
par Marcia Baker
Un événement inquiétant s'est produit sur le continent américain la semaine dernière.
Le 28 mai, les ministres des Affaires étrangères et de la Sécurité de cinq pays ibéro-américains - la Bolivie, l'Argentine, le Chili, le Pérou et l'Équateur - se sont réunis à Santiago du Chili, à l'initiative du président chilien José Antonio Kast, pour annoncer la création d'un nouvel accord régional de collaboration dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée. Ils ont signé l'Engagement régional de Santiago, dont le contenu sera présenté à l'Organisation des États américains (OEA) en juin, lors de sa 56e Assemblée générale, afin que le plan d'action adopté par les cinq pays puisse être étendu à l'ensemble du continent, selon les médias.
Oui, il faut combattre la criminalité, mais ce n'est ni le but ni le sujet ici. Ce qui se déroule sous nos yeux, c'est un prétexte pour légitimer des interventions contre des nations souveraines, au nom de la lutte contre la criminalité et le terrorisme, de manière illégale, à l'instar de l'invasion et de l'enlèvement du dirigeant vénézuélien par les États-Unis, des sanctions imposées à Cuba et des menaces d'invasion, etc.
Le président Trump évoque à plusieurs reprises sa volonté d'envoyer des forces américaines au Mexique pour lutter contre la criminalité transnationale, en combattant les cartels de la drogue.
Les cinq nouveaux États membres du groupe "Santiago" sont tous membres de l'opération belliciste "Bouclier des Amériques" du président Trump, créée en mars dernier. Treize de ces États membres ont signé une déclaration commune le 15 mai, menaçant d'intervenir militairement dans la crise politique bolivienne. Leur prétexte est l'accusation mensongère selon laquelle l'ancien président Evo Morales serait de mèche avec des trafiquants de drogue.
Cette tendance meurtrière sur le continent américain recèle bien d'autres détails odieux. Parmi les nombreuses options utilisées pour déstabiliser les nations au nom de la lutte contre la "criminalité transnationale", on note notamment les liens étroits avec le déploiement du Commandement Sud des États-Unis. Cette militarisation de l'hémisphère occidental peut être perçue comme le prolongement de la guerre fondée sur la loi du plus fort menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, ainsi que de la volonté de la Coalition des volontaires, basée en Europe, de perpétuer les massacres en Ukraine et de mener une guerre par procuration contre la Russie, sous l'égide de l'OTAN.
D'après les dernières informations en provenance du golfe Persique ce week-end, les forces américaines ont frappé un navire marchand samedi, alors qu'il tentait d'atteindre un port iranien. Selon military.com, un missile américain a touché la salle des machines du Lian Star, un navire battant pavillon gambien, qui dérive actuellement dans le golfe d'Oman. Frapper de cette manière, au moment même où Washington prétend attendre des nouvelles d'heure en heure quant à la possibilité de conclure un accord intérimaire avec Téhéran, illustre la folie, autant que la violence, des partisans de la loi du plus fort.
Comprendre et réfléchir ensemble à la manière de vaincre cette dépravation a été un élément essentiel des discussions entre les militants internationaux lors de la réunion de la Coalition internationale pour la paix, le vendredi 30 mai dernier. Pendant les deux semaines précédentes, une lettre ouverte spéciale, intitulée "Aux gouvernements des Nations unies : une politique pour apporter la paix et le développement à l'Asie du Sud-Ouest", a été diffusée à l'échelle internationale, sous le nom d'Helga Zepp-LaRouche, directrice de l'Institut Schiller et rédactrice en chef de l'EIR.
Les efforts de l'IPC s'inscrivent dans le cadre du vaste débat international qui s'est tenu la semaine dernière sur les principes et les règles d'une nouvelle gouvernance mondiale. Le principal forum de discussion a été le débat public du Conseil de sécurité des Nations unies, intitulé "Défendre les buts et principes de la Charte des Nations unies et renforcer le système international centré sur l'ONU", auquel ont participé plus de 100 nations et organisations, sous la présidence de la Chine, qui assurait la présidence tournante du Conseil de sécurité en mai. Le Groupe des Amis de la gouvernance mondiale, dont les 60 nations se sont réunies le 29 mai à New York, au siège des Nations unies, prévoit de se réunir à nouveau cet automne à Xiong'an, la "ville du futur" en Chine.
source : EIR-LaRouche via China Beyond the Wall