
© Metaxakis Kostas/Anadolu
Le porte-avions français Charles de Gaulle, le 7 avril 2026. [Photo d'illustration]
L'État-major français a pris la parole ce 14 juin afin de contredire les bruits qui, dans des médias français, annonçaient le départ du Charles-de-Gaule, déployé au large de la péninsule arabique. Envoyé sur ordre de Macron, dans l'attente d'une réouverture du détroit d'Ormuz, le porte-avions français fait des ronds dans l'eau depuis des semaines.
Emmanuel Macron va-t-il devoir ranger son gros jouet avant la fête ? Le porte-avions Charles-de-Gaulle, positionné depuis mi-mai au large de la péninsule arabique, "reste sur zone jusqu'à nouvel ordre", a affirmé ce 14 juin le porte-parole de l'État-major français, Guillaume Vernet.
"Les sujets de maintenance et les échéances techniques sont des éléments qui font partie des éléments de décision pour une planification opérationnelle, mais ce ne sont pas les seuls : une maintenance est toujours reportable", a-t-il poursuivi.
Une prise de parole qui survient alors que, depuis la veille, circule dans la sphère médiatique française l'annonce du départ du navire amiral de la flotte française pour son port d'attache, Toulon, afin d'y suivre une période de réparations.
Une énième immobilisation "prévue bien avant son déploiement en Méditerranée orientale", soulignait BFMTV annonçant - de source militaire - ce départ du Charles " dans les prochains jours" et son remplacement "en Méditerranée orientale" par le porte-hélicoptères Mistral. Une information reprise par plusieurs médias français.
Un départ qui tomberait fort mal, alors que Donald Trump ne cesse d'annoncer ces derniers jours l'imminence de la signature d'un accord avec l'Iran et de la réouverture du détroit d'Ormuz qui s'est retrouvé de facto fermé par le conflit et par lequel transitent 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Un calendrier incompatible avec l'orgueil du président français ?
Une éventualité en vue de laquelle le porte-avions français avait justement été déployé, sur ordre d'Emmanuel Macron qui s'est depuis érigé - avec le Premier ministre britannique Keir Starmer - en chef d'une coalition maritime d'États " non-belligérants".
Depuis le déclenchement de cette guerre que "la France n'a pas choisi", Emmanuel Macron défend que Paris - via une posture "purement défensive" - se tient prête à participer, "dès que possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", à une mission d'escorte de porte-conteneurs et de tankers.
Lorsque le passage du Charles de Gaulle de la Méditerranée vers la mer Rouge avait été annoncé début mai, un conseiller d'Emmanuel Macron avait péroré auprès de journalistes que ce passage à travers le canal de Suez de l'orgueil de la Marine nationale constituait "le signal que non seulement nous sommes prêts à sécuriser le détroit d'Ormuz, mais que nous en sommes aussi capables".
Cette posture, en retrait d'un conflit qui pourtant les concerne directement, a d'ailleurs valu - notamment - aux Européens les railleries du président américain, lançant à propos de ses alliés de l'OTAN qu'"ils ont été inutiles quand on avait besoin d'eux, de vrais tigres de papier !".