l'industrie des détergents et des nettoyants, ainsi que du complexe STEP/PDH PP à Arzew, consacré à la production de polypropylène.

Un enjeu continental

La capacité totale de raffinage du continent africain a atteint 4,17 millions de barils par jour en 2025, contre 4,14 millions en 2024, selon les chiffres de l'Energy Research Unit. Pourtant, la production effective de produits raffinés s'est établie à environ 2,37 millions de barils par jour, révélant un écart persistant entre capacités théoriques et production réelle.

Les pays africains dépensent chaque année entre 60 et 90 milliards de dollars en importations de produits pétroliers, alors qu'ils disposent de réserves combinées estimées à environ 119 milliards de barils, soit près de 8 % des réserves mondiales.

À la lumière de ces données, l'Energy Research Unit souligne l'importance du développement des capacités locales de raffinage comme pilier stratégique des économies africaines.

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