par Alfredo Jalife-Rahme
Les négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran ne butent pas sur la question nucléaire, ni sur la liberté de circulation dans le détroit d'Hormuz, mais sur les réparations de guerre. Ce n'est pas tant sur leur montant que sur la reconnaissance qu'elles impliquent de la victoire iranienne. La solution serait peut être de les faire payer par l'intermédiaire des États arabes du golfe, plutôt que directement par les États-unis. C'est tout au moins la proposition sino-pakistanaise.

Incendie à Téhéran
Les affrontements entre les États-Unis et Israël conjointement et l'Iran d'autre part, autour du détroit d'Hormuz, s'intensifient, ce que le Pentagone juge "défensif" alors même que la distance entre Washington DC et l'île de Qashem et le port iranien de Bandar Abbas est de... 11 263 kilomètres.
Les deux négociateurs iraniens, le chef réélu du parlement Mohammad Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus au Qatar pour renforcer leur "défense" financière afin de récupérer les ressources monétaires iraniennes saisies par les États-Unis, ainsi que les revenus pétroliers persans, déposés à Doha [1]
Les États-Unis insistent étrangement sur le fait que leurs bombardements "défensifs" unilatéraux - qui ont entraîné la mort de quatre militaires iraniens aux commandes de hors-bord - "ne modifient pas le cours des pourparlers [2]."
Trump a convoqué une espèce de réunion chorégraphique d'urgence avec son cabinet à Camp David : une retraite présidentielle située dans le Maryland, où des mesures dramatiques sont généralement prises, en pleine escalade contre l'Iran.
L'Iran exige la libération de 24 milliards de dollars de ses fonds bloqués afin de progresser vers un éventuel accord avec les États-Unis.
L'un des termes du "mémorandum d'accord" stipule que "la moitié des fonds confisqués, environ 12 milliards de dollars [3], devrait être disponible dès l'annonce de l'accord, tandis que le reste serait transféré dans les 60 jours suivants."
Si le duo États-Unis/Israël pratique l'intransigeance militaire, de son côté l'Iran exerce toute la pression financière que le blocus du détroit d'Ormuz lui permet de mettre en œuvre.
La guerre israélo-états-unienne est passée de la "phase militaire" à la "phase géoéconomique" cumulative dans le détroit - où se retrouvent paralysés les hydrocarbures, les engrais, l'hélium, l'acide sulfurique, etc. - et elle est maintenant entrée dans sa très délicate "phase financière", dès lors que l'Iran a découvert le talon d'Achille pécuniaire de Trump.
La guerre, avec ses heurts à coup de cessez-le-feu non respectés, en est à sa "phase financière", sans parler des dégâts que l'Iran peut infliger au câblage Internet par fibre optique sous-marine au fond du détroit d'Ormuz, interrompant la connectivité financière, principalement avec l'Asie, à partir de la côte ouest du golfe Persique (concernant en particulier des six pétromonarchies arabes).
La "phase géoéconomique" a été évaluée par l'agence Tass qui a mis en garde contre la "crise mondiale comparable à celle de 2008", si le détroit d'Ormuz restait fermé [4]".
Nous ne devons pas perdre de vue le fait que Trump considère la guerre comme une "grosse affaire" depuis qu'il a placé l'homme d'affaires khazar controversé Steve Feinberg comme secrétaire adjoint influent à la Guerre : c'est le chef du "fonds vautour" pestilentiel Cerberus Capital Management, qui dégage une forte odeur de soufre [5]
Au cœur de la délicate "phase financière", l'arrivée de Kevin Warsh ne peut être ignorée : il s'agit du tout nouveau gouverneur de la Réserve fédérale et gendre de Ronald Lauder, 82 ans, président du Congrès juif mondial [6] : c'est l'héritier de la société de cosmétiques multimillionnaires Estée Lauder [7] et l'ancien assistant du secrétaire à la Défense aux affaires européennes et de l'OTAN de 1983 à 1986 sous Ronald Reagan !
Dans un style typiquement pharisaïque, Lauder, du CMJ, a donc adressé ses condoléances à Bahreïn et aux Émirats arabes unis [8] pour l'agression iranienne présumée !
Les actifs gelés directement par les États-Unis s'élèveraient à 2 milliards de dollars [9], tandis que le total mondial des dépôts saisis dans le cadre des sanctions US atteindrait le chiffre stratosphérique de 120 milliards de dollars séquestrés dans les banques au Qatar (6 milliards !), en Corée du Sud, au Japon, en Inde, en Chine, etc.
Étant donné le refus de Trump de verser des réparations de guerre à l'Iran - qui s'élèveraient à 270 milliards de dollars [10] -, il ne semble pas impossible que les États-Unis imputent à cinq des six pétro-monarchies, à l'exception d'Oman, qui gère 6 000 milliards de fonds souverains [11]
Traduction
Maria Poumier
Source
La Jornada (Mexique)
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[1] " ¿China y Pakistán Rescatan a Trump del Estrecho de Ormuz ?", Alfredo Jalife-Rahme, Radar Geopolítico, YouTube, 26 de mayo de 2026.
[2] "US-Iran tensions rise, putting peace talks at risk", Julia Manchester and Filip Timotija, The Hill, May 26, 2026.
[3] " Iran demands access to $12b. assets frozen in Qatar as precondition to advancing talks - report", Miriam Sela-Eitam, The Jerusalem Post, May 25, 2026.
[4] " World to face crisis like in 2008 if Strait of Hormuz remains closed - Bloomberg", Tass, May 22, 2026.
[5] " Unregulated and Ruthless : Stop Vulture Fund Cerberus Destroying Lives", Ian Lightbody, CYBG Remediation Support Group, August 1, 2019.
[6] " Our President", World Jewish Congress.
[7] " Ronald Lauder", Forbes.
[8] " World Jewish Congress Sends Letter of Condolence to Bahrain and UAE Amid Ongoing Iranian Strikes", World Jewish Congress, March 19, 2026.
[9] " "MOMENTO FINANCIERO" DEL ESTRECHO DE ORMUZ : ¿Fondos Soberanos de Riqueza (SWF) del Consejo de Cooperación del Golfo como Reparación de Guerra para Irán ?", Alfredo Jalife-Rahme, Substack, 24 de mayo de 2026.
[10] " Iran Puts War Losses at $270 Billion Demands Reparations from Gulf Countries", Iran Wire, April 14, 2026.
[11] " Gulf cooperation council sovereign wealth funds at the forefront of a strategic global expansion", Julie Kassab, Deloitte, November 10, 2025.