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Depuis le retour d'Andrej Babis au pouvoir, Prague affiche une position plus prudente concernant l'initiative d'achat de munitions pour l'Ukraine. Dans ce contexte, le nombre de pays participant au financement du programme a été divisé par deux, fragilisant l'un des principaux canaux d'approvisionnement de Kiev.
L'initiative tchèque destinée à acheter des munitions pour l'Ukraine a perdu une partie importante de ses soutiens internationaux depuis le retour au pouvoir du Premier ministre Andrej Babis en décembre dernier, rapporte le Financial Times (FT).
D'après le président tchèque Petr Pavel, le nombre de pays participant au financement du programme est passé de dix-huit à seulement neuf en l'espace d'un an. Il a souligné que ce programme assurait jusqu'à la moitié des livraisons de munitions de gros calibre destinées à Kiev, ce qui en faisait un élément difficile à remplacer rapidement.
La présidence tchèque n'a toutefois pas souhaité révéler quels États avaient quitté le dispositif. Un responsable militaire occidental a néanmoins indiqué que l'Allemagne ainsi que plusieurs pays nordiques continuaient d'y participer.
Depuis son retour au pouvoir, Andrej Babis a adopté une ligne plus réservée à l'égard de l'initiative, affirmant que les ressources publiques limitées devaient d'abord répondre aux besoins des citoyens tchèques, notamment dans un contexte marqué par la hausse des coûts énergétiques après le conflit au Moyen-Orient.
Ce changement de position à Prague a nourri les doutes de plusieurs partenaires européens, certains jugeant désormais difficile de continuer à financer un programme que le pays chargé de le piloter ne soutient plus clairement, note le FT. Dans ce contexte, le Premier ministre a rappelé que la République tchèque ne finançait pas directement les munitions avec ses propres ressources, mais recevait des fonds d'autres pays avant d'assurer leur livraison.
Durant la campagne électorale de l'an dernier, Andrej Babis avait déjà critiqué cette initiative et menacé d'y mettre fin, dénonçant notamment un manque de transparence concernant l'utilisation des fonds.