
par Mendelssohn Moses
Certains "dirigeants" de ce qu'il est convenu d'appeler "l'Europe" s'imaginent encore n'être que dans la ruée vers l'or qu'offre le complexe militaro-industriel. Les petits joueurs mêmes sont invités à partager le butin 1 : Dufourcq président de la BPI.
Illustré d'un cliché de l'intéressé, tout sourire d'auto-satisfaction dans l'expectative du carnage, l'entretien de Nicolas Dufourcq dans le numéro de cette semaine de Challenges (maman, que veut dire Challenges en fwonçais ?) nous apprend notamment :
"Où en est la souscription de votre fonds Bpifrance Défense destiné aux particuliers ?"
"Nous permettrons aux Français de participer à l'effort de guerre... des opérations. À date, il a déjà collecté 70 millions d'euros auprès de 6000 souscripteurs. Sachant que le ticket d'entrée a été fixé à 500 euros. Ce fonds a été créé pour permettre aux particuliers d'investir dans de belles entreprises de défense non cotées. Nous avons fixé un objectif de 450 millions d'euros de collecte.
"Nous avons également créé une école de défense baptisée Accélérateur Défense en association avec le ministère des Armées afin de dispenser l'expertise de consultants free-lance. Et ce, de manière à permettre aux dirigeants qui le souhaitent d'améliorer leurs performances. Quelque 30 PME ont participé à la première promotion. La troisième débutera en fin d'année".
Donc, yeux bandés et pieds joints, plongeons vers la grande guerre. Avec Vous Savez Qui.
Autant on peut être certain que le citoyen Français frétille d'impatience à l'idée d'envoyer son fils, sans emploi et sans perspective d'avenir, à un"smash"avec la Russie où, aux côtés des enrôlés de force de l'ex-Ukraine, il sera tué, mutilé et/ou traumatisé à vie, autant l'Angleterre passe à la vitesse supérieure et fournit à l'ex-Ukraine de quoi fabriquer...quelque chose.
En effet, le 16 juin, le gouvernement britannique a rendu public un communiqué, rédigé dans l'habituel babillement enfantin (baby talk) utilisé en Occident pour s'adresser à la"populace", faisant état de la"vente"d'uranium enrichi pour une valeur de £210 millions à l'ex-Ukraine.
On se souviendra que lorsque l'ex-Ukraine faisait partie de l'URSS, sur son territoire était entreposé la troisième masse la plus imposante d'armes nucléaires au monde (1700 ogives). En 1994, suite à la dislocation de l'URSS, l'ex-Ukraine a signé l'un des trois Memoranda dits"de Budapest", en vertu duquel elle acceptait de transférer toutes ces armes à la Russie, successeur juridique de l'URSS. La même année, l'ex-Ukraine a signé le Traité de Non-Prolifération. En théorie donc, cet ex-pays est censé demeurer une"Nuclear-Free Zone".
En théorie. Ce que nous ne savons pas ⏤ pour l'instant ⏤ est d'une part le degré d'enrichissement de cet uranium, d'autre part, où réellement en ex-Ukraine cet uranium atterrira, et quelles sont les capacités de l'ex-Ukraine en matière d'enrichissement.
Quant à l'Angleterre, si le soupçon plus que patent se confirmait, elle-même serait en violation de ses engagements sous le TNP.
Ce qui représenterait un pas de géant vers le"smash"contre la Russie.
Des extraits du communiqué du gouvernement britannique en date du 16 juin (avec nos excuses pour la traduction IA)
Source : UK Export Finance
Le Royaume-Uni soutient l'Ukraine grâce à un contrat de 210 millions de livres sterling portant sur du combustible nucléaire et stimule l'emploi au Royaume-Uni
"Cet accord soutient les emplois qualifiés dans le nord-ouest de l'Angleterre, au bénéfice des travailleurs et de l'industrie britanniques.
Le gouvernement britannique a annoncé un soutien financier de 210 millions de livres sterling afin de garantir l'approvisionnement énergétique de l'Ukraine face aux attaques russes incessantes contre ses infrastructures énergétiques.
Dans le cadre de cet accord, annoncé par le Premier ministre lors du G7, UK Export Finance (UKEF) garantit un prêt permettant à Urenco, une entreprise d'enrichissement d'uranium dont le siège social est au Royaume-Uni, de fournir de l'uranium enrichi à Energoatom, le producteur national d'énergie nucléaire ukrainien, afin d'alimenter les centrales nucléaires du pays pendant les deux prochaines années...
Cet accord s'inscrit dans le prolongement d'un précédent accord d'approvisionnement en combustible nucléaire soutenu par l'UKEF et porte le montant total de l'aide britannique en faveur de la sécurité énergétique de l'Ukraine à plus de 490 millions de livres sterling.
... Cet accord est également bénéfique pour la Grande-Bretagne. Plus d'un tiers de l'uranium proviendra de l'usine de traitement d'Urenco située dans le nord-ouest de l'Angleterre, ce qui permettra de soutenir des emplois qualifiés et de stimuler les exportations britanniques dans le secteur nucléaire. Urenco emploie 650 personnes à travers le Royaume-Uni.
Le Canada s'y est mis aussi. Of course 2. "Energoatom a conclu plusieurs contrats pour la fourniture de matières nucléaires : de l'hexafluorure d'uranium enrichi et naturel. En particulier, la société canadienne Cameco assurera l'approvisionnement en uranium jusqu'en 2035, lequel sera enrichi par la société britannique Urenco".
Avant de tisser d'inquiétants scénarios, attendons ce que dira le Professeur Ted Postol 3 sur la nature présumée des "substances" que fournit le Royaume-Uni à l'ex-Ukraine.