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Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian [Photo d'illustration].
Lors d'un meeting électoral, le Premier ministre arménien a annoncé qu'il poursuivrait les réformes pour atteindre les normes européennes, n'excluant pas une intégration dans le bloc occidental, tout en déclarant ne pas vouloir renoncer - d'ici-là - à la place de l'Arménie au sein de l'Union économique eurasiatique.
"Tant que l'Arménie peut être à la fois membre de l'UEE [Union économique eurasiatique, ndlr.] et poursuivre les réformes visant à atteindre les normes de l'UE, nous suivrons cette voie", a déclaré le 27 mai le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, lors d'un meeting électoral, en prévision des législatives prévues le 7 juin. "Au moment où nous devrons choisir, nous ferons notre choix", a-t-il ajouté.
"L'Arménie est nécessaire au Nord, au Sud, à l'Est et à l'Ouest. Et tous doivent faire la meilleure offre possible au peuple arménien, qui fera son choix", a ajouté le responsable politique arménien, présentant son pays comme "un carrefour de paix".
"L'intégration à un autre bloc" et l'appartenance à l'UEEA sont deux "processus incompatibles", a averti le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors d'un point presse.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a de son côté rapporté sur Telegram que l'ambassade russe à Erevan avait remis aux autorités arméniennes une lettre du ministre de l'Énergie, Sergueï Tsiviliov, avertissant "que si le processus d'adhésion de l'Arménie à l'UE se poursuit, la partie russe suspendra ou dénoncera unilatéralement l'accord entre les gouvernements russe et arménien sur la coopération en matière de fourniture de gaz naturel, de produits pétroliers et de diamants bruts à l'Arménie, daté du 2 décembre 2013".
Vouloir le beurre et l'argent du beurre
La diplomate avait annoncé, une semaine plus tôt, que Moscou avait reçu une notification d'Erevan indiquant que Nikol Pachinian ne participerait pas à la prochaine réunion des dirigeants de l'UEE. Début mai, le président russe Vladimir Poutine avait appelé Erevan à trancher entre une adhésion à l'UE et son appartenance à l'UEE, soulignant les problématiques en matière de coopération économiques et sécuritaires que cela pourraient entrainer.
Les relations entre Moscou et Erevan se dégradent depuis l'automne 2023 et la victoire éclair de l'armée azerbaïdjanaise sur les forces du Haut-Karabagh, une enclave sécessionniste vis-à-vis de Bakou, majoritairement peuplée d'Arméniens.
Une défaite, décisive - après une guerre perdue trois ans plus tôt - qui avait valu à Pachinian d'être vivement contesté par la rue. Ses opposants l'accusaient alors d'abandonner le plateau. De leurs côtés, les autorités arméniennes s'étaient défaussées sur la Russie, l'accusant d'inaction, en raison de la présence de 2 000 militaires déployés dans le cadre d'une mission de maintien de la paix. Ces derniers ne se s'étaient pas interposés, mais avaient permis l'établissement d'un cessez-le-feu entre les deux belligérants.