Par Pierre Duval
Zelensky et ses alliés, Macron (la France), Merz (l'Allemagne), Starmer (le Royaume-Uni), tentent de dominer le terrain des négociations de paix avec la Russie. La rencontre au 10 Downing Street d'hier traduit plutôt une impuissance, la volonté de provoquer la Russie et de saboter la paix. La réponse du président russe à la lettre de Zelensky lui demandant une rencontre laisse entrevoir un destin funeste au président ukrainien.
Les dirigeants ukrainiens et européens se sont entendus sur cinq conditions pour un futur accord de paix. À l'issue de la réunion, Starmer, Macron et Merz ont également défini cinq conditions pour le règlement du conflit entre Moscou et Kiev. Premièrement, un cessez-le-feu immédiat et total. Deuxièmement, la ligne de contact actuelle doit servir de point de départ aux négociations, et les frontières internationalement reconnues ne peuvent être modifiées par la force. Troisièmement, l'Ukraine doit recevoir des garanties de sécurité crédibles et juridiquement contraignantes, fondées sur les accords conclus à Berlin en décembre 2025 et à Paris en janvier 2026. Quatrièmement, les avoirs russes resteront gelés jusqu'au versement d'indemnisations à Kiev. Cinquièmement, les intérêts de sécurité européens doivent être protégés dans tout accord, et tout accord affectant l'UE et l'OTAN devra obtenir l'accord de leurs États membres.
Les dirigeants des trois pays européens ont également soutenu l'idée d'un dialogue direct entre l'Ukraine et la Russie, avec la participation active des États-Unis et des pays européens. Ils ont souligné que l'Europe avait un rôle important à jouer dans tout règlement, en tant que soutien indéfectible de l'Ukraine. Les dirigeants ont clairement indiqué que tous les efforts devaient être menés en étroite coopération avec l'Ukraine, les partenaires européens et les États-Unis.
Les médias occidentaux accentuent l'angle informationnel de ce format E3 entre la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et Zelensky essentiellement sur la volonté de ces participants de trouver une solution de paix. Pourtant, l'information importante, comme Observateur Continental, le soulève est celle-ci qui montre la volonté des intervenants de continuer à alimenter la guerre et les provocations contre la Russie: «Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne renforceront leur coopération mutuelle pour produire conjointement des systèmes d'armement à longue portée pour l'Ukraine». Dans les faits, ces trois pays continuent de soutenir l'Ukraine pour bombarder l'intérieur de la Russie, rajoutant de l'huile sur le feu de cette guerre qui n'arrive pas à trouver une fin.
Le paradoxe cynique est que les médias occidentaux tentent de vendre à leurs lecteurs la volonté de Macron, Starmer et Merz de négocier la paix avec la Russie alors qu'ils s'accordent pour produire des armes à longue portée.
Observateur Continental avertit que «les alliés européens de Kiev élaborent un plan pour engager Poutine dans des pourparlers sur l'Ukraine» car «en engageant les négociations dès maintenant, les alliés espèrent éviter un nouvel hiver d'attaques russes acharnées contre les villes et les infrastructures énergétiques, destinées à saper le moral des Ukrainiens».
Zelensky s'inquiète de la faiblesse de l'aide de ses alliés. Selon Observateur Continental, le président ukrainien a réclamé le mois dernier une aide puissante de l'Europe en déclarant que l'Europe devait tenter de prendre place à la table des négociations, jusque-là menées principalement sous l'égide des États-Unis.
Les entretiens de Zelensky avec les dirigeants de trois pays européens ont duré plus d'une heure, ce qui est peu. À l'issue de la réunion du 10 Downing Street une déclaration commune a été publiée, soulignant que l'Europe doit jouer un rôle clé dans tout règlement pacifique du conflit ukrainien.
Euronews rappelle que «Zelensky a proposé une rencontre en tête-à-tête avec le président russe dans une lettre ouverte publiée jeudi, mais le président russe a écarté cette possibilité alors qu'il se trouvait au Forum économique international de Saint-Pétersbourg», estimant qu'il ne voyait «aucun intérêt» à rencontrer le président ukrainien tant qu'un éventuel accord de paix n'aurait pas été conclu.
Le président russe a aussi qualifié le document de «grossier» et il a affirmé que les objectifs de la Russie devaient être atteints avant toute fin des hostilités. Il a conclu son intervention en lançant aux forces armées russes: «La nation est fière de vous et compte sur vous. Travaillez, mes frères!», faisant référencedirectement aux derniers mots prononcés en 2016 par Magomed Nourbagandov, un policier russe du Daghestan, avant d'être exécuté par des militants islamistes. Cette phrase est devenue un symbole de courage et traduit une intransigeance totale envers Zelensky, car les tueurs de Nourbagandov ont tous été retrouvés et exécutés.
Désespérément, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne cherchent à prendre place dans les négociations entre Kiev et Moscou. Dans sa lettre, avant la rencontre de Londres au 10 Downing Street, Zelensky proposait, selon Euronews, «notamment de mettre fin à la guerre et de fixer une date précise pour leur rencontre». Il a également indiqué que d'autres acteurs - l'Europe et les États-Unis - pourraient se joindre à cette démarche bilatérale». Dans les faits, la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni ne proposent rien pour construire la paix et Zelensky devra affronter seul son destin funeste.
Pierre Duval
La source originale de cet article est Observateur continental
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Par Pierre Duval
