
par Covidémence
On connaît la routine par cœur. Et pourtant à chaque fois on se surprend à être... surpris !
Il a osé recommencer. Selon certains comptages (CNN) ce serait la 38ème fois.
Jeudi, le président Trump annonce que les États-Unis frapperont "très durement" l'Iran. Et pour faire bonne mesure, ils prendront possession des sites pétroliers iraniens (dont l'île de Kharg) en mode vénézuélien !
Variation du fameux "on va les renvoyer à l'âge de pierre".
Il ajoute, tendre : "ils sont finis".
Quelques heures après, nouveau message : "j'annule les frappes car un deal a été approuvé".
Suivi de "quelques détails à régler", puis "signature dans 2 ou 3 jours en Europe peut-être".
Et le... démenti iranien ferme la marche !
Lien : zerohedge.com
Nous avons donc eu droit à toute cette séquence concentrée en quelques heures.
Chapeau.
Alors, cette fois, serait-ce la bonne ? Nous sommes bien sûr échaudés.
Mais il y a un indice comme souvent... Le premier ministre israélien, en mode troll, publie un message pour exprimer sa gratitude envers l'engagement de Trump d'obtenir un accord final qui inclura la suppression de l'uranium enrichi, le démantèlement des infrastructures d'enrichissement, la limitation de la production de missiles et la fin du soutien aux proxies.
En clair, la capitulation de l'Iran.
C'est là où le fameux doute cartésien reprend le dessus.
Toutefois, on ne peut exclure une manœuvre dilatoire de la part de Téhéran comme par exemple la signature d'un vague MOU qui ne serait de toutes les façons pas respecté afin de gagner quelques semaines. Voire quelques mois.
J'ai l'impression que les Iraniens vont faire courir les Américains, loin, très loin.
Mais au fond, cela satisfait les deux parties. Tant il est vrai qu'aucune paix n'est possible entre eux.
L'empire de l'Ouest n'abandonnera pas sa volonté de faire tomber le régime iranien.
Une idée obsessionnelle depuis 1979... soit 47 ans et un bon paquet de présidents et d'administrations (Carter, Reagan 1 et 2, Bush père, Clinton 1 et 2, Bush fils 1 et 2, Obama 1 et 2, Trump 1, Biden, Trump 2).
À cette aune, on comprend que les enjeux sont lourds, très lourds.
Les caprices de Trump ne sont que de l'écume.
Un style.
Post-scriptum
On peut, on doit quand même s'interroger sur la méthode Trump. Je pense qu'il s'agit d'un instrument de propagande.
Le bon vieux principe de papy Goebbels mais repeint réseaux sociaux 2.0 : répéter inlassablement... afin d'imprimer un message, une idée, une inférence dans le cerveau des gens.
Dans le cas présent, les États-Unis veulent "faire un deal" (ce qui est faux), ils essayent des dizaines de fois... et cela échoue parce que "Iran = méchant". Et ses dérivées : on ne peut pas faire confiance aux Iraniens, ils sont fourbes, ils mentent, ils ne respectent pas leurs engagements, etc.
On peut certes se moquer du 47e président américain, pourtant, cela fonctionne.
Tout le monde a déjà oublié le 28 février et l'agressivité américaine.
Trois mois après, il ne reste que ce mot, obsessionnel, stroboscopique, hypnotique : "DEAL".
La même méthode est utilisée autour du "nucléaire iranien". Dans ce cas, la répétition dure depuis... un quart de siècle.
Les Américains maîtrisent le travestissement du Réel. Ce sont des metteurs en scène.
source : Covidémence