12/06/2026 french.presstv.ir  3min #316862

 Albanie : la colère gronde contre un immense projet immobilier de la fille et du gendre de Donald Trump

Les Albanais manifestent pour la 12e nuit consécutive contre le projet de complexe touristique lié à la famille Trump

Pour la douzième nuit consécutive, des dizaines de milliers d'Albanais ont envahi les rues de Tirana et de la côte sud-ouest du pays dans le cadre d'un mouvement de contestation croissant contre un projet de complexe touristique de luxe estimé à 4,6 milliards de dollars, soutenu par Ivanka Trump, fille du président américain Donald Trump, et son mari Jared Kushner.

Ce qui avait commencé comme une alarme environnementale locale concernant des zones humides protégées s'est transformé en une crise politique majeure pour le Premier ministre Edi Rama, les manifestants accusant son gouvernement de brader le patrimoine naturel de l'Albanie au profit des intérêts de la famille Trump en échange d'investissements étrangers.

Les manifestants, se faisant appeler la "Révolution des flamants roses", ont défilé jeudi devant le siège du gouvernement, brandissant des pancartes sur lesquelles étaient libellées : "L'Albanie n'est pas à vendre". Ils ont également exigé la démission immédiate d'Edi Rama, au pouvoir depuis près de 13 ans.

 Une nouvelle manifestation a eu lieu mercredi à Tirana, contre un projet d

Ce projet, qui prévoit la transformation de l'île inhabitée de Sazan et de l'écosystème protégé de la lagune de Vjosa-Narta en un complexe ultra-luxueux comprenant 10 000 chambres d'hôtel, des villas et un port de plaisance, a suscité une vague d'indignation internationale.

La militante écologiste Besjana Guri a déclaré à l'agence Anadolu que Sazan est un terrain public en Albanie, estimant qu'il ne fallait pas risquer l'un des derniers deltas vierges de la Méditerranée.

La polémique a éclaté le mois dernier lorsque des promoteurs ont érigé des clôtures barbelées le long du littoral de Zvernec, une réserve naturelle protégée et un habitat essentiel pour les flamants roses, les phoques moines menacés et les sites de nidification des tortues marines, et ont déployé des agents de sécurité privés.

À la suite de l'indignation publique, les barrières ont depuis été retirées, mais les organisations environnementales affirment que les travaux, entamés en avril, ont déjà causé des dommages écologiques "graves" et "irréversibles".

 Pour de nombreux manifestants, cette station balnéaire est devenu le symbole de décennies de frustration face à la corruption politique, à l'émigration massive et aux défaillances de la gouvernance. Plus de 1,2 million d'Albanais ont quitté le pays depuis la chute du communisme.

La Commission européenne a officiellement averti Tirana que ce projet pourrait compromettre la candidature de l'Albanie à l'Union européenne, exigeant le respect immédiat des règles environnementales.

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Le parquet spécial anti-corruption d'Albanie a ouvert une enquête sur des irrégularités liées aux droits d'utilisation des terres.

Le Premier ministre Edi Rama a qualifié les manifestants de "bien intentionnés mais mal informés" et a promis de poursuivre le projet.

Mais face à des manifestations quotidiennes qui ne montrent aucun signe de ralentissement, la "Révolution des flamants roses" est devenue le plus grand défi à son pouvoir depuis des années. Les organisateurs appellent à poursuivre les protestations jusqu'à l'annulation de l'accord et la démission du gouvernement.

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