Par Dmitry Orlov − Le 9 juin 2026 − Source Club Orlov

À présent, de nombreux experts et commentateurs politiques, sans parler d'un certain nombre de têtes parlantes sur YouTube et d'une bonne poignée de géopoliticiens en fauteuil, ont remarqué qu'il se passe quelque chose de nouveau en Russie ; à savoir que les Russes ne se contentent plus de rester tranquillement assis à regarder leurs citoyens, y compris, récemment, un dortoir rempli de jeunes femmes endormies en formation pour devenir enseignantes en primaire, se faire pulvériser par des drones fournis par les Européens et lancés par les Ukrainiens. La réponse appropriée, pensent désormais de nombreux Russes, est de "frapper" les Européens. Pour les étudiants en russe, le nouveau mot de vocabulaire est "жахнуть" (zhakhnut). On peut le traduire librement par "réduire en miettes", peut-être à l'aide d'une bombe nucléaire.
Frapper les Ukrainiens eux-mêmes n'est pas efficace. Ils ne sont plus maîtres de leur propre destin. Ils ont formé une sorte de culte de la mort et les aider à rejoindre la foule des invisibles, comme le fait actuellement la Russie avec une moyenne de 1 500 soldats ukrainiens tués par jour, ne semble pas efficace pour dissuader certains des autres de lancer des attaques terroristes contre des civils russes. L'astuce consiste donc à dissuader les Européens de fournir aux Ukrainiens des jouets meurtriers, et la question qui se pose alors est celle du choix des cibles et des armes : où frapper, et avec quoi. C'est un sujet de discussion étonnamment brûlant en Russie, qu'il s'agisse des passagers des bus ruraux ou des soi-disant "propagandistes du Kremlin" dans les studios de télévision rutilants. Tout cela devrait amener au moins quelques personnes réfléchies en Occident à s'interroger sérieusement sur les conséquences de tout cela et peut-être même à envisager des moyens d'éviter de se faire frapper par des Russes en colère.
Soyez assurés que la question "Avec quoi frapper ?" est examinée au plus haut niveau. Vous trouverez ci-dessous une longue citation tirée des commentaires de Vladimir Poutine lors du récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg au sujet du nouveau système de missiles russe "Oreshnik", dont il est clairement un fervent admirateur. "Oreshnik", soit dit en passant, signifie "noisetier européen" en russe. Il est assez courant que les systèmes d'armes russes portent de tels noms de végétaux. Ce nom est bien choisi car l'arme, tout comme l'arbre, ne livre pas une seule poignée de noisettes, mais plusieurs. Dans sa version non nucléaire, chacune de ces "noisettes" se compose très probablement de cônes ou de tiges en tungstène, pesant chacun environ une tonne. Le tungstène est nettement plus dense que le plomb et son point d'ébullition est de 5 660 °C.
Des dizaines d'ogives, à tête chercheuse, attaquent la cible à une vitesse de Mach 10, soit environ trois kilomètres par seconde. La température des ogives atteint 4 000 °C. Si ma mémoire est bonne, la surface du soleil est de 5 500 à 6 000 °C. Par conséquent, tout ce qui se trouve à l'épicentre de l'explosion est fragmenté en particules élémentaires, se transformant essentiellement en poussière. Le missile peut frapper même des cibles hautement protégées situées à grande profondeur. Selon des experts militaires et techniques, si ces missiles étaient utilisés en masse, en une seule frappe - c'est-à-dire plusieurs "Nuts" - en grappe, la puissance de la frappe serait comparable à celle d'une arme nucléaire. Bien que le missile Oreshnik ne soit certainement pas une arme de destruction massive. Premièrement, parce que - comme l'a confirmé l'essai du 21 novembre - il s'agit d'une arme de haute précision, et deuxièmement, et surtout, parce qu'il n'y a pas d'ogive nucléaire, ce qui signifie qu'il n'y a pas de contamination nucléaire après son utilisation.
Note du Saker Francophone
Depuis quelques temps, des gens indélicats retraduisent "mal" en anglais nos propres traductions sans l'autorisation de l'auteur qui vit de ses publications. Dmitry Orlov nous faisait l'amitié depuis toutes ses années de nous laisser publier les traductions françaises de ses articles, même ceux payant pour les anglophones. Dans ces nouvelles conditions, en accord avec l'auteur, on vous propose la 1ere partie de l'article ici. Vous pouvez lire la suite en français derrière ce lien en vous abonnant au site Boosty de Dmitry Orlov.
Dmitry Orlov
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Il vient d'être réédité aux éditions Cultures & Racines.
Il vient aussi de publier son dernier livre, The Arctic Fox Cometh.
Traduit par Hervé, relu par Wayan, pour le Saker Francophone