18/06/2026 voltairenet.org  4min #317502

L'avenir de la Bosnie-Herzégovine en question

Le comité directeur du Conseil de mise en œuvre de la paix, institué par les Accords de Dayton (1995), s'est réuni les 4 et 5 juin 2026. Il a rassemblé le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis, la présidence du Conseil de l'Union européenne, la Commission européenne et l'Organisation de la Conférence islamique.

Il n'est pas parvenu à désigner le nouveau haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine (cf. VAI 4737). Selon l'Agence Europe, l'Allemagne et la France ont soutenu le candidat français, René Troccaz, également appuyé par le Royaume-Uni, tandis que l'Italie a soutenu Antonio Zanardi Landi, soutenu par les États-Unis.

Ces derniers ont alors exprimé leur déception face à "l'incapacité des Européens à parvenir à un consensus autour d'un candidat européen". Ils ont alors affirmé qu'ils pourraient "reconsidérer leur rôle dans la présence internationale actuelle en Bosnie-Herzégovine".

En 1995, le poste de haut-commissaire pour la Bosnie-Herzégovine devait être pourvu par les Nations unies, mais l'Union européenne s'en est emparée. Lors de la conférence de Bonn, en 1996, les pouvoirs du haut représentant ont été élargis ("les pouvoirs de Bonn"). Dans la pratique, il a placé la Bosnie-Herzégovine sous tutelle allemande. Il a ainsi imposé le mark comme monnaie officielle (aujourd'hui l'euro).

Christian Schmidt (photo), ancien ministre allemand, est devenu haut-commissaire, en 2021. Dès son arrivée, il a imposé une réforme des lois électorales qui bouleversait l'équilibre des groupes ethniques au profit de l'Union démocratique croate de Bosnie et Herzégovine (HDZ-BiH) avec laquelle il entretenait depuis longtemps des relations privilégiées.

En définitive, il entrait en conflit avec le président des Serbes de Bosnie (Republika Srpska), Milorad Dodik, et le destituait. Mais celui-ci refusa d'obtempérer.

Une nouvelle guerre devenait à nouveau possible. Début 2025, l'Albanie, la Croatie et le Kosovo concluaient un accord de défense trilatéral, tandis que la Serbie et la Hongrie formaient une alliance militaire. L'Estonienne Kaja Kallas, haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, annonçait une nouvelle guerre (cf. VAI 3250).

La Russie convoquait plusieurs fois le Conseil de sécurité des Nations unies pour alerter sur la préparation de cette guerre, mais à chaque fois, les Occidentaux se moquaient de ses inquiétudes et insinuaient que les Russes ne s'intéressaient aux Serbes que parce qu'ils sont orthodoxes comme eux.

Cependant, le président Milorad Dodik engageait Rudy Giuliani, ancien maire de New York et avocat du président Trump, et Rod Blagojevich, ancien gouverneur de l'Illinois, comme lobbyistes à Washington (cf. VAI 4073). Le fils du président Trump, Donald Trump Jr. se rendait à Banja Luka, la capitale de la Republika Srpska, en avril 2026. Le général Michael T. Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président Trump, et son frère, Joseph Flynn, ont préparé un sommet économique en Republika Srpska. Ils prévoient d'investir 1,5 milliard d'euros (1,8 milliard de dollars) dans les aéroports, les centrales à gaz et un gazoduc en république serbe de Bosnie (cf. VAI 5346).

Finalement les États-Unis poussaient à la démission de Christian Schmidt, lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, le 11 mai (cf. VAI 5437).

La Slovène Marta Kos, commissaire européen à l'élargissement déclarait, le 14 juin : "Le haut représentant devrait exercer ses fonctions de telle manière que son rôle devienne très prochainement obsolète. La Bosnie-Herzégovine doit ainsi retrouver sa pleine souveraineté et être en mesure de prendre ses propres décisions sans supervision internationale. À la Commission européenne, nous préparons une vision d'avenir pour la Bosnie-Herzégovine."

☞ Ce complot, qui a failli aboutir à une guerre, était l'œuvre du groupe allemand qui soutient les "nationalistes intégraux" en Ukraine et prépare l'Allemagne à lancer une guerre contre la Russie. Son échec est dû à l'alliance de la Russie et de l'administration Trump depuis le sommet d'Anchorage, le 15 août 2025.

Cet article est extrait du numéro 181 de "Voltaire, actualité internationale". Le monde change vite.  Abonnez-vous à notre lettre confidentielle hebdomadaire ; une source exceptionnelle d'information sur la transition vers un monde multipolaire.

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