
par Olivier Field
Ces dernières décennies, quatre régimes ont fracassé les limites du crime contre l'humanité de façon officielle.
Le plus emblématique fût le régime nazi en Allemagne des années 30 jusqu'en 1945. Les lois écrites de ce pays ont organisé un traitement différent des humains sous leur juridiction. Tout le monde sait et se souvient des discriminations raciales, des interdits et des sanctions injustes légalement justifiées par un pays dans son entièreté. La défaite de l'Allemagne dans une guerre qui ne s'attachait pas particulièrement à empêcher cet état de fait, a sonné le glas de cette monstruosité.
Encore plus près de nous, puisque allant jusqu'aux années 60, les lois raciales et le ségrégationnisme légalement organisé dans le "pays de la Liberté", les États Unis d'Amérique, ont fini par être retirées des textes... L'interdiction de mariages mixtes, criminalisés et passibles de peines de prison, la légalité de racisme institutionnel et autres permissions et lois ségrégationnistes que l'on peine à considérer comme pouvant avoir existé, ont perduré dans notre monde moderne si longtemps ! Inouï. Provenant d'un des plus grands donneurs de leçon de l'Histoire, prompt à tuer, massacrer, opprimer des populations entières sous couvert de "valeurs"...quelle ironie. Et bravo pour la réactivité pour éradiquer ces lois criminelles... Abolir l'esclavage, ancêtre majeur de ces crimes, en 1865 aux USA, pour reconstituer un corpus de lois et règles du même tonneau, appliqué un siècle entier ! Bravo...
Naturellement, l'Apartheid en Afrique du Sud, code civil et pénal complet basé sur la différentiation des races, de leurs droits et des libertés afférentes, lui se sera maintenu jusqu'en... 1991. Il entraînera au moins une conséquence heureuse, outre l'union de millions de personnes outrées par ce crime, sa qualification en crime contre l'humanité, interdit et dénoncé par plusieurs textes de droit international. Et même défini : un régime institutionnalisé d'oppression et de domination systématique par un groupe racial sur un autre, dans l'intention de maintenir ce régime.
Puis porté par un sentiment d'impunité, souvent congénital à l'application en toute quiétude de ces règles opposées à tout sens d'humanité, Israël maintient le flambeau... Comme les nazis, les ségrégationnistes américains, les blancs sud-africains, les raisons pour légitimer ce crime contre l'humanité "autorisent" l'inscription de ces lois dans le régime qui dirige souverainement ce territoire. Tribunaux civils pour les uns, militaires pour les autres, droits différents et maintenant une quasi-novation... la peine capitale pour le palestinien, la vie pour l'israélien juif. Comme l'Afrique du Sud en son temps, des défenseurs, intéressés ou sans morale, existent mais la montée de l'écœurement des peuples du monde gronde. Bien sûr, les forces médiatiques, financières et communautaires qui défendent d'arrachepied ce crime ne vont pas capituler naturellement. Mais comme pour les trois exemples précédents, la stabilité, voire la survivance du pays, passe par la fin de ce cadre, légale structure criminelle du pays, qui doit cesser.
Bien entendu, les lois Yadan, les attaques de plus en plus virulentes contre les opposants au maintien de ce crime, se font de plus en plus féroces et surréalistes. Comme les situations passées, la population locale ne peut être exonérée de ses responsabilités. Ces lois n'existent que par elles. Le silence vaut acceptation et soutien. Il ne faut pas être juif, ni israélien pour souhaiter son réveil, mais seuls eux peuvent changer le cours de leur destin, sous la pression ou sous l'émergence de morale humaine et de bon sens.
Ce crime est aussi un crime de haine et la haine ne peut mener qu'au pire. Prions pour que ce quatrième exemple moderne soit relégué dans le souvenir douloureux des pages sombres de l'Histoire et...qu'aucun cinquième ne survienne !