21/06/2026 legrandsoir.info  17min #317725

 Cuba libéralise son économie avec 176 réformes

Díaz-Canel explique les priorités conçues pour surmonter les difficultés du moment actuel

Jacques-François Bonaldi

J'ai parlé dans mon envoi précédent des déclarations faites le 12 juin par le président Díaz-Canel aux journalistes de son service. On les trouvera ci-dessous dans une traduction automatique que j'ai largement retouchée. On ne possède pour l'instant que ces déclarations, qui offrent seulement un "aperçu" de la teneur de ces mesures et réformes annoncées, mais celles-ci sont si importantes que le Bureau politique du Parti communiste est appelé à en débattre demain, mercredi 17. On ignore si ce débat sera transmis à la télévision. Tout ce qu'on peut dire pour l'instant, c'est que ces déclarations ont soulevé de nombreuses interrogations dans la population, voire de l'inquiétude, compte tenu du fait que le train de mesures précédent sur la réorganisation économico-monétaire a été loin d'apporter des solutions aux problèmes économique du pays et a même compliqué les choses et la situation. Mais il est clair que ces mesures vont "remuer" un certain nombre de choses à Cuba, et semblent aller dans le sens d'une libéralisation accrue et d'une privatisation accélérée dont les résultats bénéfiques n'ont jusqu'à ce jour rien d'évidents. L'accent est mis sur l'autonomisation des municipalités, sur les facultés totales octroyées aux entreprises publiques (jusqu'aux modalités de fixation des salaires), sur l'intervention de nouveaux acteurs économiques, dont les Cubains de l'intérieur, etc. Cette "libéralisation" enchante la portion de la population du dedans et du dehors aspirant au capitalisme, qui en redemande, tandis qu'elle soulève des inquiétudes chez ceux pour qui la croissance toujours plus évidente des inégalités sociales et économiques est une preuve que la "Révolution de Fidel" a pris du plomb dans l'aile. Mais il est encore trop tôt pour aboutir à des conclusions, tant qu'on ne disposera pas des détails concerts des réformes et mesures annoncées. Jacques-François Bonaldi (La Havane), 16 juin 2026.

Par : Alina Perera Robbio
12 juin 2026

"En temps complexes, on ne peut pas se passer de la passion pour le développement." C'est là un concept fidéliste qui englobe la volonté de ne pas se laisser vaincre et que le Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, a partagé avec l'équipe de presse de la Présidence de la République.

Prenant pour point de départ une question portant sur les temps difficiles que traverse le pays et ce qu'on pourrait faire depuis l'île pour avancer, voire pour grandir, le président a partagé des réflexions sur plusieurs mesures conçues pour surmonter la situation actuelle. Premièrement, il a parlé de "l'agression multidimensionnelle inscrite dans la politique totalement agressive du gouvernement des États-Unis envers Cuba, basée sur un mépris total et à caractère interventionniste."

Le chef de l'État a déclaré que cette politique "a un impact qui complique la vie quotidienne des Cubains." Et il a souligné :

"Dans chaque détail de la vie des Cubains, dans chaque détail familial, dans chaque détail de notre économie, il y a des situations extrêmement complexes, que seul un peuple aussi héroïque que le nôtre peut affronter", et face auxquelles "ils peut survivre et avoir la disposition de les surmonter."

Le président a dit que c'est justement de ça que "nous devons parler" : de la façon dont les Cubains "vont les surmonter" ; de "la façon dont nous les surmontons". Il a ensuite souligné que "les États-Unis ne se pardonnent pas qu'à ce stade, malgré toute la pression maximale qu'ils ont exercée, la Révolution continue d'exister et que le pays continue de fonctionner. Et même pas eux croient ce dont ils parlent et répètent au sujet de l'État en faillite."

Le Président de la République a affirmé qu'un État en faillite n'aurait pas pu survivre, même pas des semaines, à une situation comme celle-ci et il a rappelé que, comme "Fidel nous l'a appris", en des temps complexes, on ne peut se passer de la passion pour la créativité, celle qui, "de pair avec l'unité et avec la volonté de notre peuple, peut nous permettre d'affronter et de résoudre tous ces problèmes." Il a rappelé l'idée de Fidel selon qui "en pleine crise, il faut saisir chaque occasion comme un moment de décollage, un moment de croissance. Aussi avons-nous dégagé un ensemble de priorités pour faire face à toute cette situation."

La première, a-t-il dit, "est la préparation à la défense. Et vous connaissez tous l'intensité avec laquelle on prépare chaque élément du système de défense territoriale ; comment on utilise les journées de la Défense de chaque semaine et tout ce qu'on fait dans la mise au point des plans, en les adaptant aux expériences que nous avons acquises, mais aussi en cherchant tout ce que nous pouvons optimiser en termes de protection de la population, de participation de la population, selon la stratégie de la Guerre du peuple tout entier."

L'économique et le social sont au premier plan

L'autre grande priorité, a déclaré le président, "est le Programme économique et social pour 2026". Díaz-Canel a rappelé que celui-ci a été soumis à un débat populaire à la fin de l'année dernière, et que de cette réflexion collective "de nombreuses propositions ont émergé, notamment des éléments de transformation au modèle économique et social".

"Ce débat populaire a élargi, renforcé, consolidé les projections du document initial. Et, tout en respectant l'opinion de notre peuple, nous avons travaillé intensément ces derniers mois de concert avec des experts, en consultant des critères, voire des critères internationaux, en utilisant des plateformes d'intelligence artificielle", en comparant, a-t-il dit, l'expérience de l'île avec "les particularités de pays tels que la Chine et le Vietnam, qui sont également dans des processus de construction socialiste et qui, à un moment donné, mais pas aussi prolongé que le nôtre, ont été soumis à des blocus."

Le chef de l'État a déclaré : "Je crois qu'une part importante de ces idées, de ces propositions fait preuve de maturité", et il a expliqué qu'on "y met la dernière main à des fins d'approbation par le Bureau politique, et par l'Assemblée nationale, pour commencer aussitôt à les faire connaître, à les expliquer à la population, car le plus important serait que les transformations à réaliser soient comprises, partagées, défendues, et que nous les mettions en œuvre avec une efficacité totale."

Le président a commenté qu'on a travaillé sur plus d'une vingtaine de thèmes "en matière de transformation". La première, a-t-il précisé, "concerne le système de direction de l'économie. Tout un train de mesures ou d'actions proposées va nous permettre de résoudre de vieilles contradictions que nous avons entre le Plan, entre la planification centrale et les stimulants, les incitations."

Díaz-Canel a souligné qu'il était important de briser des entraves pour stimuler la production nationale, à la fois "pour offrir plus de biens et plus de services à notre population", et pour garantir les exportations offrant des revenus.

"En d'autres termes, la perspective de tout ce que nous proposons est qu'entre tous, nous puissions pousser productivement le pays, créer de la richesse et la distribuer en fonction de la justice sociale." Il a averti que, "si nous n'avons pas de richesse, il est très difficile que nous puissions avancer", notamment dans les programmes sociaux et afin de "pouvoir s'attaquer aux inégalités qui se sont créées, de pouvoir aborder les vulnérabilités à l'échelle des personnes, des familles ou des communautés."

Dans la même ligne de pensée, il a déclaré qu'un groupe de mesures a été conçu pour résoudre "la contradiction entre la centralisation et la décentralisation". Et il a soulevé plusieurs questions : "À quoi la planification centrale du pays doit-elle se consacrer ? Que doit-elle impulser ? À quoi doit-elle se consacrer stratégiquement ?" Une fois préservés ces points essentiels, il a insisté sur la suppression des entraves et sur l'octroi de facultés "à d'autres instances, afin que celles-ci exercent leur propre activité qui favorise également des potentialités endogènes existant sur place."

La municipalité et l'entreprise publique, éléments clés de l'engrenage-pays

Le président cubain a réfléchi sur d'autres priorités de travail : l'autonomie municipale et l'autonomie des entreprises. Concernant les facultés pouvant être conférées aux municipalités, il a évoqué la création des conditions permettant à ces instances d'avoir "toutes les possibilités de décider quelles sont leurs entreprises, quels sont leurs acteurs économiques, quelles sont les matrices d'interrelation de ces acteurs économiques, comment les systèmes de production locaux sont-ils conçus et mis en place, comment les points forts endogènes sont-ils exploités."

Que la municipalité, a-t-il dit, a les facultés d'importer, d'exporter, et qu'elle ne dépende pas de plans centraux ; que la municipalité puisse gérer les revenus en devises sur la base de afin qu'elle soit en mesure de stimuler et de gérer l'investissement direct étranger en fonction de ses propres intérêts ; qu'elle puisse gérer des investissements ou des projets avec des Cubains vivant à l'étranger, qu'elle puisse approuver les investissements des Cubains résidant à Cuba, qu'elle puisse faciliter toutes les interconnexions et tous les partenariats entre tous les acteurs économiques.

À propos de cet espace de grande importance pour la société, le chef de l'État a évoqué le fait qu'il puisse "avoir des facultés pour exporter, pour importer à partir de ce qu'il engendre lui-même, et que tout cela puisse lui permettre de défendre son développement". Il a souligné que cette idée "ne contredit absolument pas les priorités nationales ; au contraire elle les renforce." Et il a raisonné :

"Je pense que le pays sera toujours d'autant plus fort et disposera d'autant plus de capacités de réponse que les municipalités seront-elles aussi plus fortes." Et dans le même ordre de raisonnement, il a évoqué l'autonomie de l'entreprise publique : "Qu'elle fonctionne sans intermédiaires, qu'elle travaille sans que d'autres mains se mêlent de sa gestion. Et surtout, avec une grande participation de ses travailleurs, qui en sont les maîtres, qui représentent l'État, qui y représentent la propriété sociale du peuple."

Selon ce qui est conçu, et c'est ainsi que le chef de l'État l'a expliqué aux journalistes, compte tenu de la participation des travailleurs à la prise de décision, "les entreprises vont concevoir leurs dimensions, vont concevoir leurs systèmes salariaux, vont avoir des facultés sans limites, sans obstacles, pour utiliser leurs profits à ce qu'elles jugent utile, aux choses qu'elles approuvent."

"Collectivement, elles auront des facultés d'exportation et d'importation ; elles auront des contrats qui leur permettront d'avoir des entrées en devises étrangères et, en plus des contributions qu'elles apporteront au pays, d'en disposer d'une partie pour reproduire leurs productions et services de manière élargie."

"Elles pourront établir des associations économiques avec n'importe quel type d'acteur économique ; elles vont décider de leurs clients et de leurs fournisseurs ; elles vont élaborer leurs plans - certains répondront à des commandes de l'État, mais d'autres doivent faciliter des productions, des services pour l'exportation et pour la population."

Selon le président, "les entreprises publiques auront un objet large. En d'autres termes, elles pourront faire autant de productions et prêter autant de services qu'elles seront capables, en tirant parti de tout leur potentiel sans aucune limite. Je crois que cela mettra l'entreprise publique dans des conditions similaires à celles des autres acteurs économiques, ce que beaucoup réclamaient."

Il existe des manières, a expliqué le Président, par lesquelles "l'entreprise publique pourra participer directement au marché des changes. Par conséquent, elle sera aussi présente sur ce marché."

Díaz-Canel Bermúdez a commenté qu'il y aura aussi une restructuration de l'appareil d'État, du gouvernement, de l'appareil économique, du Parti, des organisations politiques, des organisations de masse à travers le pays : "Il existe déjà un projet de loi qui a été rendu public sur le site de l'Assemblée nationale afin que la population donne son avis avant qu'elle soit soumise à celle-ci. Mais il contient une réduction significative, non seulement des ministères, mais aussi des postes."

Cela conduira, selon lui, à "une économie des dépenses budgétaires, qui sera disponible pour soutenir des programmes sociaux ou la réforme salariale à laquelle il faut s'atteler dans les plus brefs délais, surtout dans le secteur budgétisé, car dans le secteur des entreprises il n'y a pas de limites - c'est-à-dire que chaque entreprise conçoit son système salarial et paie son salaire à partir des revenus qu'elle peut générer."

Il a souligné : "Je pense que nous allons alors obtenir un État, un gouvernement, des organisations moins bureaucratiques, plus dynamiques, plus capables de s'adapter aux exigences des temps actuels."

Il a souligné un autre concept : "Il faut que tout ce que nous ferons contribue à la solution des inégalités sociales, à la prise en charge des vulnérabilités."

Plus de facultés pour le bon usage de la terre

L'étendue des facultés, a réfléchi le chef d'État, vise fortement à stimuler et à relancer la production agricole, la production alimentaire. Et il a évoqué "les facultés qui vont être accordées pour l'usage de la terre ; pour donner la terre à ceux qui peuvent réellement la faire produire, de sorte qu'il y ait le moins possible de terres oisives et les meilleurs niveaux possibles de productivité ; afin que le producteur ait également accès aux marchés d'intrants, tant en devises étrangères qu'en monnaie nationale ; afin que le producteur ait également accès au marché des changes ; afin que les producteurs de n'importe quel secteur - public, coopérative, privé, investissement étranger, car celui-ci pourra intervenir aussi dans la production alimentaire - puissent se relier entre eux, puissent établir des associations entre eux."

Le chef de l'État a évoqué la possibilité, tant pour l'entreprise publique socialiste que pour tous les secteurs, "d'ouvrir des comptes réels en devises étrangères dans les banques". De même, il a formulé l'idée que "toutes les démarches concernant la création des entreprises, que toutes les démarches concernant la promotion des productions agricoles soient aussi légères que possible, comportent le moins de délais possibles et le moins de paperasse et de bureaucratie possible ; et que toute une série de modalités commerciales puisse se développer entre différents acteurs afin de pouvoir atteindre en peu de temps la souveraineté alimentaire, l'autonomie dans la production alimentaire".

Un commerce extérieur plus dynamique

Le président a commenté "un ensemble de mesures concernant le commerce extérieur, les exportations, les chaînes de valeur et la logistique", toutes visant à rendre ce secteur du tissu national de plus en plus "dynamique". En ce sens, il a signalé que "aucun des acteurs économiques ne sera obligé de passer des intermédiaires pour exporter et importer" ; et il a ajouté : "Ceux qui importent des intrants ou des matières premières pour produire ou prêter des services à Cuba bénéficieront de meilleurs tarifs douaniers que ceux qui importent des produits finis qui pourraient être fabriqués dans le pays."

Dans l'énumération des prémisses en matière de dynamisation, le président a souligné "que les dépôts dans les comptes réels peuvent être respectés. On évalue même la possibilité qu'un groupe d'entités fassent du commerce extérieur et disposent de comptes dans d'autres pays."

Quant aux formes de gestion non étatique, Díaz-Canel a déclaré que "les activités interdites seront limitées", afin que l'objet de chacune soit "aussi large que possible" et qu'elle puisse "développer le plus grand nombre d'activités, toutes avec des règles claires et dans le respect de la loi". De même, a-t-il dit, "les possibilités de participation d'actionnaires seront plus larges."

Actuellement, a déclaré le président, un processus est en cours pour approuver dans les plus brefs délais d'approuver les Mipymes, tant publiques que non-publiques, qui avaient présenté leurs projets, leurs objets, mais qui n'avaient pas été approuvées : "Et toutes ces facultés d'approbation seront également confiées aux municipalités, de sorte que le processus sera plus simple."

Le président a souligné l'importance d' "assouplir et d'encourager les relations d'association économique spéciale que nous avons déjà approuvées entre les formes étatiques et les formes non étatiques, mais dont le potentiel n'a pourtant pas été exploité à fond."

"Il existe également un ensemble de dispositions pour encourager l'investissement direct étranger. Cela concerne les droits de surface, la suppression d'obstacles ; cela concerne aussi l'utilisation des comptes bancaires, les délais d'approbation des investissements directs étrangers, la manière agile dont les réponses doivent être données."

"Et parmi tous ces investissements directs étrangers, deux formes particulières d'investissement cubains ont également été évoquées : celle des Cubains vivant à l'étranger et celle des Cubains vivant à Cuba, afin qu'ils puissent participer sur un pied d'égalité en tant qu'acteurs économiques aux côtés des investissements directs étrangers, des entreprises d'État, des formes non étatiques et des coopératives au maillage économique et productif du pays."
Le président cubain a demandé de voir ces transformations inscrites dans "un cadre juridique stable garantissant la sécurité des affaires dans la durée, respectueux, sûr et surtout encourageant et stimulant la participation de ces acteurs."

L'énergie que Cuba exige, la projection sociale et d'autres objectifs

Une autre priorité discutée et encouragée concerne - comme l'a expliqué le président - l'utilisation, dans tous les domaines, des sources d'énergie renouvelables, le fait que nous sommes "de moins en moins dépendants de la production d'électricité à partir de combustibles fossiles - surtout de combustibles fossiles importés - compte tenu des effets que le blocus énergétique criminel a sur notre pays, au point qu'un seul navire pétrolier est entré à Cuba ces cinq derniers mois."

Sur la question de l'énergie, il a déclaré : "Nous misons sur l'augmentation de la mobilité électrique, à la fois en important des véhicules électriques et en assemblant et fabriquant à Cuba différents types d'équipements."

Abordant une autre tâche qui revêt une priorité élevée pour Cuba, Díaz-Canel a déclaré : "Nous allons éliminer progressivement les subventions aux produits, en mettant en œuvre la subvention aux personnes, en accordant une attention différenciée à ceux qui en ont le plus besoin." Il a également parlé "de prendre en compte la responsabilité sociale de tous les acteurs économiques qui figurent sur notre carte d'acteurs", aux niveaux municipal, provincial et national.

Le chef de l'État a déclaré aux journalistes qu'"il existe des propositions concernant la politique fiscale", faisant allusion à "une relation différente du budget avec l'entreprise publique, afin qu'il n'ait pas à en financer l'inefficacité.

À un autre moment de ses réflexions, Díaz-Canel Bermúdez a déclaré : "Il existe aussi une vision en rapport avec la politique monétaire et, surtout, avec son redimensionnement et son fonctionnement différent, qui implique la participation de tous les acteurs au marché de change. Et j'en arrive à la nécessité de renforcer notre système financier et bancaire."

Tourisme, carburant, commerce et capital humain

Concernant l'activité touristique, durement touchée par l'encerclement impérial, le président a signalé combien il était important d'envisager "de nouvelles modalités, avec de nouveaux acteurs" qui permettent d'exploiter "toutes les infrastructures dont nous disposons".

"Nous ne pouvons penser en ce moment qu'aux seules grandes chaînes alors que beaucoup d'entre elles, sous la pression de l'administration étasunienne, se sont retirées du pays." Et dans le même ordre d'idées, le chef d'État a évoqué comment "gérer des affaires dans les domaines de l'immobilier et du tourisme, selon de nouvelles modalités et avec des acteurs autres que ceux qui y ont traditionnellement existé."

De plus, "nous allons supprimer autant que possible les limitations frappant l'importation de véhicules, mais en priorisant toujours, en termes de tarifs douaniers et de prix, l'importation de véhicules électriques chargés à l'énergie solaire."

En ce qui concerne le commerce intérieur, Díaz-Canel Bermúdez a évoqué l'importance de "tirer parti de tout le réseau d'infrastructures de locaux que nous avons, et de le gérer de manière plus efficace, plus rapide", de sorte que "le commerce intérieur devienne une incitation à la production nationale et favorise également le développement."

"Il est proposé, a-t-il dit, d'établir la facturation électronique et que le pays, dans la mesure de ses possibilités, utilise toujours plus les plateformes numériques pour développer le commerce intérieur."

"Il existe également des actions et des mesures visant le capital humain, notamment pour protéger notre potentiel en main-d'œuvre jeune et qualifiée." En ce sens, le président a parlé de la façon "de protéger le salaire de ces jeunes, de les protéger par des incitations, afin qu'ils n'aient pas à faire des projets de vie à l'étranger et aient les conditions et les possibilités de contribuer au développement de leur pays ici-même."

Cuba ne s'est pas arrêtée

Vers la fin de ses déclarations, le chef de l'État a parlé de "confiance", car "le pays n'est pas arrêté. Le pays affronte cette situation intelligemment. Nous ne pouvons pas tout dire aussi clairement parce que l'ennemi est aux aguets de tout ce que nous faisons."

Le premier secrétaire du Comité central du Parti communiste a souligné : "Je pense que notre réponse doit être celle de l'unité. Ces questions seront discutées ouvertement ; et quiconque a une meilleure idée et une meilleure proposition, qu'il la dise, elle sera toujours prise en considération."

À propos de la résistance héroïque du peuple cubain, il a déclaré : "Ils veulent nous condamner chaque jour avec une nouvelle mesure." Il a dénoncé une rhétorique qui parle d'une escalade de plus en plus agressive de l'empire ; il a parlé de la "guerre psychologique menée pour nous intimider, pour nous faire peur, pour nous faire plier." Mais il a aussi signalé un détail décisif de ces jours historiques : "Ils ne réalisent pas qu'il existe ici un peuple majoritairement prêt à ne pas se rendre, à ne pas se laisser humilier, à ne pas perdre ce qui est perfectible."

Le président cubain a évoqué une perfection que "nous devons accomplir entre nous, avec nos efforts et notre talent, et non à travers une ingérence extérieure qui ne veut absolument pas la concrétisation de ce que la Révolution a rêvé pour le peuple cubain."

Jacques-François BONALDI
(La Havane), 16 juin 2026.

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