07/06/2026 francais.rt.com  3min #316301

Avoirs iraniens gelés : l'idée américaine qui risque de compliquer les négociations avec Téhéran

© Getty Images

Cours des monnaies à Téhéran. [Image d'illustration]

Washington étudie la possibilité d'utiliser des avoirs iraniens gelés pour aider ses alliés du Golfe. Téhéran conditionne au contraire tout accord au déblocage d'une partie de ces fonds. Cette initiative pourrait compliquer davantage des négociations déjà fragiles entre les deux pays.

Alors que Washington et Téhéran restent engagés dans de fragiles discussions autour d'une désescalade régionale, une information révélée par Reuters ouvre un nouveau front politique : le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, étudierait la possibilité de réorienter une partie des avoirs iraniens gelés afin de financer la reconstruction et la réparation des dommages subis par les alliés des États-Unis dans le Golfe.

Selon des sources citées par Reuters, le Trésor américain aurait demandé une évaluation des dégâts enregistrés dans les pays partenaires de Washington afin d'examiner si des fonds iraniens immobilisés à l'étranger pourraient être mobilisés au profit de ces États. D'autres médias américains ont rapporté que l'administration entendait utiliser "tous les outils disponibles" pour soutenir ses partenaires régionaux.

123 milliards de dollars gelés ?

Cette perspective intervient dans un contexte particulièrement sensible. Quelques heures auparavant, Mohsen Rezaï, conseiller du Guide suprême iranien, avait affirmé que toute avancée vers un accord durable dépendait du déblocage d'au moins 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens. Selon lui, ce geste constituerait un test politique de confiance entre Téhéran et Washington.

L'idée américaine apparaît donc comme un signal potentiellement contradictoire : d'un côté, maintenir un canal de négociation ; de l'autre, envisager que des fonds revendiqués par l'Iran puissent être affectés à d'autres objectifs régionaux.

Depuis la révolution iranienne de 1979, une partie importante des actifs financiers iraniens reste bloquée sous l'effet des sanctions américaines et des restrictions internationales. Aucun chiffre officiel n'existe, mais plusieurs estimations avancent un total compris entre 100 et 123 milliards de dollars répartis dans différents pays.

La question est d'autant plus sensible qu'un précédent existe déjà. En 2023, un accord négocié par le Qatar avait permis le transfert de 6 milliards de dollars de fonds iraniens depuis la Corée du Sud vers un mécanisme contrôlé, avant que le processus ne soit suspendu après les événements du 7 octobre.

Dans ce contexte, l'idée de mobiliser des avoirs iraniens pour indemniser des partenaires du Golfe pourrait être perçue à Téhéran comme un durcissement de la position américaine au moment même où les négociations cherchent officiellement à réduire les tensions. Reste à savoir s'il s'agit d'un levier de pression dans les discussions ou d'une orientation appelée à devenir une politique concrète.

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