
Andrea Marcigliano
Source: electomagazine.it
Un navire marchand, arborant la drapeau chinois et en route vers l'Iran, est intercepté et bloqué en haute mer par des navires militaires américains. Ceux-ci mènent, en effet, une opération d'embargo autour du Golfe Persique et de toutes les voies d'accès aux ports iraniens.
La réaction chinoise est sèche et formelle. Et c'est justement pour cette raison qu'elle est encore plus inquiétante.
Le ministère des Affaires étrangères de Pékin publie une note dans laquelle il affirme, sèchement, que la flotte américaine n'a aucun droit d'intercepter, en haute mer, des navires destinés à l'Iran ou en provenance d'Iran.
Et il précise, pour enfoncer le clou, que de tels actes portent gravement atteinte aux intérêts chinois. Et qu'ils ne seront plus tolérés.
Dans le style, formel, de la diplomatie de Pékin, c'est un dernier avertissement.
Le comportement américain conduit, directement, au conflit. La Chine ne peut tolérer cette atteinte continue à ses intérêts commerciaux.
Maintenant, il est inconcevable que Washington ignore ces choses. Ni, surtout, qu'il ignore où pourrait mener la persistance dans cette stratégie du blocus naval.
Ils le savent. Ils le savent parfaitement, et pourtant ils persistent dans cette voie.
Il ne s'agit pas simplement d'un conflit avec l'Iran. La question est plutôt la suivante: avoir levé le masque, en révélant la véritable nature de la superpuissance américaine.
Qui est la même, l'identique nature que celle de la Tortuga de l'Olonais. C'est-à-dire un Empire de la flibuste, cherchant à contrôler les mers et les routes maritimes. En ignorant délibérément lois, conventions, traités...

Naturellement, la Tortuga d'antan exerçait un empire limité.
Washington, lui, prétend plutôt à une domination quasi universelle sur toutes les mers du monde.
Et cela, inévitablement, l'emmène dans un tunnel dont il est extrêmement difficile de voir, au bout, l'éclat de la lumière.
Un tunnel qui, facilement, pourrait le mener à la guerre avec Pékin.
Guerre, qu'il faut bien le préciser, que la Chine préférerait éviter.
Mais la direction chinoise ne peut tolérer un blocus naval qui mettrait en danger son développement économique.
Et elle est désormais prête au conflit.
Washington, avec Trump, a définitivement levé le masque. C'est une thalassocratie. Elle veut contrôler mers et routes. Empêcher le commerce qui ne lui profite pas.
C'est un empire de la flibuste. De proportions sans précédent. Le royaume des corsaires.
Et cela dure depuis très longtemps.
Trump a simplement le discutable mérite d'avoir rendu cette nature-là de la domination américaine plus évidente.