
Par George Tsakraklides, le 14 juin 2026
Chaque fois qu'un système s'effondre, la société fait face à un dilemme. Dans le premier scénario, les puissants s'accaparent la plus grosse part possible d'un gâteau qui fond comme neige au soleil, puis prennent la fuite grâce à leurs parachutes dorés. Dans le second scénario, les sociétés s'unissent et tentent de répartir le gâteau de la manière la plus sereine, la plus équitable et la plus démocratique possible.
Mais dans les deux cas, la planète est perdante. Dans aucun scénario, l'intégrité réelle du gâteau n'est préservée pour pouvoir être transmise à la génération suivante. Si le scénario B peut sembler relever d'un rêve chimérique de gauche, ces deux scénarios font tourner à plein régime la machine extractive du nécrocapitalisme, qui pompe jusqu'à la dernière goutte des ressources terrestres dans un ultime soubresaut. Aucun des scénarios plausibles ne prévoit de préserver le climat et les écosystèmes de la planète, car jamais ça n'a été le cas. Ces préoccupations ont toujours occupé une place très marginale dans la hiérarchie des besoins en cas de catastrophe. En réalité, elles ne figurent nulle part.
La suprématie humaine, les prédispositions actuelles à l'optimisme, la technophilie et bien d'autres distorsions cognitives profondément ancrées dans nos esprits ont toujours fait obstacle aux civilisations, leur interdisant de mettre un coup de frein au lieu d'accélérer une fois encore leur course effrénée vers le gouffre de la démence. Les discours qui ont favorisé ces partis pris et les comportements autodestructeurs associés sont plus présents que jamais. On nous endoctrine aisément pour nous pousser à croire que le génocide est une forme légitime de guerre, que la guerre est une forme légitime d' activité économique, et que l'activité économique ne peut exister que sous forme d'extraction, de destruction, d' asservissement et d' exploitation. La quantité de crack que chacun d'entre nous doit consommer quotidiennement pour en arriver à nous réjouir de la dystopie que nous vivons explique parfaitement pourquoi 99 % d'entre nous croient que le capitalisme est inévitable, que la nature importe peu, et que les oligarques devraient être autorisés à devenir "trillionnaires" parce qu'"ils se sont démenés" pour détrousser leurs concitoyens.
Notre hiérarchie des besoins n'a toujours été qu'une hiérarchie de pulsions : les civilisations n'ont appris à exister qu'en épuisant plutôt qu'en préservant, faisant de la réforme de toute civilisation une tâche difficile, voire impossible. Le gâteau se ratatine depuis des milliers d'années, tandis que toujours plus de clients font la queue autour du pâté de maisons. Nous sommes des mouches piégées dans un bocal, survivant grâce à une tête de poisson presque entièrement décomposée. Depuis l'extérieur du bocal, la nature nous observe à travers la vitre, s'ennuyant à mourir, dégustant son pop-corn en attendant que notre espèce finisse par s'autodétruire.
Traduit par Spirit of Free Speech
The George Tsakraklides View
The Collapse Hierarchy of Needs
Whenever there is a collapse, society has two choices: in the first scenario, powerful individuals grab as big a slice as they can from a rapidly diminishing pie and make a run for it in their golden parachutes. In the second scenario, societies come together and try to distribute the pie as calmly, fairly, and democratically as possible...