
© Farah Abdi Warsameh Source: AP
Défilé militaire lors des célébrations marquant le 66e anniversaire de l'indépendance e la Somalie à Mogadiscio, le 1er juillet 2026.
Les États-Unis ont annoncé qu'ils s'opposeront au maintien du soutien logistique de l'ONU à la mission de l'Union africaine en Somalie à partir de l'an prochain. Une décision qui pourrait compromettre la survie de cette opération clé dans la lutte contre les groupes armés, selon plusieurs sources diplomatiques.
La mission de maintien de la paix de l'Union africaine en Somalie est menacée après la décision des États-Unis de bloquer le renouvellement du soutien logistique de l'Organisation des Nations unies (ONU), une mesure susceptible de fragiliser davantage la stabilité sécuritaire du pays.
Selon deux documents diplomatiques cités par Reuters, Washington a informé ses partenaires qu'il ne soutiendra plus le bureau de soutien de l'ONU en Somalie (UNSOS) à partir de la fin de l'année prochaine. Ce dispositif assure pourtant des services essentiels à la mission de l'Union africaine, notamment l'approvisionnement en nourriture, eau, carburant, soins médicaux et transport des troupes.
Cette décision intervient dans le cadre de la mission de l'Union africaine désormais appelée Mission de soutien et de stabilisation en Somalie (AUSSOM), forte d'environ 12 000 soldats et chargée d'appuyer le gouvernement fédéral de Mogadiscio dans sa lutte contre les combattants du groupe Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda.
Une mission sous pression financière
La mission dépend largement de l'appui logistique onusien, dont le budget global est estimé à environ 500 millions de dollars. Or, la position américaine remet directement en cause son financement et son fonctionnement.
Dans une note diplomatique datée du 1er juillet, Washington a indiqué qu'il ne s'opposerait pas au renouvellement du mandat de la mission de l'Union africaine, mais qu'il bloquerait toute prolongation incluant un soutien logistique ou opérationnel de l'ONU.
Les États-Unis justifient leur position par le coût élevé du dispositif et par les résultats jugés insuffisants sur le terrain. Selon un porte-parole du département d'État, Washington a déjà contribué à hauteur de près de 2 milliards de dollars au financement des opérations onusiennes en Somalie, sans obtenir de progrès jugés durables.
Un contexte sécuritaire fragile
La mission AUSSOM soutient depuis des années le gouvernement somalien face aux offensives répétées des insurgés, qui contrôlent encore de larges zones rurales du centre et du sud du pays et ont, à plusieurs reprises, menacé la capitale Mogadiscio.
Mais pour Washington, les progrès restent limités en raison de divisions politiques internes. Dans sa note, l'administration américaine critique les rivalités au sein du pouvoir somalien, estimant qu'elles affaiblissent la lutte contre les groupes armés et réduisent l'impact de l'aide internationale. "Les bénéfices de l'appui international resteront limités tant que les dirigeants somaliens ne s'uniront pas pour répondre aux défis sécuritaires et de gouvernance", indique le document.
Plusieurs sources diplomatiques estiment que la mission pourrait devenir non viable sans solution de remplacement au financement et au soutien logistique de l'ONU. Un ancien responsable du ministère somalien de la Défense a averti que cette décision aurait des "répercussions majeures" sur la sécurité du pays.