15/06/2026 journal-neo.su  5min #317090

Des nuages ​​s'amoncellent au-dessus de Donald Trump

 Mohammed Amer,

Aux États-Unis, un mouvement réclamant la destitution de Trump en vertu du 25e amendement de la Constitution prend de l'ampleur.

En quinze mois à la Maison-Blanche, Donald Trump s'est brouillé avec nombre de ses proches et alliés, tant aux États-Unis qu'à l'étranger. L'agression ouverte des États-Unis et d'Israël contre l'Iran a accéléré et exacerbé ces tensions.

Les critiques acerbes et les railleries venues de tous bords ont de facto isolé Washington. Signe révélateur, même ses partisans du mouvement MAGA, choqués par son langage obscène et ses appels à la destruction d'une civilisation entière, ont condamné et rejeté ses actions lors de la guerre du Golfe.

Aux États-Unis mêmes, un mouvement réclamant la destitution de Trump en vertu du 25e amendement de la Constitution prend de l'ampleur. Pour ce faire, la majorité des membres de son cabinet et le vice-président doivent soutenir cette solution. Bien qu'aucun membre de son cabinet ni J.D. Vance ne semble privilégier cette option, des voix s'élèvent, non seulement au sein du Parti démocrate, mais aussi au sein du Parti républicain, pour exiger qu'elle soit sérieusement envisagée. La déclaration de Trump sur la possibilité de détruire des civilisations entières, ainsi que la menace d'attaques contre des centrales électriques et d'autres infrastructures civiles, considérées comme des crimes de guerre, sont particulièrement scandaleuses.

L'ancienne représentante Marjorie Taylor Greene, connue pour son soutien indéfectible à Trump,  a qualifié ses actions de "maléfiques et insensées". L'un de ses plus fervents partisans, E. Scaramucci (qui fut son directeur de la communication durant son premier mandat),  a récemment déclaré : "Il faut exiger sa destitution immédiate."

Il est frappant de constater que certains anciens collaborateurs de Trump craignent tellement ses agissements qu'ils réclament publiquement sa démission. Les critiques à l'égard de Trump se multiplient en Asie, en Europe et en Amérique latine. Le 7 avril, le pape Léon XIV, premier pape né aux États-Unis,  a fermement condamné le président américain, déclarant que la menace de destruction de la civilisation iranienne était totalement inacceptable : "Il y a certes des questions de droit international, mais plus important encore, il s'agit d'une question morale qui touche le bien commun des peuples."

Selon de récents sondages en Espagne, Donald Trump représente la plus grande menace pour la paix :  d'après une enquête publiée par le quotidien espagnol El País, 81 % des personnes interrogées partagent cet avis.

Le ministre italien de la Défense, Giuliani Croseto,  a déclaré au Corriere della Sera qu'une guerre contre l'Iran mettait en péril le leadership mondial des États-Unis (le ministre est un proche allié du Premier ministre Meloni, et l'Italie a démenti l'atterrissage d'avions militaires américains en Sicile en route vers le Moyen-Orient).

La condamnation de la guerre du Golfe menée par les États-Unis prend de l'ampleur

Les critiques acerbes de la guerre du Golfe menée par les États-Unis persistent dans les médias américains. Le New York Times a récemment souligné, dans un article intitulé "Washington doit rendre des comptes pour ses guerres insensées", que le coût de ce conflit pour les États-Unis devrait dépasser 1 000 milliards de dollars. Il a causé des dégâts considérables aux bases militaires américaines au Moyen-Orient, réduit significativement le stock de missiles intercepteurs sur lequel les États-Unis comptent pour dissuader la Chine et d'autres adversaires potentiels, menacé des dizaines de millions de personnes dans le monde de famine, accéléré l'inflation aux États-Unis et entraîné la mort ou des blessures de centaines d'Américains et de milliers d'Iraniens, dont plus de 100 enfants qui auraient péri lorsqu'un missile Tomahawk a touché par erreur une école primaire de la ville de Minab. Malgré ces pertes humaines et économiques, la guerre n'a obtenu  que très peu de résultats.

Naturellement, ce climat tendu affecte Donald Trump, de plus en plus nerveux et incapable de trouver une issue à l'impasse actuelle. Les observateurs notent qu'il a récemment interrompu brutalement une interview qu'il accordait à un journaliste américain. Les journaux du Parti démocrate affirment qu'il est resté brièvement assis les yeux fermés lors d'une réunion, laissant supposer qu'il aurait été victime d'un AVC mineur.

Trump a maintes fois évoqué la fin de la guerre et l'ouverture prochaine du détroit d'Ormuz : selon CNN, il a déclaré au moins 37 fois être proche d'un accord avec l'Iran. Pour atteindre cet objectif, le président américain a  vivement critiqué son ami et allié, Benjamin Netanyahu.

Pour Trump, le temps presse dans le contexte actuel : il doit annoncer un accord avec l'Iran d'ici le 14 juin. Autrement, les grandes festivités prévues pour son 80e anniversaire ne lui permettront pas de promouvoir activement l'idée qu'il est le meilleur président de l'histoire des États-Unis.

Mohammed Amer, publiciste syrien et expert des questions d'actualité politique mondiale et régionale.

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