23/06/2026 investigaction.net  21min #317930

De la commune de Paris aux batailles héroïques des résistants du Sud-Liban

Leila Ghanem

Des ruelles de Paris insurgé aux villages du Sud-Liban en guerre, un même fil rouge traverse l'histoire des luttes populaires : celui de peuples déterminés à résister à des puissances qui les dépassent.

Sur la bravoure

À ceux qui doutent de la capacité des peuples à combattre des forces qui les surpassent en nombre, à ceux qui ne cessent de propager le discours défaitiste du désespoir, du doute sur la capacité de la résistance, en Palestine, au Liban en Iran et au Yémen, à remporter la victoire malgré le grand déséquilibre du rapport de forces, de l'ampleur des pertes et des sacrifices, voici ce que Ho Chi Minh dit en réponse à ceux qui mettaient en doute la victoire contre la France impériale à l'époque (1951) :

"À cause du déséquilibre de pouvoir, certains comparaient notre résistance à une bataille des sauterelles contre les éléphants. Dans une certaine mesure, pour ceux qui ne voient que le côté physique et éphémère des choses, cela ressemblait vraiment.

Face aux avions et à l'artillerie ennemis, nous n'avions que des lances de bambou dans nos mains Nous regardons non seulement le présent, mais aussi l'avenir ; nous plaçons notre confiance dans la force et le moral du peuple. Par conséquent, nous répondons fermement aux hésitants et pessimistes :"Aujourd'hui, oui, c'est la sauterelle qui ose tenir tête aux éléphants. Demain, l'éléphant laissera sa peau derrière lui."

Trois ans après avoir prononcé ce discours, le général Giap remporta la victoire sur les Français à Dien Bien Phu. Oui, demain ce sont les Yankees sanguinaires et leur pion sioniste qui traîneront la queue de la déception et de la défaite

Nos combattants ont fait déjà leurs preuves : victoire en 2000, victoire en 2006, après 33 jours de combats héroïques. Ils n'étaient pas plus de 1 000 guérilleros avec du matériel de bord, Katiouchas et B-7 (mortiers sur épaule) hérités du Fatah (1), contre toute une armada israélienne des plus sophistiquée, dite la 5ème plus puissante armée dotée des chars Merkava et d'une protection aérienne made in USA : F35, Furtif et Apatchi...

Aujourd'hui, l'entité sioniste a été dotée par l'occident impérialiste d'armes de destruction massive et c'est la première fois dans l'histoire, que des armes de destruction massive sont utilisées contre des guérilleros. Les bombes de 1 et 2 tonnes, BLU-109 (anti-bunker), MK-84 (d'environ 1 tonne) déversées surtout en Banlieue Sud de Beyrouth pour assassiner la direction militaire de la résistance : Al-Radwan le 20 septembre et du leader historique Hassan Nasrallah le 27 septembre 2024 à Beyrouth, lors d'une frappe israélienne contre son abri souterrain. Pour tuer le guide iranien, et l'Etat Major iranien, et les membres du gouvernement, Trump a annoncé à la Knesset que son aviation et celle d'Israël avaient utilisé des avions de chasse B2 porteurs de bombes de 2 tonnes. Trump a ajouté d'ailleurs qu'il vient de lancer une commande de 26 autres appareils (2)

Destructions dans plusieurs villes du sud du Liban à la suite des bombardements israéliens (AFP)

On a vu opérer à Khiam, à Bint- Jbeil, à Aytaroun, à Arnoun, au Sud-Liban, des combattants légendaires se battant à"distance zéro"avec leurs corps et leurs mitraillettes contre un ennemi dont les soldats restaient blottis dans leurs chars.

La bataille de Wadi El-Hojeir, est entrée dans l'Histoire, 40 Merkava israéliens ont été détruits par des combattants opérant à pied, sortant des maquis, ou des tunnels sautant sur les chars ennemis.

Donc, distance Zéro face à un ennemi lâche et sanguinaire, qui tue à distance, s'attaquant aux civils, aux femmes, aux enfants

Aucune bataille israélienne ne fut gagnée dans un combat terrestre, aucune.

Pendant la bataille de 66 jours (du 1er octobre 2024, au 5 décembre 2024), les israéliens ont engagé 150 000 soldats pour tenter d'envahir le Liban. Face à eux une poignée de guérilleros coupés de la direction décimée au cours"des maudits 10 Jours"qui ont ébranlé la résistance : ( l'opération pager et Talkies-walkies (le 17 septembre et le 18 septembre), les assassinats de la direction militaire du Hezbollah"Al-Radwan"(le 20 septembre), du leader historique de la résistance Hassan Nasrallah (le 27 septembre), Hachem Safieddine (le 1er octobre) ; s'en est suivi des frappes aériennes sauvages sur le Sud, en vue de l'invasion du territoire libanais qui s'est soldée par un carnage inédit de 623 morts en une seule journée, sans possibilité d'une avancée terrestre.

Or, Malgré la suprématie militaire israélienne, tous azimuts, les résistants entrainés à agir en cas de rupture avec la direction, comme comités de quartiers dans chaque village, sont passés"au plan B", en combats de guérilla, et réussis à empêcher l'ennemi d'avancer avec leurs chars, ne serait-ce, d'un seul kilomètre. Un des chefs d'état-major iranien Ismael Quaani a considéré à l'époque que cette"bataille était la plus importante dans l'Histoire".

Au 66ème jour, Israël a demandé un cessez le feu et le Hezbollah l'avait accepté pour permettre aux réfugiés de rentrer dans leurs villages, et pour pouvoir se réorganiser, à savoir : changer de système de communication, neutraliser l'infiltration dans son organisation, et se procurer des armes nouvelles adaptées à un nouveau concept de combat.

Ledit cessez le feu établit sous contrôle américain, avait pour but de faire gagner à l'ennemi, par la paix, ce qu'il n'a pas pu obtenir par la guerre. Pendant ce cessez le feu fantoche qui a duré 15 mois, Israël a occupé les 5 plus hautes collines qui surplombent le Sud-Liban, détruit 39 villages ; et pratiquement causé 70% des dégâts subi pendant la guerre de Isnad (soutient à Gaza) déclenchée en octobre 2023. Israël voulait profiter du cessez le feu pour créer avec l'approbation américaine, une zone tampon jaune comme celle de Gaza, à une profondeur de 30kms, c'est-à-dire jusqu'au fleuve Litani. A partir du 2 mars, en concomitance avec la frappe israélo-américaine sur l'Iran, le Hezbollah rompt ce cessez le feu et déclenche une bataille de guérilla toujours en cours, en utilisant des techniques simples et se dotant des procédés qui échappent surtout au contrôle du système électronique ennemi et de leurs satellites, en se servant des nouvelles armes fabriquées manuellement et peu couteuses comme les dromes d'attaque FPV à fibre optique non détectables. Plus tard, ils ont introduit, Al-MAZ-3 (drones à portée de 16 Kms que le Hezbollah a piraté aux israéliens dans les batailles et qu'il a fait évoluer).

Trois batailles doivent être incrustées dans la mémoire des militants anticolonialistes et anti-impérialistes : ce sont celles de Khiam, surnommée Stalingrad, tellement cette ville est imprenable malgré l'acharnement de l'aviation qui l'a détruite du côté nord mais les combattants qui connaissent le terrain sortent le moment propice des tunnels pour mener un combat de rue et empêcher l'ennemi de s'établir.

Bint Jbeil, la ville qui est la plus proche de la Palestine occupée à 3 kms, bien qu'elle est quasiment détruite ; les guérilleros de tunnels mènent des opérations quotidiennes contre l'occupant. Bint Jbeil, le chef-lieu de Jabal Amel, n'est pas à sa première bataille : en 78, Israël l'avait assiégée 3 mois, ce sont 14 combattants du FPLP qui ont réussi à desserrer l'étau de la ville en menant une opération suicide contre le siège central des attroupements ennemis.

Bint Jbeil a été choisie par Nasrallah l'année 2000 pour fêter la victoire du retrait israélien après 22 ans d'occupation (de 1982 à 2000). C'est dans son stade qu'il a prononcé son discours culte à la Mao Tsé-toung, qu' "Israël"est plus fragile qu'une toile d'araignée", "l'impérialisme n'est-il pas"un tigre en papier".

Netanyahou n'a pas oublié la phrase culte, il a tenté à plusieurs reprises d'entrer à Bent Jbeil pour dire à Nasrallah nous sommes de retour mais il n'a pas réussi. 13 chars israéliens et des Breaker Hammer ont été détruits par des résistants qui surgissaient de sous les décombres. Bint Jbeil est surnommée par les sudistes la ville miracle de l'histoire, la résistance a établi une culture de résistance et de bravoure sans précédent : un résistant ne se rend jamais, peu importe les sacrifices consentis.

Une troisième bataille c'est celle de Zawtar-Orientale qui a étonné les stratèges militaires : les combattants avait piégé le passage que les chars israéliens doivent emprunter pour traverser le Litani vers Nabatieh, et ce fut le cimetière des Merkava, de Breaker Hammer et des dizaines de victimes dont le général de l'unité 93 de Tsahal. C'était le second après le général de l'unité 36.

Donc l'aviation israélienne frappe des objectifs civils et détruit des infrastructures à Nabatieh au nord de Litani, et à Tyr, voir même dans la capitale Beyrouth mais derrière eux, il y a des poches qui résistent sur tout le long des villages frontaliers.

Manifestation anti-américaine et anti-israélienne pour résister à l'agression dans la banlieue sud de Beyrouth le 10 juin 2026 (AFP)

La grande leçon apprise par la résistance depuis la guerre de soutien à Gaza qui lui a été très couteuse, c'est le retour à la technique de la guérilla et du concept de la guerre populaire de longue durée.

Cette bravoure puise sa force de plusieurs éléments :

  1. Du rapport organique comme le dit Gramsci entre combattants et masse ; le combattant se fond dans la masse et se met en danger pour la protéger (le bâton de Sinwar est devenu mythique, il symbolise le chef qui tombe dans la bataille). Au Liban-Sud, comme à Gaza, tous les membres de la direction de la résistance ont été décimés au cours du combat, familles et enfants avec (Ismael Hanieh a perdu 5 enfants, Khalil El-Hayeh 4, Nasrallah un enfant...) Donc les dirigeants de Al-Kassam, et de Al-Radwan participaient physiquement aux combats.
  2. La technique de la guérilla, ou la vietnamisation de la résistance armée, cette technique héritage de tous les combattants du monde empruntée aux Vietnamiens, aux Coréens et aux Latinos, aux Algériens, aux Palestiniens, a eu son impact sur les combattants.
  3. Le concept doctrinaire sur le martyr :"Choisir de sortir de l'histoire sans honneur ou se sacraliser en martyr", n'est pas forcément un concept religieux :"cette doctrine incitant à ne pas craindre la mort, n'a pas pour but se désintéresser de la vie mais au contraire l'idée est de respecter la vie". On la retrouve aussi chez les Libertadors anti-impérialistes communistes. Le Che disait "il faut opérer un choix entre une vie flétrie et servile ou se sacrifier pour une cause noble et juste".

Le mot d'ordre des combattants Palestiniens, c'était vaincre ou mourir, inspirée du Che "Hasta la victoria siempre. Patria o Muerte.". Tous les discours de Abou Obayda, le porte-parole des brigades El-Kassam, diffusés par la chaine Al Jazeera et très attendus tous les soirs, avait cette phrase pour leitmotiv."C'est un Jihad : Victoire ou martyr".

Cette doctrine est une source du courage inouïe : "Le tyran meurt et son règne prend fin, mais la mort du martyr est le début de son règne", dit le théologien danois Soren Kierkegaard".

Au Liban, le gouvernement de Vichy face à la résistance libanaise

Il est indéniable que la guerre contre Gaza et contre le Liban est une guerre américaine y compris au niveau de la décision politique. Elle n'aurait pas été possible sans l'armada américaine et occidentale, sans les 54 milliards de $ américains. Ce coût de guerre, Trump a annoncé d'ores et déjà qu'il veut le compenser en exploitant les gisements maritimes de gaz de Gaza et Nakoura (Liban).

Depuis décembre 2023, le Liban a accepté un cessez le feu demandé par Israël après la bataille des 66 jours. Ce cessez le feu est supervisé par une commission présidée par les USA, un commissaire américain Tom Barrack fut désigné par Trump comme émissaire spécial pour "superviser" les affaires politiques au Liban, avant d'élargir ses prérogatives vers la Syrie et d'autres pays du proche Orient (Turquie). Beyrouth a eu le droit à un déferlement de visites d'autres émissaires comme Steven Witkoff et Jared Kushner...

Depuis cette date le centre de décision s'est déplacé de Baabda à Washington : nous sommes entrés sous "mandat américain". C'est Washington qui a organisé les élections présidentielles, désigné le gouvernement, le chef des armées, le gouverneur de la banque central etc.

Le Hezbollah ayant besoin de se réorganiser a laissé faire pendant 15 mois, bien qu'Israël a violé le cessez le feu 11 000 fois, et assassiné 500 membres du Hezbollah. Au 2 mars, la résistance a décidé de rompre le cessez le feu (au moment de l'assassinat de Khamenei) et de reprendre le combat contre Israël ; ce qui a affolé les Américains qui ont encouragé Netanyahou à attaquer Beyrouth, non loin du siège gouvernemental, le jour J. Le 8 avril 2026, ils ont massacré 365 personnes dans des immeubles civils.

C'était le prix à payer, a décidé Trump, ou la signature d'un accord de paix avec l'ennemi sioniste.

Ainsi Le Liban officiel est entré dans une phase charnière qui nous rappelle l'époque du "gouvernement de Vichy" en France pendant la Seconde Guerre mondiale, où les caractéristiques de l'autorité actuelle apparaissent comme un outil de dépendance vis à vis de l'extérieur.

Les présidents de la république et le gouvernement ont accepté de se plier à la pression américaine en commençant par nier le discours de serment sans lequel ils n'auraient pas atteint leurs positions respectives (3). Le gouvernement a annoncé une série des directives dictées par Washington :

  • Déclarer la branche militaire du Hezbollah qui défend le pays, comme une organisation terroriste.
  • Fermer les bureaux et institutions du parti à Beyrouth.
  • Chasser l'ambassadeur iranien du Liban, classé "persona no grata".

Demander au Hezbollah de déposer les armes (selon le fameux concept de Hobbs sur "la monopolisation des armes par l'Etat" (4)), ainsi que la défense de la souveraineté de l'Etat furent évoqués pour justifier la capitulation devant les exigences américano israélienne. Nul n'a voulu discuter une solution à la FARC, (5) au contraire la commission du cessez le feu a exigé du gouvernement non pas de confisquer les armes saisies au Sud Litani, mais de les détruire sur place. Ces armes auraient été utiles pour renforcer l'armée libanaise incapable de défendre le pays qui se veut "souverain". Washington s'est toujours opposé à doter l'armée libanaise d'un armement adéquat.

Malgré les énormes sacrifices faits par la résistance et son engagement depuis un an et demi, les autorités libanaises sans aucun sentiment de fierté et de nationalisme, non seulement ils se couchent devant l'ennemi, ils trahissent ceux qui défendent le pays et qui ont perdu plus de 6 000 hommes au combat sans parler des 33 000 civils morts depuis octobre 2023.

Ces autorités fantoches cherchent sous pression américaine à dépouiller le Liban de son pouvoir face à un ennemi qui ne comprend que le langage de la force, d'autant plus que ce gouvernement, qui propose des initiatives de négociation et de reddition, le fait sous le feu de l'ennemi qui continue à pratiquer la guerre de la terre brulée, et de détruire toute velléité de vie dans 65 villages libanais, exactement comme ça s'est produit à Gaza où Israël occupe 70% du territoire palestinien.

Le stratagème américain ne veut pas se contenter des négociations humiliantes dont le seul but est de désarmer la résistance, pire, il a exigé des autorités libanaises d'envoyer à Washington, une commission des officiers libanais ouverts au principe des négociations avec Israël, pour rencontrer une commission militaire israélienne en vue de mettre en oeuvre un plan commun de désarmement de la résistance. Les Etats Unis ont annoncé que c'est leur condition pour accepter de reconstruire l'armée libanaise sur de nouvelles bases, allant selon la déclaration de Trump à octroyer 11 milliards de $ pour cette mission.

Un tel plan en fait, mène le pays vers "une guerre civile" et vers une "dislocation de l'Armée" comme ce fut le cas pendant la guerre civile entre 75 et 93. La base de l'armée libanaise étant composée à majorité des paysans et prolétaires pauvres qui viennent du Sud Liban et de la Bekaa, exactement la même région de recrutement de la résistance.

Les combattants du Hezbollah seraient-ils aujourd'hui les Communards contre Versailles ?

Le gouvernement libanais apparait aujourd'hui, comme celui d'Adolphe Tiers dans la France de 1870-1871, il continue de négocier avec l'occupant non pas pour défendre la souveraineté du pays ou des intérêts de son peuple mais pour comploter contre la résistance voir la liquider par les armes. La frappe iranienne contre Israël le 7 juin 2026 pour sommer l'ennemi sioniste à ne plus bombarder la Banlieue Sud, a mis le gouvernement (accusé de trahison, par le Hezbollah et "Le Front national de soutien à la résistance") à découvert. Le président Aoun a accusé l'Iran de s'ingérer dans les affaires libanaises alors qu'il se tait lâchement devant l'invasion israélienne qui continue d'avancer vers des grandes villes de Tyr et Nabatieh.

Barricade des Communards à la Butte Montmartre 1871 (AFP)

A la question si les combattants du Hezbollah seraient-ils les nouveaux Communards ? La réponse est oui. La comparaison tient du point de vue patriotique...

Marx considérait la guerre déclenchée par la bourgeoisie sur la Commune, des 2 côtés de la frontière, comme "la plus terrible guerre des temps modernes, le vaincu et le vainqueur fraternisent pour massacrer ensemble les Communards." Et Marx expliquait comment les Prussiens encerclaient Paris et négociaient avec les Versaillais en ayant céder après la défaite, l'Alsace et une partie de la Lorraine...

Dans "la guerre civile en France", Marx explique que jamais les Communards n'ont cédé au patriotisme d'antan de la République, de la Révolution française attaquée par tous les despotismes européens : le mot d'ordre fut : "Valmy, la patrie en danger".

De son coté, Lénine revient là-dessus dans "l'Etat et la Révolution " et explique que "Le défaitisme de la bourgeoise c'est justement la continuation de la lutte des classes !"

La patrie des Communards qui se veut universelle et ensuite dotée de l'espoir de reconfigurer le territoire de France en fonction des conquêtes des communes fédérées, n'a pas abouti, elle fut noyée dans le sang dans plusieurs villes.

Mais la comparaison entre Communards et combattants libanais, ne peut s'appliquer du point de vue du programme républicain social de la commune : Laïcité avec séparation de l'église et de l'état, fin de travail de nuit surtout pour les enfants, et Libertés dans tous les domaines...

S'il est vrai que le Hezbollah a construit "un Etat dans l'Etat", et a mis sur place des institutions en matière bancaire en créant les fameux banques de troc "le bon prêt" basées sur un concept opposé à celui des institutions financières telles la Banque mondiale et la FMI... Et s'il est vrai qu'il a créé la grande institution alternative "Jihad el-Bina'" pour protéger les paysans contre le volet agraire de l'OMC, et pour encourager les petit projets d'auto-suffisance alimentaire, la protection du grain et la production de l'Energie solaire, mais ses projets n'ont pas pu avoir un impact universel, ni s'imposer à l'échelle du pays. Néanmoins les premières frappes aériennes israéliennes ont ciblé tous les bureaux du "bon prêt", qui ont été démolis complétement, ainsi que les chantiers écologiques.

L'impact de la guerre américano-israélienne contre l'Iran sur le Liban

La guerre criminelle impérialiste contre l'Iran, n'est pas un duel mais une guerre occidentale contre l'Iran et l'Axe de la Résistance.

Cette guerre s'est soldée par un fiasco et n'a pas pu réaliser ses objectifs, à savoir :

La chute du régime de la république islamique, qui ne s'est pas affaibli mais s'est plutôt renforcé. La preuve est que c'est Trump qui a demandé des négociations et non l'Iran.

Les USA et leur larbin sioniste, n'ont pas réussi à susciter une guerre civile dans ce pays multi-ethnique ; Les Persans ne représentant que 40% de la population, Kurdes et Azéris n'ont pas voulu se révolter contre l'Etat central. Pour contrer les besognes de l'ennemi, depuis la guerre, l'Iran a adopté la démocratie de la rue : développer le dialogue et favoriser les débats entre les sphères de l'Etat et les opposants. Les discours du président Masoud Pezeshkian notamment, ont donné des directives claires là-dessus.

Les agresseurs n'ont pas pu briser l'Axe de la résistance qui était fonctionnel au Liban et en Irak. Ils n'ont pas pu éliminer le programme nucléaire. Donc l'Iran s'est renforcé et a rajouté un nouveau potentiel, celui d'imposer son contrôle sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a subi des pertes certes, mais Israël aussi. Malgré qu'Israël possède une suprématie aérienne et des systèmes anti-missiles parmi les plus avancés au Monde, (Iron Dôme, David's Sling et Arrow 2/3), mais pour elle ce fut une guerre couteuse, chaque intervention coute plusieurs millions de $, alors que les missiles iraniens coutent une infime fraction de ces chiffres.

Quels sont les éléments qui ont contribué à cette victoire ?

(1) l'Iran a livré une bataille d'usure contre ses ennemis avec une maitrise de l'élément temps, refusant le gaspillage, et procédant par étapes.

(2) L'Iran qui a la dimension d'un continent, avec ses 90 millions d'habitants et sa superficie de 1, 6 millions de Km2, a été construit depuis au moins 5 décennies sous pression permanente des sanctions, (une aviation vieillissante, une inflation énorme, des tensions internes) ce qui l'a obligé à puiser dans ses ressources humaines et naturelles ; et donc à construire une économie d'autosuffisance dans plusieurs domaines : une souveraineté alimentaire, un développement scientifique, un rôle avantageux pour la femme (60 % des étudiants universitaires sont des femmes notamment dans les facultés des sciences) alors que l'occident auto-centriste, avec sa gauche atlantiste, veut leur donner des leçons en matière de mœurs)

La fermeté de l'Iran et l'échec du pari américano-israélien ont bouleversé l'équilibre des forces et les équations entre Résistants et Agresseurs. Le fait que l'Iran ait assignée des frappes ciblées sur des sites stratégiques militaires en Israël, qu'il a détruit toutes les bases américaines dans les pays du Golf, le fait de bloquer le détroit d'Ormuz et bloquer ainsi la fourniture du presqu'un tiers de l'Energie mondiale, ont obligé la suprématiste américaine à demander un cessez le feu et d'ouvrir de négociations.

Le "mémorandum d'accord" en 14 clauses qui vient d'être signé entre les USA et l'Iran place le Liban au cœur des exigences iraniennes. Il demande un cessez le feu et une programmation du retrait israélien des territoires occupés, y compris la zone jaune.". Alors que l'Iran insère le Liban dans son objectif de mettre fin à la guerre dans la région, Washington n'a pas la même interprétation de l'accord, elle veut garder comme toujours une clause permettant à Israël"la liberté de mouvement et le droit à l'autodéfense."

La grande faille entre les objectifs des deux parties, rendre possible une reprise de la guerre selon les responsables iraniens qui préfèrent garder un doigt sur la détente.

Conclusion

C'est la première fois dans l'Histoire qu'une force moyenne défie les USA. Aujourd'hui des pays comme le Pakistan, la Turquie, l'Arabie Saoudite et l'Egypte qui craignaient à leur tour d'être dans le collimateur américain, commencent à revoir leurs positions quant à la présence des bases militaires américaines dans leurs pays.

L'oligarchie de la finance croit que leurs innovations technologiques peuvent mettre fin à la résistance des peuples et enterrer leurs aspirations à l'indépendance et à la justice, mais c'est en vain.

Comme l'une des icônes de la théologie de la libération, le Père Ernesto Cardinal, a commenté l'assassinat de l'officier national Adolfo Paez et d'un groupe de ses camarades :

"Ils ont essayé de nous enterrer. Ils ne savaient pas que nous étions des graines".

Leila Ghanem est une militante et journaliste libanaise, née à Beyrouth en 1958, connue pour ses positions marxistes, antisionistes et anti-impérialistes. Elle vit à Beyrouth, a une formation en anthropologie. Elle est rédactrice en chef de la revue Bada'el et fondatrice de la maison d'édition"Les Temps Modernes".

Activisme et engagements

Elle a organisé à Beyrouth en 2009, un Forum international ayant pour thème la convergence de cause entre la résistance armée au Proche-Orient (Liban, Palestine, Irak, Yémen) et les luttes contre le capitalisme prédateur occidental, et les expériences socialistes en Amérique Latine Et ceux qui se battent partout contre le colonialisme et contre la dictature des marchés.

Elle a participé au Tribunal"Sabra et Chatila".

Elle a organisé un Tribunal de conscience pour juger les crimes de guerre israéliens, à Bruxelles.

Elle a participé à Bogota au Tribunal contre le dictateur Álvaro Uribe pour les"disparitions forcées"en Colombie, également au Tribunal populaire à La Haye pour juger les crimes de Monsanto en Irak et ailleurs. Au Tribunal contre les crimes des sanctions américaines

Publications : Marxisme et Islam ; L'expérience autogestionnaire au Liban pendant la guerre civile de 75 à 82 (Etude) ; Mécanisme de défense chez la communauté druze"(Liban) (Thèse de doctorat) ; La lutte anticoloniale au Proche Orient et le défi identitaire ; Femmes et néolibéralisme: l'esclavagisme moderne ; Irak : les lois Bremer aux services des multinationales;

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