01/07/2026 francais.rt.com  3min #318795

Rdc : l'Onu pointe la responsabilité majeure de l'Afc/m23 dans les violations des droits humains

© Jerome Starkey Source: Gettyimages.ru

Combattants du groupe rebelle de l'AFC/M23 dans l'est de la RDC. [Photo d'illustration]

Un rapport de l'ONU met en cause les rebelles de l'AFC/M23, soutenus par le Rwanda, dans la majeure partie des violations des droits humains recensées dans l'est de la RDC. Le document évalue également leurs effectifs à environ 30 000 combattants, alors que la crise humanitaire et sécuritaire persiste malgré les initiatives diplomatiques.

Un  rapport de 236 pages daté du 5 juin 2026, adressé à la présidente du Conseil de sécurité par le Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo et publié le 11 juin, alerte sur une situation humanitaire et sécuritaire critique dans l'est du pays. Le document met en avant la persistance des violences armées, l'aggravation de la crise socioéconomique et les violations du droit international humanitaire commises par les différents acteurs du conflit.

Selon les experts onusiens, si tous les acteurs armés sont mis en cause, l'Alliance Fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars (AFC/M23) se sont rendus responsables de la majeure partie des violations des droits humains et du droit international humanitaire recensées dans la région.

Le rapport estime les forces de l'AFC/M23 à environ 30 000 combattants, qui consolident l'emprise du groupe sur de vastes zones de l'est de la RDC. Il cite également des estimations, qualifiées de "prudentes", concernant les effectifs de la Force de défense rwandaise (RDF), incluant des éléments des forces spéciales. Ceux-ci seraient compris entre 8 000 et 10 000 éléments dans le Sud-Kivu, et entre 6 000 et 8 000 dans le Nord-Kivu. Les experts indiquent qu'aucun retrait notable des forces rwandaises n'a été signalé par la suite.

Le document affirme également que le Rwanda a "acheminé du matériel militaire lourd et de pointe vers les lignes de front de la plaine de Ruzizi", notamment des systèmes de brouillage, des lance-roquettes multiples BM-21, des mortiers de 120 mm guidés par GPS, ainsi que des drones kamikazes et des drones à pilotage immersif, "dans l'objectif de remporter une victoire rapide".

Les groupes armés au cœur des violations recensées

D'après les données compilées par le rapport, l'ONU a vérifié 6 185 violations et exactions en RDC entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 décembre 2025. Parmi elles, 71 % sont imputables à des groupes armés non étatiques et 28 % à des acteurs étatiques. Entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 mars 2026, 1 462 violations et exactions ont été vérifiées, dont 68 % attribuées à des groupes armés non étatiques et 31 % à des acteurs étatiques.

Le rapport énumère également la nature des violations constatées : exécutions extrajudiciaires ou sommaires, atteintes au droit à la vie, actes de torture, traitements cruels, inhumains ou dégradants, enlèvements et violences sexuelles.

La publication du rapport intervient alors que la situation humanitaire et sécuritaire continue de se détériorer dans l'est de la RDC. Cette dégradation se poursuit malgré l'accord de Washington signé le 27 juin 2025 entre les gouvernements congolais et rwandais, ainsi que le processus de Doha, qui a ouvert plusieurs cycles de discussions entre Kinshasa et les rebelles de l'AFC/M23 depuis avril 2025. À ce jour, ces initiatives n'ont pas permis de combler les divergences entre les deux parties. Les négociations de Montreux ont, elles aussi, donné lieu à des engagements qui n'ont pas été pleinement respectés par les belligérants.

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