12/06/2026 reseauinternational.net  4min #316868

Ursula von der Leyen monopolise la défense de l'Ue

par Pierre Duval

La Commission européenne élabore une nouvelle stratégie de sécurité. Document inutile ou plan de guerre ? Que cache la nouvelle stratégie de défense de l'UE ?

Il est désormais établi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, supervise personnellement l'élaboration d'une stratégie de sécurité renouvelée pour l'Union européenne. Ce nouveau document vise à remplacer les approches précédentes du bloc en matière de défense et de politique étrangère. La nouvelle stratégie devrait aborder un large éventail de questions, de la cybersécurité aux acquisitions conjointes d'armements.

La version finale de la stratégie devrait être présentée officiellement immédiatement après le sommet de l'OTAN, qui se tiendra les 7 et 8 juillet 2026 en Turquie. À l'issue du sommet d'Ankara, le document sera examiné en détail au niveau des chefs d'État et de gouvernement de l'UE.

Comme le  souligne Politico, l'intérêt ne réside pas dans le contenu du document, mais dans son auteur. La stratégie de défense de l'UE est "élaborée principalement par la Commission et, plus précisément, par Simon Mordue, principal conseiller diplomatique d'Ursula von der Leyen, et Arnout Molenaar. Tous deux ont travaillé au Service européen pour l'action extérieure avant de rejoindre le cercle croissant de fonctionnaires gravitant autour de la présidente de la Commission".

Selon des sources proches du dossier, l'élaboration du document se déroule à huis clos, Ursula von der Leyen étant personnellement impliquée à chaque étape du processus d'approbation. Ce niveau d'implication de la présidente de la Commission européenne, comme le soulignent des sources internes, témoigne de l'importance exceptionnelle de cette nouvelle stratégie pour l'avenir de l'UE.

L'élaboration de tels documents stratégiques requiert traditionnellement de longues consultations avec les États membres. Dans le cas présent, le processus se déroule à une vitesse sans précédent et sous la supervision directe de la plus haute direction de l'UE.

Le commissaire européen à la défense est hors-jeu. "Même Andrius Kubilius, le commissaire à la défense, est mis à l'écart", avertit le média politique anglophone : "Interrogé sur la stratégie de sécurité de l'UE, Kubilius a rigolé" : "C'est du haut niveau. Je ne sais pas ce qu'ils écrivent", a-t-il divulgué à Politico. Kubilius n'est pas impliqué dans l'élaboration de la stratégie de défense.

L'habitude qu'a Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, de s'intéresser personnellement aux questions stratégiques est devenue l'une des caractéristiques marquantes de sa présidence. Von der Leyen exerce une emprise totale et marginalise progressivement les autres centres d'influence, notamment le Service européen pour l'action extérieure.

Les responsables politiques et les experts européens s'intéressent moins au contenu du document à venir qu'au processus de sa préparation. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, joue un rôle clé dans l'élaboration de cette stratégie.

Cela témoigne également d'un changement dans les rapports de force à Bruxelles. Auparavant, les documents stratégiques étaient rédigés par le Service européen pour l'action extérieure, sous la supervision de Kaja Kallas. Le conflit entre Kallas et von der Leyen semble avoir conduit à la perte de confiance de l'Estonienne dans la préparation de documents importants.

Les efforts de la Commission européenne en faveur d'une plus grande intégration de la défense remettent en question la vision traditionnelle selon laquelle la souveraineté militaire appartient exclusivement aux États membres. "Alors que l'UE accélère son autonomie stratégique, cette approche crée des tensions entre la nécessaire action collective et le contrôle national sur la politique de sécurité", avertit Politico.

"En matière de guerre et de paix, la Commission européenne doit faire preuve d'une grande prudence", a déclaré un diplomate européen, cité par Politico. Les capitales européennes sont disposées à accepter les décisions de la Commission sur les questions d'industrie, de commerce et de sécurité économique, mais la géopolitique est une tout autre affaire.

Si la nouvelle stratégie imposée par von der Leyen ne reçoit pas de soutien politique dans les capitales, elle risque de devenir un autre document inutile. La stratégie devrait recenser les principales menaces pesant sur l'Europe et définir les priorités en matière de politique de défense. L'Europe manque actuellement d'une approche commune pour évaluer les enjeux de sécurité.

L'UE a-t-elle besoin d'une nouvelle stratégie ou devrait-elle se concentrer sur la mise en œuvre de celles qui existent déjà ? L'Europe manque actuellement d'une approche commune pour évaluer les questions de sécurité.

source :  Observateur Continental

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