
Par Finian Cunningham, le 21 mai 2026
La Russie est contrainte d'intervenir sur ce nouveau front pour rétablir la dissuasion et éviter une escalade totale.
La destruction d'un drone ukrainien par un avion de combat de l'OTAN au-dessus de l'Estonie cette semaine montre à quel point la guerre par procuration avec la Russie est proche d'une escalade à l'échelle européenne.
Les dirigeants de l'OTAN et de l'UE poussent les États baltes à intensifier la guerre avec la Russie. Il est peut-être temps pour Moscou de prendre les devants pour éviter une guerre totale.
Il s'agissait du premier cas signalé où un avion de chasse de l'OTAN a intercepté un drone ukrainien. Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a déclaré :
"Nous avons décidé qu'il fallait l'abattre... il était destiné à frapper des cibles russes".
Ses propos trahissaient une certaine nervosité quant à la direction que prend le soutien des États baltes à l'Ukraine, après que la Russie a averti être prête à mettre à exécution ses menaces de représailles si ces pays autorisaient l'Ukraine à utiliser leur espace aérien pour lancer des frappes. En réalité, ils forment un nouveau front contre la Russie, rappellant l'opération Barbarossa, lorsque le Troisième Reich nazi a attaqué la Russie en effectuant un mouvement de tenaille à travers ces mêmes États en 1941. Cependant, dans la situation actuelle, ils ne sont pas certains des conséquences. La Russie devra peut-être dissiper leurs doutes avant qu'il ne soit trop tard.
Le service de renseignement extérieur russe (SVR) a affirmé cette semaine que les États baltes - l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie - complotent avec l'Ukraine pour mener des frappes à l'intérieur du territoire russe à l'aide de drones. Cette affirmation intervient alors que l'Ukraine a intensifié ses frappes aériennes sur des villes russes, y compris la capitale, Moscou, tuant des civils et détruisant des infrastructures pétrolières clés. Un prêt massif de 90 milliards d'euros accordé par l'Union européenne est destiné à stimuler la production de drones en Ukraine en partenariat avec des fabricants européens.
Ces dernières semaines, on a assisté à une recrudescence des incidents impliquant des drones dans le ciel des États baltes.
Plusieurs observateurs expérimentés, dont John Mearsheimer et Glenn Diesen, prédisent que le Kremlin pourrait n'avoir d'autre choix que d'intensifier ses attaques contre les centres de décision des pays baltes afin de rétablir la dissuasion, même si de telles représailles risquent d'entraîner une guerre directe avec l'OTAN en vertu du pacte de défense collective de l'alliance dirigée par les États-Unis.
Les États baltes semblent mener un double jeu cynique, nourrissant l'illusion que leur duplicité leur épargnera des conséquences militaires. Ils affirment n'avoir pas autorisé l'Ukraine à utiliser leur espace aérien pour attaquer la Russie. Le régime de Kiev a également affirmé ne pas avoir sollicité une telle autorisation.
Le régime de Kiev affirme qu'il lance des drones directement dans l'espace aérien russe, et que c'est la guerre électronique russe qui brouille les drones pour les détourner vers le territoire balte. D'après certaines allégations, la Russie s'en servirait comme propagande pour incriminer les États baltes et justifier son hostilité à leur égard. L'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont soutenu la version de Kiev.
De telles allégations sont quelque peu tirées par les cheveux. Après tout, il s'agit du même régime qui prétend que la Russie attaque la centrale nucléaire de Zaporijia contrôlée par la Russie, et ce alors même que les obus d'artillerie entrants montrent que des HIMARS de fabrication américaine sont utilisés pour frapper la centrale, risquant une catastrophe nucléaire pour l'Europe.
Pour commencer, les autorités estoniennes ont admis que la dernière incursion de drone a été effectuée par un drone provenant du territoire letton, et non russe.
Ensuite, le régime de Kiev s'est empressé de présenter ses excuses à ses "amis baltes" pour les "incidents involontaires" liés à l'intrusion de drones dans leur espace aérien. S'il s'agissait de propagande russe, pourquoi Kiev s'excuserait-elle ?
La conclusion logique est que des agents ukrainiens utilisent délibérément les pays baltes comme voie détournée pour frapper la Russie. Il faut aussi suivre la piste de l'argent. La récente recrudescence des attaques de drones menées par l'Ukraine contre la Russie a coïncidé avec l'aide militaire de 90 milliards d'euros accordée par l'UE, ouvertement présentée comme un soutien à l'intensification des attaques de drones.
À cela s'ajoute l'affirmation plausible des services du renseignement extérieurs russes selon laquelle la Lettonie se propose comme nouveau front pour les frappes aériennes ukrainiennes. La Russie affirme que des agents ukrainiens sont basés sur le territoire letton pour effectuer les lancements. Les affirmations russes cadrent avec le contexte.
La Russie a averti cette semaine disposer des coordonnées des sites de lancement en Lettonie et dans d'autres États baltes, et être prête à frapper ces cibles.
Ce qui explique probablement pourquoi les Estoniens ont décidé cette semaine d'abattre le drone en route vers la Russie. Un avion de chasse F-16 de l'OTAN a été mobilisé pour l'abattre. Tout porte à croire que les décideurs de Tallinn ont pris conscience que le pays risque de se faire prendre la main dans le sac en commettant un acte de guerre contre la Russie.
On peut également en déduire que les dirigeants de l'UE et de l'OTAN sont désespérés et désorganisés face à cette guerre par procuration qui dure depuis plus de quatre ans et ruine leurs économies.
Leur russophobie les pousse à intensifier les attaques de drones ukrainiens contre la Russie et à utiliser le territoire balte pour maximiser la portée offensive et les dégâts. Il ne fait aucun doute qu'il existe dans les pays baltes des bellicistes anti-Russie prêts à se rallier à cette escalade, même si elle les expose de manière irrationnelle aux représailles.
L'effondrement du gouvernement de coalition letton la semaine dernière illustre ces tensions stratégiques. La Première ministre Evika Silina a démissionné après le limogeage de son ministre de la Défense suite à des incidents répétés de drones ukrainiens "égarés" s'écrasant sur le territoire. Furieuse, Silina a déclaré :
"Quelque chose a mal tourné. Nous ne pouvons pas tolérer que cette situation perdure".
Le prétexte avancé par le ministre de la Défense limogé, Andris Spruds, est que les drones ukrainiens ne cessent de violer l'espace aérien letton. Mais la crise politique à Riga montre les inquiétudes contradictoires que suscite la complicité avec l'Ukraine dans l'attaque de la Russie, qui place le pays en ligne de mire des représailles russes.
Les partisans de la ligne dure des pays baltes, avec leur mentalité russophobe congénitale, n'agissent pas seuls. L'UE, sous l'impulsion de personnalités telles qu'Ursula von der Leyen, l'ancienne ministre allemande de la Défense, et la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, ancienne Première ministre estonienne, a fait pression pour renforcer les capacités de l'Ukraine en matière de drones dans le cadre d'un nouveau pari imprudent destiné à vaincre la Russie.
Le jour même de l'attaque avortée de drones contre la Russie depuis l'espace aérien estonien, mardi 19 mai, trois avions de surveillance de l'OTAN auraient survolé le territoire balte. Parmi ces avions de reconnaissance se trouvait un Bombardier Challenger 650 Artemis II américain qui a décollé de Roumanie. Le F-16 qui a abattu le drone est également parti de Roumanie. Ceci montre que le drone était coordonné avec les services de renseignement de l'OTAN.
Le régime de Kiev a renoncé à toute prétention de négociations politiques pour mettre fin au conflit, comme l'a souligné cette semaine l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia. Le régime corrompu de Zelensky joue le tout pour le tout en injectant des fonds pour fabriquer des drones avec des partenaires européens. Pour la mafia néonazie de Kiev, quoi de plus souhaitable qu'entraîner l'OTAN dans une guerre ouverte contre la Russie ? Et certains éléments au sein de la direction de l'OTAN et des États baltes y sont tout disposés.
La Russie va être contrainte de frapper ce nouveau front pour rétablir la dissuasion et éviter une escalade totale, comme l'ont conclu des stratèges russes comme Sergey Karaganov. La dynamique diabolique illustrée par la collusion balte autour des drones confirme cette sombre conclusion. Sans réaction de Moscou, les bellicistes de l'OTAN s'enhardiront et poursuivront leur politique d'agression insensée.
Traduit par Spirit of Free Speech