27/06/2026 ssofidelis.substack.com  6min #318324

Opération Barbarossa : 85 ans plus tard, les ennemis de la Russie rempilent

Par  Strategic Culture Foundation, éditorial du 26 juin 2026

L'impérialisme occidental, avec ses armes otaniennes, ses mandataires et ses médias, remet le couvert.

Cette semaine a marqué le 85e anniversaire de l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie, le plus grand crime d'agression de l'histoire de l'humanité. C'est également cette semaine que, dans le cadre d'un exercice militaire cyniquement baptisé "Opération Bouclier de la liberté", des panzers allemands arborant leur emblématique Croix de fer ont roulé vers la frontière russe aux côtés d'autres partenaires de l'OTAN."

Il est véritablement choquant d'assister à la répétition d'un événement historique d'une telle ampleur criminelle avec autant de culot et, semble-t-il, dans l'indifférence générale.

Le 22 juin 1941, l'Allemagne nazie a lancé la plus grande invasion militaire jamais enregistrée dans l'histoire. L'opération "Barbarossa" a mobilisé trois millions de soldats allemands ainsi que des unités provenant de pays alliés. La "Blitzkrieg" a lancé le plus grand théâtre d'opérations de la Seconde Guerre mondiale, connu en Russie sous le nom de "Grande Guerre patriotique". Au moins 27 millions de citoyens de l'Union soviétique ont été tués, dont la plupart étaient des civils. Des images granuleuses de l'époque montrent des rangées interminables de corps abattus puis entassés dans des fosses communes. Lors d'une des atrocités les plus tragiquement célèbres, plus de 33 000 civils ont été exécutés en seulement deux jours en septembre 1941, dans un ravin de Babi Yar près de Kiev.

Quatre ans plus tard, l'Armée rouge soviétique a repoussé la Wehrmacht nazie jusqu'à sa défaite finale à Berlin.

Les familles russes ont toutes été traumatisées par ces horreurs et ces souffrances inhumaines. Le souvenir de cette terrible épreuve reste gravé dans la mémoire collective de la nation. L'invasion nazie a été conçue comme une guerre d'extermination, sans la moindre pitié pour les hommes, les femmes et les enfants. La "Solution finale" (remise au goût du jour sous d'autres latitudes) impliquait l'extermination systématique des Slaves, des Juifs, des communistes, des Roms et de toutes les autres personnes considérées comme des "Untermenschen" (ou autres "Amaleks") par l'idéologie raciale nazie.

La Wehrmacht allemande et les escadrons de la mort des Einsatzgruppen [unités d'intervention] étaient secondés par des auxiliaires fascistes en Lituanie, Lettonie, Estonie et en Ukraine.

Quatre-vingt-cinq ans plus tard jour pour jour, le 22 juin 2026, les manœuvres de l'OTAN menées par l'armée allemande ont débuté en Lituanie. Le lieu même où se déroulent cette semaine les manœuvres militaires de l'OTAN, Probradė, à environ 15 kilomètres de la frontière biélorusse, a été le théâtre de massacres perpétrés par les nazis et leurs supplétifs.

Le souvenir de l'opération Barbarossa ressurgit clairement et brutalement. Le ministre allemand de la Défense [sic], Boris Pistorius, a officiellement inauguré les manœuvres militaires de l'OTAN cette semaine. Les médias occidentaux n'ont manifesté aucune honte ni émis le moindre commentaire critique ou embarrassé.

Le choix de cette date ne peut en aucun cas être qualifié de fortuit. C'est une provocation délibérée. Le militarisme allemand est de nouveau à l'œuvre et cible ouvertement la Russie. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vouloir faire de l'Allemagne la plus grande puissance militaire d'Europe. Les commandants de l'OTAN parlent sans réserve de frapper le territoire russe avec des missiles longue portée et des drones.

Comme lors de la Seconde Guerre mondiale, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie de Kallas et l'Ukraine servent de mandataires pour l'agression contre la Russie.

Ces dernières années, ces pays ont ressuscité des tendances fascistes en vénérant les collaborateurs militaires de l'Allemagne nazie. Des monuments dédiés aux brigades de la Waffen-SS ont été inaugurés en Lituanie, en Lettonie, en Estonie et en Ukraine. Le mois dernier encore, un chef nazi ukrainien notoire de la Seconde Guerre mondiale, Andrey Melnyk, a eu droit à une réinhumation officielle à Kiev avec tous les honneurs de l'État, en présence du président fantoche Volodymyr Zelensky. Ce geste a suscité une vive polémique avec la Pologne, car Melnyk et ses paramilitaires ukrainiens ont été responsables du meurtre de plus de 100 000 Polonais. Notons que les capitales européennes et l'OTAN tentent d'étouffer la controverse, car elle met à nu la véritable nature hideuse du régime de Kiev. Et si ce régime est montré du doigt, que dire de l'OTAN et de l'UE ? Ces révélations démoliraient leurs arguments selon lesquels elles "défendent la démocratie ukrainienne" face à la Russie et soutiennent l'Ukraine, prétendu rempart du reste de l'Europe.

La glorification des collaborateurs ukrainiens n'est ni un hasard ni un phénomène marginal. On observe une tendance plus large dans toute l'Europe chez la classe politique à réécrire l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et à blanchir l'agression monstrueuse contre l'Union soviétique. Cette tendance s'explique par la résurgence contemporaine de la russophobie qui sous-tend la politique de l'UE et de l'OTAN. Les dirigeants américains et européens, réunis sous le nom d'"Occident collectif", sont animés par l'objectif stratégique de vaincre la Russie pour exploiter ses vastes ressources naturelles. C'est ce même objectif qui animait l'Allemagne nazie et ses complices européens.

Comme en 1941, la propagande de l'OTAN détourne aujourd'hui les faits en accusant la Russie de représenter une menace imminente contre laquelle nous devrions nous défendre. L'Europe toute entière est en train d'être mobilisée et militarisée, avec des avertissements récurrents quant aux préparatifs d'une guerre contre la Russie. Les tambours de guerre résonnent avec beaucoup d'ardeur. Les sociétés européennes sont détruites par un militarisme implacable, une économie-gaspillage et une hostilité obsessionnelle envers la Russie.

L'OTAN, créée en 1949, poursuit là où l'Allemagne nazie a échoué. Les mêmes clichés propagandistes sont invoqués pour dépeindre les Russes comme autant de barbares à vaincre au nom de la paix et de la sécurité.

Des missiles et des drones américains, britanniques, allemands, français et d'autres pays de l'OTAN frappent au cœur même de la Russie, tuant des civils et détruisant des infrastructures vitales. Comme lors de l'opération Barbarossa, l'ennemi vise Moscou.

Il est sidérant que, de mémoire d'homme, les crimes horribles de l'Allemagne nazie se répètent contre le peuple russe.

Et il est tout aussi sidérant de noter à quel point cette répétition de l'histoire est ouvertement orchestrée.

Comment un tel scandale a-t-il pu se produire ? Les médias occidentaux, contrôlés par les grandes entreprises, jouent un rôle déterminant dans la promotion de cette propagande.

La guerre contre la Russie est présentée comme une guerre pour la paix. L'agression est présentée comme étant défensive. Ces mêmes médias maquillent la réhabilitation des nazis en Ukraine et dans les pays baltes.

Alors que des chars et des pièces d'artillerie allemands arborant la Croix de fer roulent vers la frontière russe, l'opinion publique occidentale ferait bien de sérieusement s'inquiéter de ce qui se trame. Mais, malheureusement, trop peu sont conscients du danger, car le circuit de la propagande - soit les médias - nous inonde systématiquement de mensonges. Les dirigeants européens et américains nous entraînent vers une nouvelle guerre mondiale qui fera des millions de morts, telle est la vérité.

Les ambitions de conquête de la Russie par l'Allemagne nazie sont issues d'objectifs impérialistes, d'une idéologie suprémaciste et de propagande. L'impérialisme occidental, avec les armes otaniennes, ses mandataires et ses médias, remet le couvert.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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