01/07/2026 reseauinternational.net  2min #318777

 Prédictions pour une France en cendres : 1 - « Que reste-t-il de nos amours ? » — Allégorie d'un divorce national

Prédictions pour une France en cendres : 2 - « Le bonheur fané, les cheveux au vent » - La défonce des élites, ou la fin de l'exemplarité

par Isaac Bickerstaff

Il fut un temps, peut-être mythique, où le gouvernant se devait d'être un exemple. Non par sainteté personnelle, mais parce que la fonction l'exigeait. La majesté de l'État rejaillissait sur celui qui l'incarnait, et celui-ci devait, en retour, se montrer digne de cette majesté. C'était le sens profond de la vertu républicaine : une ascèse au service de la chose publique.

En 2026, cette idée semble appartenir à l'archéologie. Les scandales de consommation de cocaïne dans les palais de la République ne sont pas de simples faits divers. Ils sont le symptôme le plus cru de la "gamification" du pouvoir décrite dans ces colonnes. Le nihilisme n'est pas seulement une philosophie abstraite ; il a une chimie. Il se sniffe dans les toilettes de l'Assemblée nationale.

"Le bonheur fané, les cheveux au vent", chante Trenet. L'image est belle : une jeunesse insouciante, une ivresse légère, une liberté joyeuse. Mais quand ce sont les cheveux gris ou savamment dégarnis de nos dirigeants qui se penchent sur une ligne de poudre, l'image devient obscène. Ce n'est plus l'insouciance, c'est la fuite. Ce n'est plus la liberté, c'est la servitude à une substance. Ce n'est plus le bonheur, c'est la parodie chimique d'une joie devenue impossible.

Pourquoi un élu se drogue-t-il ? La réponse n'est pas médicale, elle est politique. Il se drogue parce que la réalité qu'il est censé gouverner est devenue trop laide à regarder en face. Il se drogue parce que le décalage entre ses discours publics, pétris de grands principes, et la vacuité de son action réelle est devenu insoutenable. La cocaïne est le shortcut d'une conscience qui ne supporte plus sa propre hypocrisie. Elle offre, pour quelques heures, l'illusion de la puissance et de la clarté, avant le retour brutal de la poussière et du néant.

Cette défense des élites est le stade terminal de l'inversion des valeurs. Le chef n'est plus un serviteur, il est un consommateur. Il ne protège pas, il se défonce. Il n'incarne pas l'avenir, il fuit le présent. La confiance, ce lien invisible et vital qui unit un peuple à ses représentants, ne se décrète pas. Elle se mérite. Et chaque rail de coke sniffé dans l'indifférence du pouvoir est une pelletée de terre jetée sur le cercueil de cette confiance.

 1 - "Que reste-t-il de nos amours ?" - Allégorie d'un divorce national

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