14/06/2026  4min #317043

Forum Mondial Sur La Gouvernance Des Droits De L'Homme à Beijing les 11 et 12 juin 2025.

J'ai participé au FORUM MONDIAL SUR LA GOUVERNANCE DES DROITS DE L'HOMME à BEIJING les 11 et 12 juin 2025.
Lors de mon intervention, j'y ai exposé certaines des idées que j'avais développées dans mon article sur "Le duel des empires" que je vais repartager pour l'occasion.
En complément, je partage cet excellent commentaire qui a été publié sur la page Fb de "Super-Poutine" (via Jean Bricmont) :
"Chine : Pékin ouvre une bataille centrale contre le monopole occidental des droits humains.

La Chine a publié ce 11 juin son Plan national d'action pour les droits humains 2026-2030, lors du Forum mondial sur la gouvernance des droits humains à Pékin. Ce n'est pas un simple document administratif. C'est une réponse politique directe à l'ordre occidental qui prétend définir seul ce qu'est la liberté, la dignité, la démocratie et la valeur d'un État. Pékin oppose à cette lecture punitive une vision fondée sur le développement, la stabilité, la souveraineté, la justice sociale, l'accès aux services publics, l'amélioration concrète du niveau de vie et le droit de chaque civilisation à suivre sa propre voie.

Source : Xinhua / CGTN / China Daily - 11 juin 2026.

📌 LA CHINE DÉPLACE LE CENTRE DU DÉBAT.
Pendant des décennies, les droits humains ont été utilisés par les capitales occidentales comme un instrument de classement du monde. Les États alignés étaient absous, les États souverains étaient accusés, sanctionnés, isolés, médiatiquement encerclés. La Chine répond par un renversement de perspective : les droits humains ne sont pas une arme diplomatique réservée à Washington, Bruxelles ou Londres, mais une question de conditions réelles d'existence.

Le plan chinois met donc en avant les droits économiques, sociaux et culturels : niveau de vie, emploi, sécurité sociale, santé, éducation, culture, réduction de la pauvreté, modernisation partagée. Ce choix n'est pas secondaire. Il dit quelque chose de fondamental : un peuple ne vit pas de sermons. Il vit d'un toit, d'un travail, d'infrastructures, d'écoles, d'hôpitaux, de sécurité, de stabilité et d'un État capable d'organiser le développement.

C'est précisément cette définition matérielle des droits humains que l'Occident évite, parce qu'elle expose ses propres contradictions. On peut publier des rapports, distribuer des notes morales, donner des leçons au Sud global, mais que valent ces discours quand les mêmes puissances ont imposé blocus, guerres, sanctions, plans d'austérité, chaos régional et dépendance économique à des dizaines de pays ?

📌 PÉKIN NE PARLE PAS SEULEMENT À L'OCCIDENT.

La force de ce plan, c'est qu'il ne s'adresse pas uniquement aux chancelleries occidentales. Il parle d'abord au Sud global, à ces pays qui ont longtemps subi un double langage permanent : d'un côté, les discours sur la dignité humaine ; de l'autre, la pression financière, les ingérences politiques, les bases militaires, les sanctions extraterritoriales et les campagnes médiatiques contre les gouvernements qui refusent l'alignement.

La Chine propose un autre cadre : coopération plutôt qu'ingérence, développement plutôt que punition, dialogue plutôt que tribunal idéologique. Dans cette logique, les droits humains ne sont pas séparés de la souveraineté nationale. Ils en dépendent. Un pays incapable de décider pour lui-même, soumis aux pressions extérieures, aux embargos ou aux modèles imposés, ne peut pas garantir durablement les droits de sa population.

C'est le cœur du message multipolaire : il n'existe pas un seul chemin vers la dignité humaine. Il n'existe pas une seule civilisation autorisée à juger toutes les autres. Il n'existe pas un seul modèle politique que le reste du monde devrait copier sous menace de sanctions.

📌 UN DOCUMENT INTÉRIEUR, MAIS UNE PORTÉE MONDIALE.

Le plan 2026-2030 couvre aussi les droits civils et politiques, la protection juridique, les droits environnementaux, les droits des femmes, des enfants, des personnes âgées, des personnes handicapées, des minorités ethniques, ainsi que les nouveaux enjeux liés au numérique et aux technologies intelligentes. Pékin inscrit donc les droits humains dans une vision d'État longue, structurée, planifiée, et non dans une logique de communication instantanée.

Cette différence est essentielle. L'Occident traite souvent les droits humains comme une accusation extérieure. La Chine les traite comme une construction nationale, liée à la modernisation, à la cohésion sociale, à la sécurité collective et à la capacité de l'État à tenir ses engagements dans le temps.

📌 CE QUE CELA RÉVÈLE.

La publication de ce plan marque une étape de plus dans la bataille mondiale du récit. La Chine ne se contente plus de répondre aux accusations occidentales. Elle construit son propre langage, ses propres critères, sa propre architecture intellectuelle des droits humains.

C'est cela que les capitales occidentales supportent mal : la fin du monopole moral. Pendant longtemps, elles ont décidé qui était démocratique, qui était fréquentable, qui devait être sanctionné, qui devait être rééduqué, qui devait être renversé. Pékin affirme désormais une autre évidence : la dignité humaine ne se décrète pas depuis les anciens centres impériaux.

Elle se construit dans la souveraineté des peuples."

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