16/06/2026 linvestigateurafricain.tg  6min #317273

Lomé, carrefour de l'intégration aéronautique et de la connectivité continentale

Komla YAWO

Lomé, la capitale togolaise accueille depuis ce lundi 15 juin 2026 la première Convention et Exposition africaines du transport aérien. Les travaux ont été ouverts par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, Champion du Marché unique du transport aérien africain ( MUTAA) en présence du Président rwandais Paul Kagamé et de l'ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo. La cérémonie s'est également déroulée en présence des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement et des ministres des Transports africains. Le secteur industriel et réglementaire y est également fortement représenté par des délégués de l'Organisation de l'aviation civile internationale ( OACI), du Conseil international des aéroports (ACI) Afrique, de l'Association du transport aérien international (IATA) et de diverses compagnies aériennes.

Cette initiative de grande envergure s'inscrit directement dans la dynamique d'accélération de la mise en œuvre du MUTAA et répond aux ambitions d'intégration globale portées par l'Union africaine. L'objectif fondamental de cette première Convention est de transformer le ciel africain en un espace plus ouvert, plus accessible, plus compétitif et résolument utile à la refonte des économies nationales. Convaincu que l'avenir du continent dépend intimement d'un espace aérien plus performant et tourné vers le développement, le chef de l'État togolais a profité de cette tribune pour partager quatre grandes convictions stratégiques avec l'assistance.


Vue partielle de l'assistance

Le Champion du MUTAA appelle à transformer les engagements politiques en réalités opérationnelles pour les économies africaines

La première priorité énoncée par le Président du Conseil appelle à passer d'urgence de l'engagement politique à la réalité opérationnelle. Faure Essozimna Gnassingbé a insisté sur le fait que le Marché unique du transport aérien africain doit désormais entrer dans une phase beaucoup plus concrète, en traduisant les déclarations de principe en résultats tangibles pour les populations.

Pour y parvenir, les États du continent doivent accélérer l'harmonisation de leurs politiques aériennes respectives et structurer une coopération plus étroite entre tous les acteurs du secteur. Selon le dirigeant togolais, cela implique un alignement rigoureux des accords de services aériens, une facilitation de l'ouverture effective des routes, une optimisation des droits de trafic et le développement de corridors prioritaires capables de fluidifier durablement les échanges commerciaux.

La deuxième conviction défendue à la tribune concerne l'accessibilité financière et la compétitivité du transport aérien, des facteurs essentiels pour libérer la mobilité intra-africaine. Le chef de l'État a souligné que l'ouverture théorique du ciel ne produira aucun effet si les coûts des billets restent prohibitifs et si les lourdeurs administratives continuent de freiner le déplacement des entrepreneurs, des étudiants, des touristes et des investisseurs.

Pour bâtir un écosystème robuste, le continent doit impérativement investir dans des infrastructures modernes, soutenir des compagnies solides, renforcer les capacités de maintenance et d'assistance au sol, et déployer des systèmes numériques fiables. Le Président du Conseil a ainsi plaidé pour une plus grande transparence dans l'application des taxes sectorielles et pour une simplification drastique des procédures de voyage.

Des infrastructures modernes, un fret renforcé et une souveraineté technologique au cœur des débats à Lomé dans la capitale togolaise

Le troisième pilier de cette vision repose sur l'intégration de l'aviation comme un moteur central de la transformation économique, en mettant un accent particulier sur le potentiel sous-exploité du fret aérien. Au-delà du seul transport de passagers, le transport aérien doit être pensé comme une infrastructure logistique majeure capable de soutenir l'agriculture, l'industrie, la santé, le commerce numérique et les exportations africaines à forte valeur ajoutée.

En connectant plus efficacement les chaînes de valeur régionales, cette dynamique doit s'articuler étroitement avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cette connectivité aérienne accrue doit par ailleurs s'inscrire dans une approche globale englobant les réseaux routiers, ferroviaires et maritimes du continent.

Enfin, la quatrième conviction met en exergue la nécessité de construire une industrie aéronautique africaine durable et souveraine, apte à réduire la dépendance technologique extérieure du continent. Faure Essozimna Gnassingbé a invité ses pairs à percevoir l'aviation civile comme une véritable filière productive, créatrice d'emplois hautement qualifiés et de perspectives d'avenir pour la jeunesse africaine.

Cette autonomisation sectorielle doit obligatoirement intégrer les exigences de durabilité et d'éco-responsabilité pour répondre aux standards environnementaux contemporains. Pour le Togo, l'accueil de cet événement vient consolider sa stratégie nationale visant à s'affirmer comme une plateforme commerciale et logistique régionale majeure, entièrement dévolue au service de l'intégration africaine.


Photo de famille

Cette vision globale et ces orientations stratégiques ont reçu un accueil très favorable et une adhésion unanime de la part des dirigeants et des institutions du secteur. Le Président rwandais Paul Kagamé a chaleureusement salué le leadership de son homologue togolais, rappelant qu'aucun pays ne peut prospérer de manière isolée dans la fragmentation et qu'il est temps de privilégier les actes concrets face aux discussions théoriques. De son côté, l'ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo a rendu hommage aux avancées réglementaires majeures obtenues sous l'impulsion du Champion du MUTAA.

Ces reconnaissances mutuelles ont été couronnées par la remise d'un prix d'honneur au Président Faure Essozimna Gnassingbé pour son engagement panafricain. Les travaux, qui incluent des tables rondes ministérielles, des dialogues exécutifs et des sessions de négociations bilatérales, se poursuivront à Lomé jusqu'au 19 juin 2026 autour des défis de l'accessibilité, du fret et du développement du capital humain.

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