
par Carl Osgood
La gazaïfisation du Sud-Liban.
La "gazaïfication" - c'est-à-dire la destruction totale - du Sud-Liban a toujours fait partie du plan israélien. Lundi, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, l'a lui-même admis devant la presse. Lors d'un point de presse avec des correspondants militaires, il a déclaré : "Il était clair, durant l'opération Charrue d'argent, que les villages chiites situés le long de la ligne de contact devaient disparaître", rapporte Middle East Eye. Il a laissé entendre que l'armée israélienne visait la destruction totale des villes frontalières le long de la "Ligne jaune", la zone tampon au sud du fleuve Litani.
"Nous sommes actuellement dans une situation où la destruction est quasi totale dans les villages situés le long de la ligne de contact, dans les secteurs ouest et centre. Dans le secteur est, 73% des villages sont détruits", a-t-il déclaré, comme si c'était un exploit. "S'emparer d'un territoire et démanteler toutes les infrastructures qu'il contient représente le coup le plus dur qui soit pour les organisations djihadistes", a affirmé Katz.
Environ un million de Libanais, majoritairement chiites, ont été chassés de leurs foyers. Katz a déclaré qu'aucun d'entre eux ne retournerait dans la zone de la Ligne jaune, qui "doit rester inhabitée".
Ainsi, la sécurité israélienne serait assurée en incendiant les maisons des voisins et en s'emparant des terres sur lesquelles elles reposent afin qu'ils ne puissent jamais revenir. Si un autre pays tentait une telle chose, le tollé serait général.
MEE note qu'Israël a lancé l'"Opération Charrue d'Argent" en avril, affirmant que son objectif était de déloger les troupes du Hezbollah des villages libanais situés le long de la frontière. Depuis, l'opération a ciblé des zones résidentielles et des bâtiments, les forces israéliennes ordonnant des démolitions à l'aide d'engins lourds et menant des frappes aériennes continues sur la zone.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'est rendu hier dans la zone occupée, accompagné de Katz et du chef d'état-major adjoint de Tsahal, le général de division Tamir Yadai. Il a réitéré les propos tenus par Katz lundi : "Tant que le Hezbollah, armé, sera ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il déclaré, selon le journal The National.
Le journal The National cite des versions divulguées de l'annexe de sécurité additionnelle à l'accord-cadre, indiquant que des soldats des Forces armées libanaises "hautement qualifiés" seront déployés dans les zones nettoyées. On ignore si cette description implique une procédure de sélection ou une formation supplémentaire, mais il semblerait qu'elle fasse référence au régiment d'élite des Rangers libanais. L'accord confie à l'armée libanaise la responsabilité de déloger le Hezbollah de certaines zones, une tâche extrêmement délicate au Liban, où les tensions internes sont vives. Affronter le Hezbollah pourrait mener à une guerre civile, préviennent de nombreux observateurs, comme le souligne The National.
source : Publication EIR-A LaRouche via China Beyond the Wall