De retour à Paris, les Français membres de la Flottille mondiale Sumud font état d'agressions sexuelles, de tortures et d'humiliations commises par les forces israéliennes.
"Pour l'instant, c'est 15 personnes qui se sont faites violer. Il y a une trentaine d'os du corps qui ont été brisés, que ce soit des côtes, des clavicules, des tibias, etc. Il y a plusieurs personnes qui sont hospitalisées, dont certaines dans un état grave et très préoccupant" témoigne Hélène Couron, porte-parole de la Flottille.
Elle a aussi fait état des "situations de viol collectif où les navigants étaient réveillés en plein milieu de la nuit, dans des tentes et violés collectivement par des soldats israéliens".
D'autres témoignages décrivent les mêmes actes de tortures infligées aux militants humanitaires. La néerlandaise Jesse Aletta van Schaik, qui se trouvait à bord de la Flottille, raconte avoir été "enlevée" dans les eaux internationales avec des centaines d'autres personnes. Elle poursuit un récit glaçant : "Ils m'ont retiré mon chemisier et ont pris des photos. Puis ils nous ont maltraités toute la nuit, frappés. Menottée, ils m'ont traînée au sol quand je ne pouvais pas marcher."
À leur arrivée à l'aéroport international d'Istanbul, jeudi, à bord d'un premier avion, les membres de la la Flottille ont été accueillis par un large comité de soutien, avec de nombreux militants agitant des drapeaux palestiniens.
Les traces de blessures étaient visibles confirme l'AFP sur place. Selon l'urgentiste Pascal André, qui fait partie du pôle médical de la Flottille, joint par l'Humanité : "Plus d'une trentaine est partie dans la soirée de jeudi ou dans la nuit à l'hôpital à Istanbul".
Leur état est effrayant. "Je peux simplement vous dire que j'ai vu Malika, l'infirmière avec qui j'étais à bord l'année dernière, avec laquelle on était en prison, elle semble brisée. C'est-à-dire qu'elle était en pleurs, recroquevillée sur elle-même, elle n'ose plus parler, elle a le bras droit en écharpe. Étant donné son courage et sa force de caractère, cela signifie qu'elle a subi des choses terribles", constate Pascal André.
La diffusion d'images montrant des militants de la flottille humanitaire pour Gaza agenouillés et menottés après leur interception par Israël a déclenché une vague de condamnations internationales. Plusieurs États et organisations de défense des droits de l'homme dénoncent de mauvais traitements et des violations graves du droit international.
Malika, quant à elle, détaille cet instant où "dans le noir, trois hommes, tous cagoulés, m'ont tabassé sur le bateau militaire. Je leur ai dit d'arrêter car je n'arrivais plus à respirer. Ils m'ont répondu être docteur et puis ils m'ont à nouveau roué de coups". Malika prend une pause et reprend son récit, une fois en prison. "C'était pareil : de la torture, des positions de stress, c'était horrible, vraiment c'était horrible. Dès que je ferme les yeux, je revis les scènes et les défile en boucle dans ma tête", décrit-elle.
L'initiative Flottille mondiale Sumud s'inscrit dans le cadre d'une série d'efforts internationaux visant à rompre le blocus israélien imposé à Gaza depuis 2007, en violation flagrante de toutes les conventions, règles et lois humanitaires et internationales.
La crise humanitaire dans la bande assiégée a atteint des niveaux catastrophiques depuis le déclenchement de la guerre en octobre 2023, aggravée par des destructions massives d'habitations et le déplacement forcé de près de 1 500 000 Palestiniens à l'intérieur des territoires occupés.
Un chirurgien ayant exercé à la fois au Liban et à Gaza a vivement fustigé Israël pour sa politique de cibler systématiquement le personnel médical.
