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Le pétrolier Shenlong Suezmax, battant pavillon libérien et transportant du pétrole brut en provenance d'Arabie saoudite, est amarré au port de Mumbai, en Inde, le 12 mars 2026, après avoir franchi le détroit d'Ormuz. [Photo d'illustration]
Face aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, l'Inde a fortement réorienté ses approvisionnements pétroliers. New Delhi s'est tournée ces dernières semaines vers l'Afrique et l'Amérique latine afin de compenser les difficultés d'acheminement du brut en provenance du Golfe.
L'Inde accélère la diversification de ses sources d'approvisionnement énergétique. Confrontés aux perturbations du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, les raffineurs indiens ont augmenté leurs achats de pétrole en provenance du Venezuela, du Brésil, de l'Angola et du Nigeria afin de compenser les difficultés affectant les exportations du Moyen-Orient.
Le conflit opposant depuis fin février Israël et les États-Unis à l'Iran a fortement réduit le trafic dans ce passage stratégique par lequel transite habituellement près d'un cinquième du pétrole mondial. Malgré une reprise partielle du transport maritime ces derniers jours, les flux demeurent très perturbés et plusieurs navires restent bloqués dans la région.
Jusqu'au déclenchement du conflit, l'Inde - troisième importateur mondial de pétrole - dépendait largement des producteurs du Golfe pour ses besoins énergétiques. Selon les données préliminaires du cabinet spécialisé Kpler, New Delhi a maintenu en avril ses importations totales autour de 4,57 millions de barils par jour, un niveau stable par rapport à mars mais en recul de plus de 15 % sur un an.
La Russie, un partenaire fiable
Dans ce contexte, la Russie demeure le principal fournisseur de brut de l'Inde, même si sa part dans les importations indiennes est tombée à environ 35 %, contre près de 50 % auparavant. Les livraisons russes avaient notamment diminué en avril après l'arrêt temporaire pour maintenance d'une raffinerie exploitée par Nayara Energy.
Parallèlement, les importations en provenance des Émirats arabes unis ont fortement rebondi, atteignant près de 670 000 barils par jour en avril contre environ 230 000 en mars. Les achats de pétrole saoudien sont, eux, restés relativement stables. Les Émirats et l'Arabie saoudite disposent d'oléoducs permettant d'exporter une partie de leur production sans passer par le détroit d'Ormuz, contrairement à l'Irak, au Koweït, au Qatar ou encore à Bahreïn.
L'Inde a également repris temporairement ses importations de pétrole iranien après une interruption de sept ans, profitant d'une dérogation accordée par Washington afin de contribuer à la stabilisation des marchés mondiaux. À l'inverse, les achats de brut irakien avaient été interrompus le mois dernier en raison de l'arrêt des exportations du pays.
Le Venezuela et le Brésil figurent désormais parmi les principaux fournisseurs du marché indien. Selon plusieurs données de marché, Caracas pourrait même devenir dès ce mois-ci le quatrième fournisseur de brut de l'Inde.