
Memorandum destiné au président Donald Trump (texte intégral)
Memorandum d'alerte pour : Le président de : vétérans du renseignement pour la sagesse (VIPS) objet : D'éviter des fautes catastrophiques à Cuba
Monsieur le président,
Nous sommes profondément préoccupés par le fait que l'approche actuelle des États-Unis envers Cuba risque de se transformer en un terrible désastre humanitaire - dont les États-Unis seront responsables - de plus en plus probable. Nous croyons aussi que toute option militaire conduira à une guerre perdue.
Cuba n'est pas le Venezuela. Les relations des États-Unis avec Cuba n'ont jamais été bonnes, même avant l'accession de Fidel Castro au pouvoir en 1959. Washington n'a jamais compris la profonde fierté nationale et le désir de souveraineté des Cubains ni leur culture de respect des institutions. Que cela nous plaise ou non, le Gouvernement a une légitimité résiduelle et même les Cubains qui veulent un changement significatif s'uniront derrière le drapeau s'il y a une attaque de l'extérieur.
En effet, le peuple cubain souffre mais les rapports qui prétendent que les sanctions les États-Unis et même l'intervention militaire jouissent d'un large soutien du peuple sont fortement influencés par des personnes à la solde du Gouvernement des États-Unis. Devant le faux choix consistant à choisir entre vivre sous le Gouvernement actuel avec les sanctions des États-Unis ou vivre sous un nouveau système, certains Cubains opteraient pour le changement. Mais leurs protestations ne cherchent pas à mettre en cause le Gouvernement et même ceux qui veulent des changements importants à Cuba ne font pas confiance aux États-Unis. L'embargo de 65 ans et l'actuel blocus pétrolier sont les sources d'une méfiance profonde, bien que latente, envers nous.
Le texte des décrets du 29 janvier et du 1er mai disant que "les politiques, les pratiques et les actions du Gouvernement cubain constituent une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale des États-Unis" confond la réalité et les accusations à fins politiques. Ces récits, dans leur majorité, sont faux.
Cuba cherche des moyens d'éluder les sanctions des États-Unis comme le ferait n'importe quel pays pour survivre et certains pays l'aident, bien que de moins en moins. Ces efforts peuvent difficilement être considérés comme une "menace" pour les États-Unis. Même si l'idéal serait que le groupe d'entreprises militaires cubaines, le GAESA, opère de façon plus transparente, il est cynique de notre part de ne pas voir qu'ils ont besoin de maintenir le secret face aux opérations agressives du renseignement et aux sanctions des États-Unis.
Depuis au moins 1992, le Gouvernement des États-Unis n'a aucune preuve que Cuba ait apporté un soutien opérationnel, logistique ou d'entraînement à une quelconque organisation terroriste. Elargir la définition du mot "terroriste" pour y inclure une paire d'individus qui fuient la loi des États-Unis semble faux.
Une révision soigneuse des informations apportées par le renseignement sur la tragique et inutile destruction des 2 avions cubano-américains quand ils quittaient l'espace aérien cubain le 24 février 1996 montre clairement que l'accusation contre l'ancien président Raúl Castro la semaine dernière n'est pas basée sur les faits.
Le Gouvernement des États-Unis n'a pas non plus de preuve que la Chine et la Russie possèdent des bases d'espionnage de signaux "à Cuba dirigées vers les États-Unis". Comme le sait bien la communauté du renseignement, la Russie a abandonné ses principales installations après l'effondrement de l'URSS et il n'y a jamais eu aucun indice qu'une installation chinoise vise les États-Unis.
Même si le débat sur les soi-disant attaques soniques ou "attaques par micro-ondes" contre le personnel des États-Unis se poursuit dans certains secteurs, on n'a découvert aucune preuve, en ces 9 dernières années, qui soutienne l'accusation disant que Cuba avait joué un rôle dans ces attaques sur l'île et en Chine, en Europe et aux États-Unis.
Les opérations secrètes sous les programmes étasuniens "de promotion de la démocratie ou de changement de régime" créent une information qui soutient les opinions des électeurs étasuniens qui les contrôlent, de sorte que le paysage qui en résulte est trompeur. Nous vous recommandons de revoir attentivement ces activités secrètes. Si vous décidez de les approuver, faites une conclusion présidentielle et une notification officielle au Congrès. Le dossier montre que ceux qui ont planifié les actions secrètes ont trompé le président Kennedy sur les perspectives de l'opération à la Baie des Cochons et les analystes de la CIA sont restés dans l'ignorance.
Les déclarations du Gouvernement, la collecte agressive de renseignements aériens et les mouvements des bateaux autour de Cuba font penser qu'une action militaire se prépare. L'armée cubaine est faible et manque même du matériel de base et la doctrine cubaine de la "Guerre de tout le peuple" peut sembler naïve. Cuba réagira avec le matériel conventionnel dont elle dispose et qu'elle peut acquérir, peut-être même des drones, pour défendre sa direction et ses installations sensibles.
Mais l'effondrement du régime "stimulé par les États-Unis" et l'occupation ou l'imposition d'un Gouvernement de notre choix échoueront gravement. Les mêmes personnes qui gardent en état de rouler une Chevrolet 57 avec des bouts de fil de fer causeront des ravages à un régime imposé de l'étranger. Les déclarations du Gouvernement montrent une tendance sage à garder les bottes étasuniennes décollées, mais il est également important de savoir que des essaims de nationalistes cubains saperont silencieusement tout système que nous imposerons. Les implications de tous ces scénarios sur les pressions migratoires seraient catastrophiques.
Des rapports de presse indiquent que les États-Unis sont dans une espèce de négociation avec un petit-fils de l'ancien président Raúl Castro qui n'occupe aucune charge officielle à Cuba. En tout cas, notre expérience dans les conflits au niveau mondial nous amène à signaler que des conversations avec un pistolet sur le temps ne sont pas de véritables négociations. La coercition des États-Unis envers Cuba n'a pas fonctionné en plus de 60 ans. Une négociation sans blocus, sans arme pointée sur les dirigeants et sans accusations politiques pourrait bien mieux fonctionner.
Pour les vétérans du renseignement pour la sagesse (VIPS)
• Fulton Armstrong, ancien officier du renseignement national pour l'Amérique latine (à la retraite)
• Marshall Carter-Tripp, agent des affaires étrangères (à la retraite) ; directeur de division, Bureau du renseignement et des enquêtes, département d'État
• Felipe Giraldyo, ancien officier des opérations de la CIA (à la retraite)
• Mateo Hoh, ancien capitaine, USMC, officier de service extérieur et Irak, Afghanistan (VIPS associé)
• Larry Johnson, ancien officier du renseignement de la CIA et agent antiterroriste au département d'État (à la retraite)
• Juan Kiriakou, ancien officier de la CIA chargé du contre-terrorisme et ancien enquêteur en chef de la Commission sénatoriale des relations extérieures
• Karen Kwiatkowski, ancien lieutenant-colonel, USA AF (à la retraite) ; au Bureau de la Défense, observant la fabrication de mensonges en Irak, 2001-03
• Ray McGovern, ancien officier d'infanterie/de renseignement américain et analyste de la CIA ; CIA. Briefer présidentiel (retraité)
• Elizabeth Murray, ancien officier adjoint du renseignement national pour le Proche-Orient, Conseil national du renseignement ; analyste politique de la CIA (à la retraite)
• Scott Ritter, ancien MAJ., USMC, ancien inspecteur en chef des armes de l'ONU, Irak
• Coleen Rowley, agent spécial du FBI et ancien conseiller juridique de la division de Minneapolis (à la retraite)
• Lawrence Wilkerson, colonel (USA, retraité), professeur invité distingué, College of William and Mary (VIPS associé)
• Sara G. Wilton, CDR, USNR, (à la retraite)/DIA, (à la retraite)
• Roberto Ala, ancien fonctionnaire du service extérieur (VIPS associé)
• Ann Wright, Col., US Army (à la retraite) ; Foreign Service Officer (a démissionné en opposition à la guerre contre l'Irak)
source : Son of the New American Revolution via Bolivar Infos