Par MARC Jean
L'Union européenne méritait une diplomatie à la hauteur de ses ambitions. Elle méritait des diplomates d'envergure, à l'image d'un Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, communément appelé Talleyrand, né le 2 février 1754 à Paris et décédé le 17 mai 1838, qui fut homme d'Église, homme d'État et un diplomate actif du règne de Louis XVI à celui de Louis-Philippe. « Toutefois, sa renommée provient surtout de sa carrière diplomatique exceptionnelle, dont l'apogée est le congrès de Vienne. Homme des Lumières, libéral convaincu, tant du point de vue politique et institutionnel que social et économique, Talleyrand a théorisé et cherché à appliquer un « équilibre européen » entre les grandes puissances. »(1) La noblesse de la diplomatie c'est d'éviter les conflits, ou, lorsqu'un conflit a éclaté, c'est d'essayer par tous les moyens de le stopper et de le résoudre par la négociation. Le diplomate et le militaire, sont les deux faces d'une même pièce. La seule arme du diplomate, c'est la parole, le verbe, le logos, c'est la négociation en usant de toutes les ressources oratoires à sa disposition.

Ainsi, il n'a à aucun moment cherché à trouver une solution diplomatique à la crise et, le 21 février 2022,soit 3 jours avant le déclenchement de l'opération spéciale russe, il déclarait :
« [...] dans trois mois, les choses se décideront sur le champ de bataille. »(2)
et le 10 avril 2022, alors que Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni, s'était déplacé à Kiev pour demander à Zelensky de retirer la proposition d »accord déjà paraphée et que la Russie était prête à accepter, Josep Borrell répète :
« La guerre sera gagnée sur le champ de bataille. »(3)
Par ailleurs, ce sont des propos fort peu diplomatiques qu'il a tenus lors de l'inauguration de la nouvelle Académie diplomatique européenne, à Bruges, le 13 octobre 2023. Des observations qui ont suscité un tollé médiatique et diplomatique à travers le monde. Devant un parterre de futurs diplomates européens, Josep Borrell y a détaillé ce qu'il considère être la place de l'Europe dans le monde :
« Oui, l'Europe est un jardin », a-t-il affirmé en préambule avant d'expliquer que les Européens ont « construit un jardin » où « tout fonctionne. » Mais le diplomate européen a ajouté, sur sa lancée : « La plus grande partie du reste du monde est une jungle, et la jungle pourrait envahir le jardin[...] »(4)
Faut-il s'en étonner venant d'un individu qualifié de personnage sulfureux par les observateurs qui le connaissent, selon les termes du Courrier international?(5) Un diplomate qui ne fait que lire le narratif obligé, répété par tous les dirigeants occidentaux.« Si Vladimir Poutine « gagne cette guerre et conquiert l'Ukraine et met en place un régime fantoche à Kiev, comme celui que nous voyons déjà au Belarus, cela ne s'arrêtera pas là », » a déclaré le chef de la diplomatie européenne ce jeudi 14 mars 2024 » (6)

« Une voie trop rapide vers la paix n'est pas dans l'intérêt de l'Ukraine. »(sic) après 4 années de guerre !!(7)
Ces mots venant de la diplomate en chef de l'Union européenne sont hallucinants. Le premier devoir d'un diplomate est de tout entreprendre pour désamorcer des conflits naissants,et si le conflit a éclaté, de tout mettre en œuvre d'abord pour le circonscrire et ensuite pour trouver les solutions acceptables pour une issue pacifique. Faire le contraire et saboter diplomatiquement les efforts des Américains pour trouver une solution acceptable pour les deux partie témoigne son mépris pour les milliers de jeunes ukrainiens tombés dans un conflit qui ne les concerne pas. D'ailleurs le média ukrainien indépendant Stories Framing the Globe rapporte les propos de Kallas et commente :
« Les politiciens européens dictent une nouvelle fois de plus aux Ukrainiens ce qui est bon pour eux »(8)
« Depuis le début de cette crise, les Européens, écrit Jacques Baud, ont systématiquement jeté de l'huile sur le feu, sans jamais prendre l'initiative.Leur crédibilité en matière diplomatique est égale à zéro. » (9)
On pourrait s'étonner du rare niveau d'incompétence de la diplomatie européenne, de son indigence, de sa pauvreté intellectuelle, de son incapacité à comprendre les raisons profondes de ce conflit, de son absence totale d'initiatives de paix, de son impuissance à mettre en œuvre un processus de négociation et de règlement pacifique d'une situation conflictuelle. Mais, sauf à considérer les diplomates européens comme des incapables, ce qui serait faire injure aux vrais diplomates, il faut sans doute en chercher la raison ailleurs.
« Ayant débuté le 5 juin 2025 et devant se dérouler jusqu'au 20, BALTOPS est le plus important exercice naval allié en mer Baltique. Cette année, il rassemble plus de 40 navires et 25 aéronefs de 16 nations de l'OTAN. » Source : meretmarine.com
Tout simplement, et aussi effroyable que cela puisse apparaître, les dirigeants européens ne recherchent, en réalité, nullement la paix, mais la confrontation avec la Russie. D'ailleurs, après l'Ukraine, la prochaine zone de conflit est déjà planifiée dans les projections de l'Otan. Ce sera la mer Baltique.(10) Le but ultime des commanditaires de ce conflit perpétuel, c'est la destruction de la Russie,(11) son morcellement et le pillage de ses ressources. Car la haine atavique contre les Russes remonte loin dans l'histoire, jusqu'à l'empereur Charlemagne déjà, comme l'explique Guy Mettan dans son livre Russie-Occident, une guerre de mille ans: La russophobie de Charlemagne à la crise ukrainienne.(12) Cet objectif explique pourquoi la haine et le dénigrement de la Russie atteignent des proportions inouïes dans les médias, les cercles académiques et les milieux dirigeants occidentaux. Préparant ainsi insidieusement l'opinion à un conflit inéluctable avec la Russie.
MARC Jean
Notes
(2) Jacques Baud, Paix en Ukraine, Edition Max Milo, p.324
(3) Jacques Baud, Paix en Ukraine, Edition Max Milo, p.324
(7) Jacques Baud, Paix en Ukraine, Edition Max Milo, p.275
(8) Jacques Baud, Paix en Ukraine, Edition Max Milo, p.276
(9) Jacques Baud, Paix en Ukraine, Edition Max Milo, p.205
(12) Guy Mettan, Russie-Occident, une guerre de mille ans: La russophobie de Charlemagne à la crise ukrainienne, édition des Syrtes
La source originale de cet article est Mondialisation.ca
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