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J.D. Vance en compagnie de Marco Rubio.
Marco Rubio refuse de donner à l'Iran un rôle majeur dans le dossier libanais, craignant une légitimation de son influence. J.D. Vance estime au contraire que l'implication de Téhéran peut favoriser une désescalade et contenir le Hezbollah. Cette opposition pourrait influencer l'avenir des négociations libano-israéliennes.
L'annonce d'une "cellule de déconfliction" chargée d'accompagner les discussions sur le front libanais a mis en lumière des divergences au sein même de l'administration américaine. Cette structure, qui associe notamment l'Iran aux États-Unis, au Qatar, au Pakistan et au Liban, cristallise les différences d'approche entre le secrétaire d'État Marco Rubio et le vice-président J.D. Vance sur le dossier libanais.
Si les deux responsables partagent l'objectif de stabiliser la région, leurs méthodes diffèrent sensiblement. Marco Rubio, partisan d'une ligne dure à l'égard de Téhéran, s'oppose à l'idée d'accorder à ce pays un rôle central dans les discussions liées au Liban. Selon lui, une telle participation risquerait de légitimer davantage l'influence régionale de la République islamique et de marginaliser les institutions libanaises au profit d'un dialogue indirect entre Washington et Téhéran.
Garder l'influence du Hezbollah au Liban ou pas
À l'inverse, J.D. Vance défend une approche plus pragmatique. Engagé dans les négociations américano-iraniennes menées en Suisse, il considère que l'implication de l'Iran peut favoriser une désescalade. Son calcul repose sur l'idée que Téhéran pourrait exercer une pression sur le Hezbollah afin de faciliter un règlement du conflit et de préserver la stabilité régionale.
Pour plusieurs observateurs, cette opposition reflète moins une rupture qu'une différence de priorités stratégiques. Tous deux souhaitent limiter l'influence du Hezbollah et maintenir le rôle des États-Unis au Moyen-Orient. Mais là où Vance privilégie un accommodement avec l'Iran pour obtenir des résultats rapides, Rubio mise sur un renforcement de la souveraineté libanaise à travers des arrangements directs entre Beyrouth et ses interlocuteurs régionaux.
Cette divergence se répercute également sur les négociations libano-israéliennes en cours à Washington. Alors que Rubio serait favorable à un retrait israélien progressif du territoire libanais, l'approche soutenue par Vance s'inscrit davantage dans une logique de compromis régional incluant l'Iran. Le choix de Donald Trump de privilégier la poursuite de l'accord avec Téhéran semble toutefois renforcer la position du vice-président.
Au-delà du débat personnel entre les deux hommes, c'est la future architecture sécuritaire du Liban qui se joue : une stabilité obtenue par l'intégration de l'Iran au processus régional ou par la réduction progressive de son influence.