27/05/2026 ssofidelis.substack.com  17min #315210

Le « toxico » de Kiev démasqué

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son bureau à Kiev, en décembre 2025. (Président de l'Ukraine/Flickr/Domaine public)

Par  Patrick Lawrence, Spécial Consortium News, le26 mai 2026

Que toutes les illusions et chimères des cinq dernières années - voire des douze, si l'on remonte au coup d'État orchestré par les États-Unis à Kiev en 2014 - s'estompent enfin, à l'image des drapeaux.

On voit très peu de drapeaux bleu et jaune sur les pelouses et les porches ces jours-ci, et ceux qui sont là depuis longtemps sont décolorés par le soleil et la pluie. J'aime ceux que le vent a effilochés, qui s'affaissent comme des torchons usés.

Hisser un drapeau ukrainien pour que vos voisins sachent que vous êtes courageusement engagé en faveur de la démocratie, de la liberté, des "valeurs" et tout le reste a longtemps été le nec plus ultra en matière de démonstration de vertu.

Ces gens ont-ils enfin compris que le régime corrompu et infesté de nazis de Kiev n'offre aucune vertu digne d'être affichée ? Si c'est le cas, c'est une bonne chose : il y a des limites, y compris au plaisir que l'on peut tirer de la bêtise des libéraux.

La guerre en Ukraine se poursuit, et, croyez-le ou non, on peut encore lire dans les grands quotidiens que le vent a tourne (encore une fois !) en faveur des Ukrainiens. Bon, les spécialistes de la guerre psychologique continuent de broyer du noir comme ils le font depuis le début de l'intervention russe il y a cinq ans, et j'en viendrai bientôt à un spécimen particulièrement extrême de ce genre de comportement.

Mais la propagande est désormais aussi éventée et éculée que les drapeaux que les libéraux et tous les autres moutons de Panurge avaient l'habitude de brandir.

Que cette saison soit celle des révélations à tous les niveaux, alors que les lourds voiles de la désinformation et des fausses informations qui obscurcissent tant de réalités du XXIe siècle sont enfin levés.

C'est déjà une réalité, alors que le régime terroriste en Israël poursuit son œuvre répugnante : toute la hasbara que les sionistes pourraient jamais créer ne suffira plus à masquer l'obscénité de leurs crimes sadiques et de leurs abus au discours dominant.

Grâce au soutien de nombreuses personnes, dans le cas sioniste, le Grand Tabou a enfin été contraint de devenir le Divulgué, pour le dire autrement. C'est un progrès majeur.

La lucidité, la clairvoyance et la clarté du langage doivent toujours précéder les avancées dans la cause de la justice.

Puisse-t-il en être de même aujourd'hui avec l'Ukraine. Que toutes les illusions et les délires des cinq dernières années - ou des douze, si l'on remonte au coup d'État soutenu par les États-Unis à Kiev en 2014 - disparaissent enfin, tout comme les drapeaux.

Il est temps - grand temps de faire comprendre même aux plus arrogants des patriotes que la guerre en Ukraine n'a jamais eu le moindre intérêt pour la "démocratie", le "monde libre" ou la "défense des valeurs européennes".

Il est grand temps, car la kleptocratie corrompue de Kiev et ses sponsors occidentaux tout aussi corrompus sont en train d'intensifier la guerre alors même que l'Ukraine l'a perdue - selon mon estimation, et celle d'autres, il y a bien plus d'un an.

L'Ukraine étend désormais rapidement ses attaques de drones et de missiles à des cibles situées jusqu'à mille kilomètres à l'intérieur du territoire russe.

"Dans l'ensemble, notre plan à long terme pour le mois de mai est en grande partie mis en œuvre", a vanté Volodymyr Zelensky mercredi dernier. "Les cibles principales sont les raffineries de pétrole russes, les installations de stockage et d'autres infrastructures liées à ces revenus pétroliers".

Curieusement, ou pas vraiment, le président ukrainien a omis de mentionner les récentes attaques contre des immeubles d'habitation à Moscou et dans ses environs. Ces attaques constituent des provocations dangereuses qui risquent d'aggraver le conflit, et c'est précisément leur objectif.

Changement de ton au Kremlin

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son bureau à Kiev, en décembre 2025. (Président de l'Ukraine/Flickr/Domaine public)

Témoignant d'un changement d'humeur apparent au Kremlin, Vladimir Poutine a promis vendredi de riposter après que des drones ukrainiens  ont frappé une résidence universitaire à Louhansk, anciennement une oblast ukrainienne que Moscou, à la suite d'un référendum en septembre 2022, a intégrée à la Fédération de Russie.

Le président russe a tenu sa promesse dimanche, lorsque l'armée  a lancé une attaque exceptionnellement puissante à l'aide de drones et de missiles contre Kiev. Les Russes  ont envoyé l'un de leurs missiles hypersoniques Oreshnik sur une base aérienne située dans la banlieue de la capitale ukrainienne.

Il s'agit là d'un avertissement clair indiquant que la retenue dont le Kremlin a fait preuve tout au long de ce conflit est en train de s'amenuiser : l'Oreshnik est capable de transporter une ogive nucléaire.

N'oublions pas que les forces armées ukrainiennes ne pourraient jamais accomplir toutes ces actions sans l'aide - en matière de technologie, de conseils techniques, de ciblage, de renseignements, etc. - des agences du renseignement occidentales, principalement le MI-6 et la CIA.

La démonstration la plus spectaculaire de cette collusion a été l'opération Spiderweb, dont on fêtera le premier anniversaire le mois prochain, lorsque des drones ukrainiens - de fabrication britannique et française - ont frappé cinq bases aériennes russes.

Le président russe Vladimir Poutine s'exprimant lors d'un défilé militaire sur la Place Rouge le 9 mai, pour le 81e anniversaire de la victoire sur le front de l'Est pendant la Seconde Guerre mondiale. (Président de la Russie)

Qu'est-ce qui se passe ? Qui mène cette guerre à ce stade ?

Olivier Kempf a proposé une analyse intéressante dans le numéro d'avril de Harper's sous le titre "La Russie a-t-elle gagné la guerre ?". Kempf, brigadier général à la retraite de l'armée française, a répondu à sa question dans la dernière ligne de son essai :

"Il est peut-être trop tôt pour affirmer que la Russie a gagné la guerre. Mais il est possible, à ce stade, d'affirmer que l'Ukraine ne gagnera jamais".

Disons-le enfin : quelle que soit la durée des combats menés par l'Ukraine contre les Russes pour défendre son territoire souverain, ce n'est plus là l'enjeu de la guerre - si tant est qu'il l'ait jamais été, d'ailleurs.

Les dirigeants corrompus de Kiev, qui se moquent éperdument de la vie de leur propre peuple, ont fait de la nation une machine grotesque, digne de La Guerre des mondes, dans le seul but de servir la campagne sans fin de l'Occident pour renverser la Fédération de Russie.

Réprimer ce genre de vérités radicales, comme le font les propagandistes, est le principal facteur de la menace croissante que représente désormais la guerre en Ukraine pour la stabilité mondiale.

Bien avant que Nick Kristof ne publie son  article d'opinion du 11 mai sur les abus sexuels commis par les sionistes sur des prisonniers palestiniens, quiconque suivait l'actualité ne pouvait ignorer les perversions malsaines répandues parmi les soldats et les gardiens de prison israéliens. Il fallait être... quoi ?... un sioniste ou un sympathisant sioniste - ou peut-être simplement Chuck Schumer - pour ne pas avoir connaissance de ces perversions ou les nier quand on en a été informé.

Mais il a fallu que Kristof écrive dans The New York Times - "le journal local de la communauté juive américaine", comme l'a décrit l'un de ses éminents reporters il y a quelques années - pour que ces réalités des plus hideuses - des chiens dressés pour violer, bon sang - s'imposent dans la conscience collective.

Les Israéliens ne pourront plus jamais remettre le cobra dans son panier maintenant que Nick l'en a fait sortir par magie. Kristof mérite un prix Pulitzer, un prix Polk ou un prix de l'Overseas Press Club pour cet article, même s'il n'en obtiendra jamais, tant son reportage s'est révélé non-casher (si vous me permettez l'expression) depuis que le Times l'a publié.

Tucker Carlson vient de faire pour l'Ukraine ce que Nick Kristof vient de faire pour Israël. Il n'y a plus aucun malentendu sur la nature du régime de Kiev, plus maintenant.

On ne peut prendre au sérieux ceux qui sont assez naïfs pour continuer à brandir le drapeau ukrainien au nom des "valeurs démocratiques".

L'interview de Carlson avec Iulia Mendel , l'ancienne attachée de presse de Zelensky, a été visionnée 1,4 million de fois depuis sa diffusion le 11 mai ; 26 000 téléspectateurs ont pris le temps de consulter la section des commentaires. Vous ne trouverez aucune mention dans les médias grand public du récit de Mendel sur ses années passées aux côtés du dictateur ukrainien depuis que Carlson a diffusé "Cocaïne, dissimulations, et le seul obstacle à la paix".

Mais peu importe : ce sont une heure et 38 minutes  explosives. L'interview fait toute la lumière sur les fraudeurs qui dirigent l'Ukraine, tout comme Kristof l'a fait sur les psychotiques qui dirigent et défendent l'apartheid israélien.

Carlson s'interroge : "Mais qui est Zelensky ?"

Un drone FPV filme l'attaque contre des bombardiers de type Tu-22 à la base aérienne de Belaya en Russie, le 1er juin 2025. (Ssu.gov.ua/ Wikimedia Commons/ CC BY 4.0)

"Qui est cet homme ?", demande Carlson à Mendel.

Sa réponse à cette question clé est longue, et elle insiste à plusieurs reprises sur sa forte opposition à l'intervention russe et sur le fait qu'elle n'a aucune rancune ad hominem envers son ancien employeur. Non, elle expose clairement son intention dès le début :

"Je crois qu'il est l'un des plus grands obstacles à la paix aujourd'hui. Je tiens à dire aux gens qui il est".

Pour résumer l'essentiel de  son récit sur Volodymyr Zelensky, cet humoriste de télévision devenu président, recourons à quelques ellipses :

"Tout d'abord, ce n'est pas la personne que l'on voit à l'écran. Il est très différent. Il change constamment de visage. Il est émotionnellement incontrôlable, souvent hystérique, et il considère que tout le monde est sacrifiable. Il n'a pas l'empathie qu'il feint dans ses rôles.

"C'est [un] acteur extrêmement doué, et cela nous a valu beaucoup de soutien en 2022, mais son jeu n'a aucune substance. Et tout ce qu'il raconte est tellement déconnecté de la réalité. La plupart de ses propos relèvent soit de la manipulation, soit d'un fait sorti de son contexte. Ou bien ce sont de purs mensonges.

"Et des millions de personnes croient encore que soutenir Zelensky, c'est soutenir l'Ukraine. Mais aujourd'hui, c'est différent... Cette guerre n'est plus en noir et blanc. Elle est sombre, et même de plus en plus sombre. On voit juste Poutine comme le méchant, mais Zelensky est lui aussi un méchant. Il est juste plus sournois. Il joue les nounours devant les caméras, mais dès que les projecteurs s'éteignent, c'est un grizzly qui détruit son peuple.

"C'est presque surréaliste de se remémorer que presque tous les dirigeants occidentaux et délégations occidentales qui venaient en Ukraine avant la guerre traitaient Zelensky comme un novice en politique. Ils voyaient qu'il était peu instruit, incompétent et sans profondeur. Mais du jour au lendemain, il s'est mué en ce symbole de la démocratie...

"C'est comme si l'Occident avait créé ce mythe, s'y était laissé prendre, et continuait d'ignorer que derrière la rhétorique héroïque de Zelensky, c'est le pouvoir qu'il accumule. Et je n'ai pas peur de dire qu'il ne fait que dépouiller les personnes mêmes qu'il prétend sauver..."

Voici qui il était et qui il est, comment tout s'est passé et comment les choses se présentent aujourd'hui.

Zelensky a remporté les élections en 2019, avec 71 % des voix, sur la promesse de négocier une paix durable avec la Russie. Puis les puissances occidentales ont mis la main sur ce novice peu cultivé, il a rompu sa promesse en quelques jours et le projet de création du mythe a commencé.

Tous ces drapeaux qui ont fini par flotter dans les villes et villages de l'Occident ne sont rien d'autre qu'un témoignage de la terrible facilité avec laquelle on peut duper des populations entières, désespérées de se raccrocher à quelque chose, n'importe quoi, en quoi croire.

Il y a bien plus encore dans l'heure et demie que Carlson passe avec Mendel. Elle raconte les tricheries endémiques - envers les Ukrainiens, envers nous tous -, la mise en scène constante de l'image, les stratagèmes de blanchiment d'argent que Zelensky supervise directement, son addiction à la cocaïne. (Mendel a rencontré le dealer de Zelensky, un farfelu défoncé selon sa description, au bureau présidentiel.)

À propos de la manipulation cynique des apparences par Zelensky :

"Je crois que les millions de personnes qui soutiennent encore Zelensky ont voulu croire à un homme politique exceptionnel. Ils voulaient croire que quelqu'un, un Churchill ou autre, agirait vraiment pour le bien du peuple. Et Zelensky est un acteur talentueux. Il a su leur donner ce qu'ils voulaient".

À propos de la politique de Zelensky :

"Il a abusé de notre foi en la démocratie. Il a abusé de notre combat. Il a abusé de notre sacrifice, du sacrifice ukrainien, et de ce que les Européens et les Américains ont fait pour nous. Il a abusé de la confiance de tant de gens...

"Pendant deux ans, ce type a répété deux phrases qui en disent long sur lui. L'une d'elles, disait-il, était : 'L'Ukraine n'est pas prête pour la démocratie', et c'est une citation. Une autre citation était : 'La dictature, c'est l'ordre'. Alors comment quelqu'un qui pense que l'Ukraine n'est pas prête pour la démocratie et que la dictature est l'ordre peut-il être l'incarnation même de la démocratie ?"

Bien sûr, il y a cette obsession pour l'opération de propagande en cours qui occupe une place si importante dans le quotidien du régime de Kiev.

En 2020, alors qu'il n'était au pouvoir que depuis moins d'un an, la trahison flagrante de Zelensky envers son électorat commençait déjà à lui coûter cher.

Comme le raconte Mendel : "Il avait vraiment peur que sa cote de popularité commence à chuter".

Voici le récit de Mendel concernant la réaction paniquée de Zelensky devant elle et d'autres membres de son service de presse :

"... Et ma collègue a commencé à discuter avec le président, de manière très diplomatique, mais elle disait : 'Écoutez, il ne se passe pas tant de choses positives que ça. Vous promettez quelque chose, mais ça ne se produit pas'.

"Et il a répondu : 'Peu importe ce qui se passe. Le plus important, c'est qu'il nous faut mille porte-parole, et si mille porte-parole disent des choses positives, alors des choses positives se produisent, et les gens croient que des choses positives ont lieu'.

"... Il s'est penché sur la table, il nous a regardés, et a dit d'un ton particulièrement irrité : 'J'ai besoin de la propagande de Goebbels, pour ainsi dire. J'ai besoin de la propagande de Goebbels. J'ai besoin de milliers de porte-parole de la propagande de Goebbels'. Oui, c'était le propagandiste d'Hitler. Et nous étions tellement choqués que nous avions le souffle coupé".

Et à propos de l'Ukraine telle que nous la connaissons aujourd'hui, après des années de cette dissimulation, de cette duplicité rusée :

"Mais bon, il a ses milliers de porte-parole à travers le monde, n'est-ce pas ? Et beaucoup d'entre nous n'étaient pas censés en faire partie. On défendait juste le pays, tu vois. On croyait qu'il mettrait bientôt fin à la guerre, qu'on devait être unis. On y croyait. Et quatre ans plus tard, les Ukrainiens ne croient plus au programme de Zelensky. Mais il y a toujours des milliers de porte-parole, et beaucoup d'entre eux sont juste payés pour ça vois-tu".

Les années passées par Mendel au sein de "l'équipe de communication" de Zelensky - une supercherie en soi vu la façon dont elle a fonctionné - ont commencé après son élection et se sont terminées en 2021. Après avoir regardé l'interview et lu la transcription, disponible  ici, je ne vois aucune raison de douter de son authenticité.

L'opération psychologique se poursuit

Mais l'opération psychologique, comme indiqué précédemment, poursuit son cours.

The Kyiv Independent, créé en 2021 grâce à des fonds occidentaux - le sempiternel argument de la "société civile" -, semble particulièrement contrarié. Il cite une certaine Alyona Hurkivska, qui vient de passer huit ans à gérer des projets financés par la bonne vieille Agence américaine pour le développement international - tout cela est tellement obscène -, affirmant que Mendel n'est qu'un imposteur.

"Cette interview", dit Alyona, "ne se contente pas de faire écho aux récits russes - c'est de la propagande intertextuelle, qui les répète 'de l'intérieur'".

Rien de la part de The Kyiv Independent ou de sa source principale sur ce que Mendel a réellement dit. Mais de la "propagande intertextuelle" : waouh, il faut que je note ça. Je dois mentionner que Mme Hurkivska est spécialisée dans la "désinformation post-vérité" - bien sûr - et qu'elle reçoit de l'argent de toutes parts, de l'Union européenne et du régime de Kiev ainsi que de l'USAID.

Une source irréprochable, en somme.

Bon, The Kyiv Independent est une entreprise tout ce qu'il y a de plus ridicule, mais que dire de David French ? À peu près la même chose, j'imagine, une initiative ridicule, mais il évolue dans des sphères beaucoup plus haut placées. Beaucoup de gens voient en lui un professionnel sérieux.

French tient une chronique dans The New York Times depuis 2023.

C'est un ancien militaire qui n'a jamais vraiment quitté l'uniforme, un chrétien évangélique qui illustre bien la dérive constante vers la droite des pages d'opinion du Times depuis tant d'années.

Et sur la crise ukrainienne, French et le Times ont récemment surpassé même Alyona Hurkivska et The Kyiv Independent. C'est le 26 avril que French a publié un article intitulé " Rencontrez le nouveau leader du monde libre".

Besoin d'une seconde pour vous demander qui pourrait être ce nouveau leader ?

French commence ainsi :

"Un événement remarquable s'est produit sur les champs de bataille du monde. L'Ukraine - une nation censée disparaître quelques jours après l'invasion russe - a mené la Russie dans l'impasse. Elle est devenue un partenaire de sécurité indispensable au sein de l'alliance occidentale".

Vous avez bien entendu ? Un partenaire de sécurité indispensable.

Après avoir préparé les lecteurs à cette absurdité incommensurable avec les banalités d'usage, French enchaîne immédiatement avec son satori :

"Aujourd'hui, Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, franchit une nouvelle étape, encore impensable il y a quelques années à peine. Il montre à l'Europe et au monde, en paroles et en actes, comment le monde libre post-américain peut préserver sa liberté et son indépendance".

En paroles et en actes : voilà ce qu'il a dit.

Que sait exactement David French des paroles et des actes de Volodymyr Zelensky ? On est en droit de se poser la question, sachant que l'interview de Carlson avec Iulia Mendel a été diffusée deux semaines plus tard.

Après avoir encouragé les provocations les plus dangereuses et fait résonner les tambours de guerre dont les Européens sont aujourd'hui friands, et après avoir déploré le retrait du régime Trump de Kiev, French conclut par cette perle :

"Le cœur moral et stratégique de la défense de la démocratie libérale ne bat pas à Washington. Pas plus qu'à Londres, Paris, Berlin ou Ottawa. Il bat à Kiev, où un courageux leader et un peuple vaillant ont repris le flambeau que l'Amérique a laissé s'éteindre".

Encore une fois, waouh. Encore plus fort que la "propagande intertextuelle".

Sourire du timing malheureux de ces affirmations, ni de la paranoïa évidente de David French ne sert à rien. Ce n'est pas mon propos. Mon propos est de montrer à quel point le discours orthodoxe sur l'Ukraine est désormais découplé de la réalité et - chose cruciale - à quel point des crétins comme French pensent que nous autres serions également déconnectés de la réalité.

Je ne vois pas comment ce type de discours peut tenir. Nous vivons en pleine mutation du zeitgeist. Une sorte de barrage semble sur le point de céder, laissant s'écouler un flot puissant et limpide de vérités.

Jackson Lears, éminent spécialiste de l'Amérique, a rédigé une réponse à la tribune d'Olivier Kempf publiée dans Harper's que j'ai mentionnée plus haut. Après avoir relevé les efforts déployés sur le long terme pour déstabiliser la Russie, Lears conclut :

"Les vaines convulsions d'un empire en déclin sont sans fin".

Quelle vérité ! Et quel soulagement ce sera quand ces convulsions et le chaos qu'elles engendrent cesseront enfin.

Traduit par  Spirit of Free Speech

* Patrick Lawrence, correspondant à l'étranger pendant de nombreuses années, principalement pour l'International Herald Tribune, est chroniqueur, essayiste, conférencier et auteur, dont l'ouvrage le plus récent est Journalists and Their Shadows, disponible. Parmi ses achez Clarity Pressutres livres figure Time No Longer: Americans After the American Century. Son compte Twitter/X,  The Floutist a été rétabli après des années de censure.

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