Le président américain Donald Trump a renouvelé discrètement un décret plaçant l'intégralité des revenus pétroliers irakiens sous contrôle américain, via un compte de la Réserve fédérale de New York.
Le décret présidentiel 13303 avait été initialement signé à la suite de l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003 et est renouvelé chaque année depuis, au nom de la "sécurité nationale".
Aucun communiqué de presse de la Maison Blanche n'a été publié à ce sujet, mais Trump a adressé une communication officielle au Congrès concernant le renouvellement du décret le 4 mai 2026.
"Les obstacles à la reconstruction ordonnée de l'Irak, au rétablissement et au maintien de la paix et de la sécurité dans le pays, ainsi qu'au développement des institutions politiques, administratives et économiques en Irak continuent de constituer une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis", indique la communication officielle de Trump.
C'est "pour cette raison" que le décret doit rester en vigueur au-delà du 22 mai 2026, précise le document.
Les exportations de pétrole irakiennes ont augmenté ces derniers mois, le pays ayant exporté environ 600 000 tonnes de fioul via la Syrie au cours des deux derniers mois.
Dans un article publié en septembre 2024 dans The Cradle, l'analyste suédo-irakien Hussein Askary qualifiait le contrôle exercé par les États-Unis sur "chaque centime" des revenus pétroliers irakiens d'"asservissement financier et économique, qui sape la souveraineté irakienne et prive le pays de son propre trésor national".
Depuis lors, l'Iran est resté un fournisseur d'énergie majeur pour l'Irak. Cependant, les sanctions américaines et le contrôle des finances irakiennes ont rendu difficile pour Bagdad le règlement de sa lourde dette énergétique envers Téhéran, qui s'élève à environ 12 milliards de dollars. Les deux parties poursuivent des négociations à ce sujet.
Ces derniers mois, Washington a également accentué la pression sur l'Irak pour qu'il démantèle les groupes de résistance.
La coalition antiterroriste Résistance islamique en Irak, qui regroupe plusieurs groupes de résistance tels que Kataëb Hezbollah et Saraya Awliya al-Dam, a mené de nombreuses opérations de représailles contre des bases américaines lors de la récente agression américano-israélienne contre l'Iran.
