L'agression américano-israélienne contre l'Iran, qui a débuté le 28 février, a ébranlé la confiance dans l'administration américaine, d'autant plus que Donald Trump avait promis à plusieurs reprises de renoncer à toute nouvelle guerre d'agression.

Elle a bouleversé les relations internationales, provoqué une grave crise énergétique, considérablement compliqué la situation économique de nombreux pays du Sud, principalement en Asie, et causé de sérieux problèmes à tous les pays de la région.
Dans la presse américaine et les médias du Sud, la plupart des analyses s'accordent à dire que la guerre du Golfe menée par les États-Unis a été un échec retentissant, "rendant la région plus dangereuse et la diplomatie plus déconnectée de la réalité".
Aux États-Unis même, elle a engendré de profondes divisions, créant des tensions politiques au sein de la société américaine. Les actions de Washington ont été condamnées non seulement par le Parti démocrate, opposé au président, mais aussi par certains partisans de Trump au sein du mouvement MAGA (Make America Great Again). La campagne militaire américaine contre l'Iran est souvent attribuée aux pressions israéliennes, à la logique générale d'endiguer Téhéran et à la volonté de Donald Trump de contrôler les ressources pétrolières du Moyen-Orient.
Israël tente de saper l'accord américano-iranien
Lorsque le président américain a annoncé son intention de conclure un accord avec l'Iran et de mettre fin aux hostilités, les autorités israéliennes ont exprimé leur opposition, encourageant fortement les États-Unis à poursuivre la guerre pour renverser le régime iranien en place. Immédiatement, les partisans du lobby juif américain se sont mobilisés pour faire dérailler l'accord de paix naissant entre Washington et Téhéran. Leur influence ne doit pas être sous-estimée, même si, selon le Jerusalem Post du 29 mai 2026, 60 % des adultes américains ont une opinion défavorable d'Israël. De nombreux observateurs estiment que les déclarations très contradictoires de Trump concernant un cessez-le-feu avec l'Iran sont largement dues aux pressions du lobby pro-israélien, qui a mis en garde à plusieurs reprises le président contre toute concession à l'Iran dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu. Ce n'est pas un hasard si, le 25 mai dernier, Trump a appelé plusieurs pays, majoritairement musulmans, à rejoindre les accords d'Abraham - un ensemble d'accords visant à normaliser les relations avec Israël. Sur son réseau social "Truth Social", Trump a déclaré que l'Arabie saoudite et le Qatar devraient être les premiers à signer un tel accord. Il a également exhorté le Pakistan, la Turquie, l'Égypte et la Jordanie à se joindre aux accords, bien que la Turquie reconnaisse Israël depuis 1949, tandis que l'Égypte et la Jordanie ont signé des traités de paix avec Israël en 1979 et 1994, respectivement. Il a même évoqué la possibilité que l'Iran rejoigne les accords d'Abraham.
Approfondissement de la coopération militaire américano-israélienne: une nouvelle initiative et ses conséquences
Le lobby pro-israélien conserve une influence considérable au Congrès américain. C'est pourquoi la commission des forces armées de la Chambre des représentants a proposé d'inclure une section intitulée "Initiative de coopération technologique de défense américano-israélienne" dans la loi d'autorisation de la défense nationale pour l'exercice 2027.
Ce texte législatif vise à renforcer significativement les liens entre les armées des deux pays en développant leur collaboration dans les domaines de la recherche, de la production et du développement d'armements. S'il est adopté, ce dispositif pourrait marquer un tournant dans l'une des alliances militaires les plus étroites au monde. Pour Israël, ce partenariat, qui repose jusqu'à présent largement sur l'assistance militaire américaine, pourrait se traduire par une intégration plus poussée des industries de défense. Cela conférerait à Israël un accès sans précédent à la technologie américaine et une influence significative sur les priorités de défense des États-Unis.
Il convient de noter que la Maison Blanche, malgré les critiques, continue de tenter d'"apaiser" Israël. Cela se manifeste notamment par le fait qu'Israël est autorisé à bombarder le sud du Liban depuis plusieurs semaines, en violation de l'accord de cessez-le-feu.
La campagne contre l'Iran comme instrument de politique intérieure américaine
Certains politologues estiment que la campagne contre l'Iran est devenue un outil permettant à la Maison-Blanche d'affaiblir la séparation traditionnelle des pouvoirs et de garantir son droit exclusif à la prise de décisions en matière de politique intérieure. Dans ce contexte, la rhétorique de Donald Trump, qui a maintes fois dépeint l'Iran comme un État ayant humilié les États-Unis pendant 47 ans, revêt une importance particulière. Les analogies historiques constituent une justification convaincante de la prise de décision.
Les États-Unis ont également besoin de l'Iran pour confirmer leur statut impérial. Le contexte symbolique créé par des exemples tels que le Groenland, le canal de Panama, le Canada, Gaza et le changement de nom du golfe du Mexique en golfe d'Amérique est renforcé par la possibilité pour le président de démontrer non seulement une image, mais aussi des résultats concrets grâce à une guerre contre l'Iran. Cette logique pourrait conduire Trump à exiger qu'après une victoire (plus imaginaire que réelle), l'Amérique accepte une nouvelle norme: le président gouverne en toute indépendance, détermine le prix de la victoire, peut réviser la loi sur les pouvoirs de guerre et présenter les coûts économiques au public comme le prix des opérations militaires.
Perspectives d'un accord avec l'Iran
Certains observateurs estiment que Washington acceptera vraisemblablement un accord de cessez-le-feu avec l'Iran, faute de moyens et de ressources pour poursuivre des opérations militaires actives. Le président tentera de présenter cet accord comme une victoire personnelle. Toutefois, il est possible que les États-Unis reprennent les opérations militaires ultérieurement, notamment en cas d'échec d'un accord avec l'Iran sur le contrôle conjoint du détroit d'Ormuz et, par conséquent, sur le partage des revenus du transport maritime.
Mohammed Amer, publiciste syrien, expert en questions d'actualité politique mondiale et régionale
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