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Équipe médicale munie de protections contre le virus Ebola à Bunia, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). [Photo d'illustration]
L'épidémie d'Ebola continue de progresser dans l'est de la RDC, avec 1 307 cas confirmés et 377 décès recensés. Les autorités sanitaires misent toutefois sur l'amélioration du suivi des contacts, tandis que l'Africa CDC réclame 18 millions de dollars pour financer des essais de traitements expérimentaux.
Dans son dernier bilan sur la progression de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, l'Institut national de santé publique (INSP) a indiqué, le 28 juin, un total de 1 307 cas confirmés d'Ebola, dont 377 décès, portant le taux de létalité de la souche Bundibugyo à 28,8 %. La même source indique que 615 personnes demeurent à l'isolement ou hospitalisées, tandis que 180 patients sont considérés comme guéris.
Du côté de l'Ouganda, le ministère de la Santé a confirmé 20 cas d'infection, trois hospitalisations et deux décès, avec un taux de létalité stable et 15 guérisons.
Le suivi des contacts en progrès
Malgré un bilan plus lourd et une courbe épidémique qui continue de grimper, les autorités sanitaires congolaises demeurent optimistes grâce à un taux de suivi des contacts atteignant 81,3 %. L'amélioration de cet indicateur est déterminante pour casser les chaînes de transmission. Si ce taux est encourageant pour les autorités, il demeure toutefois inférieur au seuil cible nécessaire pour interrompre durablement la circulation du virus.
"Le renforcement du suivi des contacts constitue une avancée importante dans la riposte. Cependant, la circulation du virus demeure active et exige le maintien de la vigilance ainsi que l'adhésion des communautés aux mesures de prévention", indique le communiqué de l'INSP, cité par la presse congolaise ce 30 juin.
Des patients introuvables
Selon le directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), 297 patients testés positifs à Ebola ne figurent ni parmi les personnes guéries, ni parmi celles hospitalisées, ni parmi les décès recensés. Pour les autorités sanitaires congolaises, la situation est "extrêmement préoccupante", dans la mesure où ces patients introuvables pourraient favoriser une transmission communautaire massive.
Dans le Nord-Kivu, un patient atteint d'Ebola, présenté comme un agent de la police congolaise, s'est échappé d'un centre de traitement à Beni, le 29 juin. La cellule de communication de la zone de santé de Beni a fait savoir que le patient était sur le point de sortir après un premier test de contrôle négatif. Il s'est toutefois enfui avant la publication des résultats du second test.
Pour l'heure, les autorités ignorent l'état de santé et la destination du patient, malgré les recherches engagées. Un appel à la vigilance a été lancé à la population afin d'alerter les services compétents en cas de réapparition du malade, les autorités mettant en garde contre des risques de rechute ou de transmission au sein de la communauté.
18 millions de dollars pour les essais thérapeutiques
Un appel urgent a été lancé, ce 30 juin, par l'Africa CDC pour obtenir 18 millions de dollars destinés à soutenir les essais de nouveaux traitements expérimentaux contre la souche Bundibugyo en RDC. L'organisation a mis en garde contre tout retard dans la mobilisation de cette somme, qui pourrait compromettre les efforts de lutte contre la propagation du virus.
Deux approches thérapeutiques doivent être testées à Bunia, dans la province de l'Ituri. Selon l'Africa CDC, l'obeldesivir, traitement oral développé par Gilead Sciences, doit être évalué en prévention chez les personnes exposées au virus. Le remdésivir ainsi qu'un traitement par anticorps développé par Mapp Biopharmaceuticals doivent, eux, être testés pour réduire la mortalité chez les patients infectés.
L'organisation africaine indique disposer de financements largement sécurisés pour les études sur les vaccins, mais regrette que les essais thérapeutiques demeurent, à ce stade, sous-financés.