07/06/2026 reseauinternational.net  4min #316294

 Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg s'ouvre avec plus de 130 pays représentés

Ce qu'il faut retenir du discours de Vladimir Poutine au Forum économique 2026 de Saint-Pétersbourg

par Paolo Hamidouche

 Dans son discours à la session plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF 2026), le président russe Vladimir Poutine  a esquissé une vision du système international fondée sur la transition vers un ordre multipolaire, tout en dénonçant ce qu'il a qualifié de crise stratégique croissante de l'Occident et, en particulier, de l'Union européenne. Devant un auditoire de plus de 130 pays, Poutine a souligné comment le forum consolide son rôle d'espace de dialogue entre États, entreprises et acteurs économiques désireux de bâtir des relations fondées sur le respect mutuel et le partage des intérêts. Il était accompagné du président ouzbek Shavkat Mirziyoyev, de la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan, du vice-président chinois Han Zheng et du ministre saoudien de l'Énergie, Abdulaziz bin Salman Al Saud, une présence qui témoigne du poids croissant des pays du Sud dans le nouvel équilibre des pouvoirs internationaux.

Selon le dirigeant russe, le monde connaît actuellement la transformation structurelle la plus importante de ces dernières décennies. Le modèle de mondialisation bâti autour d'un petit nombre de centres financiers, technologiques et logistiques occidentaux a atteint ses limites historiques. Poutine a affirmé que des outils présentés pendant des années comme neutres - des systèmes financiers aux infrastructures technologiques, en passant par la logistique et les chaînes d'information - se sont progressivement transformés en instruments de pression politique et de concurrence déloyale. Dans ce contexte, a-t-il observé, de plus en plus de pays, d'entreprises et d'institutions financières prennent conscience des risques liés à une dépendance excessive à l'égard d'infrastructures contrôlées par des acteurs extérieurs. D'où la tendance croissante au développement de technologies autonomes, de nouvelles routes commerciales et de mécanismes financiers alternatifs capables de garantir une plus grande souveraineté économique et une sécurité stratégique renforcée. Une part importante de son discours était consacrée à la situation européenne.

Poutine  a accusé la bureaucratie bruxelloise de mener une politique "à courte vue", caractérisée par une rhétorique agressive qui accélère le déclin de l'Europe. Le président russe a lié cette stratégie non seulement à la perte de position de l'Europe dans l'économie mondiale, mais aussi à l'affaiblissement de la sécurité régionale et mondiale. Dans son discours, le dirigeant du Kremlin a également évoqué les tensions au Moyen-Orient, exacerbées par le conflit avec l'Iran, et les turbulences qui affectent les marchés internationaux de l'énergie.

Selon le président de la Fédération de Russie, les élites européennes contribuent à l'instabilité et au chaos en tentant d'entraîner un nombre croissant de pays dans une confrontation géopolitique. Le dirigeant russe a réaffirmé la volonté de Moscou de dialoguer avec l'Europe, à condition que ce qu'il a qualifié d'approches coloniales soit surmonté et que la Russie soit reconnue comme un partenaire égal. La résolution des grands enjeux continentaux, a-t-il soutenu, exige un dialogue fondé sur le respect mutuel des intérêts et non sur une logique d'accusations réciproques. Le message du Forum de Saint-Pétersbourg est clair : pour Moscou, la phase historique dominée par l'hégémonie occidentale cède la place à une nouvelle architecture internationale, plus polycentrique, au sein de laquelle un nombre croissant d'États cherchent à affirmer leur autonomie politique, économique et technologique. Dès lors, la consolidation d'un monde multipolaire n'est plus une perspective d'avenir, mais un processus en cours qui redéfinit les équilibres mondiaux.

source :  Divergence Politique

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