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Illustration représentant les drapeaux des États-Unis et de l'Union européenne.
L'Europe se préparerait à un probable changement d'équilibre au sein de l'OTAN. Washington envisagerait de réduire fortement les capacités militaires qu'il pourrait engager au profit du continent en cas de crise. Certains des moyens concernés, notamment dans l'aviation et la surveillance, ne disposent pas aujourd'hui d'alternative européenne.
Les États-Unis envisagent de réduire nettement leur contribution militaire à l'OTAN en Europe dans le cadre du dispositif "NATO Force Model". Ce mécanisme détermine les moyens que Washington peut mettre à disposition de l'Alliance en cas de guerre ou de crise sur le continent.
Selon Bloomberg, l'Europe se prépare à une baisse importante d'équipements américains "qu'elle ne peut pas remplacer". L'agence indique que Washington prévoit de réduire de 30 % le nombre de bombardiers stratégiques, alors que les pays européens n'en possèdent pas. Les drones de reconnaissance et d'attaque pourraient, eux, être réduits de 75 à 100 %, les navires de guerre d'environ 50 %, et le nombre de chasseurs divisé par trois.
Bloomberg précise que ces informations viennent d'un haut responsable militaire occidental. Aucun calendrier exact n'a été communiqué, mais les sources de l'agence estiment que ces réductions pourraient intervenir prochainement.
Les Européens cherchent une réponse
Cette perspective oblige déjà les pays européens à revoir leurs plans. Les États-Unis auraient informé leurs alliés de l'OTAN lors de réunions organisées ces dernières semaines au siège de l'Alliance. Désormais, les Européens discutent de la manière d'adapter leurs plans militaires à des moyens plus limités. Le sujet aurait également été abordé par les ministres de la Défense du groupe E5, qui réunit le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France, l'Italie et la Pologne.
Le New York Times avance des chiffres plus précis concernant l'aviation. Selon le quotidien, les États-Unis prévoiraient de réduire le nombre d'avions de reconnaissance maritime de 26 à 15, et celui des chasseurs F-16 et F-15E de 150 à 100. La même source évoque aussi le retrait de huit avions ravitailleurs, le transfert d'un groupe de bombardiers vers une autre région, ainsi que le redéploiement de navires, d'un sous-marin armé de missiles et d'un porte-avions.
Une partie de ces moyens pourrait être redirigée vers l'Asie, afin de renforcer la présence américaine dans le Pacifique. Le général Alexus Grynkewich, commandant des forces de l'OTAN en Europe, cité par le Financial Times, a expliqué que ces capacités aériennes et navales pourraient être nécessaires aux États-Unis "en cas de problèmes dans la région du Pacifique".
Une dépendance difficile à masquer
Ces annonces mettent en évidence la dépendance militaire de l'Europe envers Washington. L'Union européenne ne serait pas en mesure de compenser seule une baisse aussi importante du soutien américain. Un sondage du Conseil européen pour les relations internationales montre aussi qu'une majorité de citoyens de l'Union européenne, de Suisse et du Royaume-Uni ne croient pas que les États-Unis les défendraient en cas de guerre.
Cette évolution s'inscrit dans une tendance déjà évoquée par les journaux Der Spiegel et Bild, selon lesquels Washington envisageait de réduire son rôle dans l'OTAN, notamment en retirant des avions-ravitailleurs KC-46 et des drones de reconnaissance longue portée.