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Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, lors de son discours à la nation à l'occasion du 66ᵉ anniversaire de l'indépendance
Dans son discours à la nation, le président congolais est revenu sur les grands dossiers du moment, de la réforme constitutionnelle à la situation sécuritaire dans l'est du pays, en passant par l'économie, les minerais et la riposte sanitaire. Il a également exposé les ambitions de la RDC pour les prochaines décennies.
La République démocratique du Congo (RDC) fête, ce 30 juin, le 66ᵉ anniversaire de son indépendance. À cette occasion, le président Félix Tshisekedi a adressé, le 29 juin, un message d'une vingtaine de minutes à la nation, dans lequel il est revenu sur les grands dossiers du moment, exposant les enjeux actuels et les projections pour l'avenir. Le chef de l'État a abordé plusieurs questions d'intérêt national et présenté sa vision d'une souveraineté bâtie sur quatre piliers majeurs : la sécurité, l'économie, le numérique et la diplomatie. Selon lui, cette approche doit renforcer l'autonomie du pays face aux défis géopolitiques, technologiques et économiques du XXIᵉ siècle.
Réforme constitutionnelle : un débat sans précipitation
La scène politique congolaise est animée par un vif débat sur la question de la réforme constitutionnelle. Soulignant la légitimité des débats, des désaccords, voire l'utilité de la contradiction, Félix Tshisekedi a rappelé la nécessité de respecter la République, ses institutions, ses lois et l'intérêt supérieur de la nation. Il a cependant mis en garde contre la précipitation, la manipulation et la désinformation, susceptibles de pervertir le débat.
Le chef de l'État s'est également montré ferme face au recours à la violence pour faire avancer certaines revendications. "La violence et la désinformation ne peuvent constituer un mode d'expression politique ni ouvrir un droit à la négociation", a-t-il souligné, appelant la classe politique, majorité comme opposition, à faire preuve de retenue et de responsabilité afin que les débats autour de cette question, qui engage l'avenir du pays, "se tiennent dans le respect de la Constitution, de l'État de droit, des institutions et de la souveraineté populaire".
Transformer en profondeur l'exploitation minière
La transformation du modèle d'exploitation des ressources naturelles congolaises a été mise en avant par le président de la RDC, qui a appelé à mettre fin à l'exportation des minerais bruts. "L'époque de l'exportation des minerais à l'état brut est révolue", a déclaré Félix Tshisekedi, insistant sur la nécessité de transformer localement les minerais stratégiques tels que le cobalt, le cuivre, le coltan et le lithium, afin de créer des emplois et d'augmenter les revenus du pays.
Pour le chef de l'État congolais, le renforcement du partenariat avec les États-Unis en la matière doit nécessairement passer par des investissements en faveur de l'industrialisation locale, faisant de la RDC un "pays solution" capable de jouer un rôle stratégique dans la transition énergétique mondiale.
Est de la RDC : "La validité de ces accords dépendra de résultats concrets, vérifiables et irréversibles"
Concernant la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, Félix Tshisekedi a déclaré que les accords de Washington, de Doha et de Montreux ne pourraient être jugés qu'à l'aune de leurs résultats concrets sur le terrain. "La validité de ces accords dépendra de résultats concrets, vérifiables et irréversibles", a-t-il martelé, réitérant l'exigence d'un retrait des forces étrangères et de la cessation de tout soutien aux groupes rebelles. "La paix ne peut être un compromis sur notre souveraineté ou sur notre intégrité territoriale", a affirmé le chef de l'État congolais.
Félix Tshisekedi a également rappelé "les conséquences douloureuses de l'agression, de l'activisme des groupes armés, des terroristes, des violences contre les civils, des déplacements forcés, des pillages, des prédations économiques et des violations répétées du droit international" subies par les Congolais dans l'est du pays. Face à l'insécurité, aux souffrances, à la peur et à l'absence de perspectives, le président a tenu à rassurer la population en déclarant : "Vous n'êtes pas oubliés."
319 millions de dollars pour la riposte contre Ebola
Face à l'épidémie d'Ebola qui sévit dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia, dans la province de l'Ituri, Félix Tshisekedi a fait état de "capacités renforcées pour prévenir, détecter, isoler, prendre en charge et protéger nos populations". Il a indiqué, dans ce contexte, qu'un plan global de riposte budgétisé à 319 millions de dollars avait été élaboré. Saluant le "courage et le professionnalisme" de toutes les personnes engagées dans la lutte contre l'épidémie, le chef de l'État a rappelé qu'"Ebola n'est ni une rumeur ni une honte. C'est une urgence sanitaire qui exige responsabilité, solidarité et vérité".
Une vision pour les prochaines décennies
En conclusion de son allocution, le président congolais a présenté sa vision pour les prochaines décennies, fondée sur l'éducation, la santé, la création d'emplois, les infrastructures et le développement humain, soulignant également le rôle de la diaspora congolaise dans la concrétisation des ambitions du pays. Il a appelé les Congolais à être "unis dans la vérité, fermes dans la souveraineté, responsables dans l'action, solidaires dans l'effort et confiants dans l'avenir".