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La seconde sous-gouverneure de la Banque de France, Agnès Bénassy-Quéré, a mis en garde le 24 juin contre des signaux financiers rappelant la période précédant la crise de 2008, notamment la montée du crédit privé opaque et titrisé.
La Banque de France observe avec vigilance la croissance du crédit privé, accordé à des entreprises par des prêteurs non bancaires.
📈 Découvrez le rapport de la Banque de France sur la stabilité financière.Dans le cadre de son mandat de stabilité financière, la Banque de France est en charge de l'évaluation des risques et des vulnérabilités présents dans le système financier français.
L'analyse de ces... pic.twitter.com/0fSmAA8jbU
- Banque de France (@banquedefrance) June 24, 2026
Dans son rapport sur la stabilité financière présenté le 24 juin, l'institution centrale française y voit des "ingrédients" similaires à ceux qui ont précédé l'effondrement des subprimes dans un contexte déjà maussade après avoir revu à la baisse la croissance pour 2026.
Des parallèles troublants avec 2008
"On voit réapparaître des ingrédients qui nous font penser à la crise passée", a déclaré Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France. Les montants en jeu sont comparables : environ 1 500 milliards de dollars pour les subprimes en 2006, du même ordre de grandeur aujourd'hui pour le crédit privé.
La taille relative reste toutefois plus faible, l'économie ayant fortement progressé en 20 ans. Le crédit privé présente cependant une valorisation "assez opaque" et des difficultés à identifier précisément "qui détient quoi".
La titrisation, déjà au cœur de la crise de 2008, consiste à regrouper des crédits pour les transformer en actifs vendus en "tranches" sur les marchés. Ces produits structurés dispersent le risque de défaut, le rendant difficile à mesurer dans les bilans. "Comme ce n'est pas un marché organisé, on peut avoir le même phénomène de défiance qu'on a connu en 2008", a prévenu l'économiste.
Les institutions exposées "ne sont pas très endettées", contrairement aux emprunteurs immobiliers américains de l'époque, ce qui limite a priori les risques pour les acteurs français : environ 1 % pour les assureurs, moins pour les banques, selon l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.
Sur X, un compte spécialisé interpelle : "Les régulateurs ont poussé les banques à réduire leurs risques. Les fonds d'investissement ont comblé le vide - avec beaucoup moins de contrôle".
🏦 Le risque que personne ne regarde : Le crédit privéLe crédit privé, c'est la dette d'entreprise qui ne passe pas par les marchés cotés. Des fonds prêtent directement aux sociétés, sans passer par les banques.
Ce marché a explosé :
💰 400 Mds$ en 2010 → 1 800 Mds$...- Alexandre |Investissements Faciles (@InvestFaciles) June 24, 2026
Le marché du crédit privé, en essor depuis une dizaine d'années, traverse depuis fin 2025 une période de défiance, particulièrement aux États-Unis. Les investisseurs s'inquiètent d'une possible hausse des défauts, notamment dans les entreprises de logiciels et d'IA. "L'exposition croissante du crédit privé au secteur de l'IA rend par ailleurs cette classe d'actifs vulnérable à une révision à la baisse des anticipations de revenus de ce secteur", note le rapport.
La Banque de France attire aussi l'attention sur la concentration des marchés actions américains sur quelques valeurs technologiques, vulnérables à un retournement brutal, et sur le rôle croissant des fonds alternatifs (hedge funds) dans la détention de la dette souveraine française un mois après que le président de la Banque de France François Villeroy de Galhau a tiré la sonnette d'alarme sur les finances publiques du pays.
Des voix extérieures, comme celle de l'investisseur Lee Robinson qui avait gagné 900 % en 2008, confirment ces craintes en pariant contre certaines assurances exposées. Ces signaux invitent à une vigilance accrue sans pour autant prédire une crise généralisée et immédiate.