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Le pape Léon XIV visite le monument de la Porte de l'Europe à Lampedusa, en Sicile (Italie du Sud), le 4 juillet 2026.
En déplacement ce 4 juillet sur l'île italienne de Lampedusa, symbole des drames migratoires en Méditerranée, le pape Léon XIV a rendu hommage aux migrants morts en mer. Il a exhorté l'Union européenne à adopter une approche globale et durable de la question migratoire, mêlant accueil, protection et intégration.
Le pape Léon XIV s'est rendu ce 4 juillet à Lampedusa, petite île italienne devenue au fil des années l'un des principaux symboles de la crise migratoire en Méditerranée. Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires au sein de l'Union européenne, cette visite revêt une forte portée politique et spirituelle.
Le souverain pontife a débuté son déplacement par un moment de recueillement dans un cimetière où reposent des migrants non identifiés, enterrés sous des tombes numérotées. Il a ensuite déposé une gerbe de fleurs avant de se rendre à la "Porte de l'Europe", monument dédié aux victimes de la traversée méditerranéenne. À l'image de son prédécesseur le pape François, qui avait choisi Lampedusa pour son premier voyage apostolique en 2013, Léon XIV inscrit son pontificat dans une continuité de défense des migrants et des personnes vulnérables.
Le pape américain, âgé de 70 ans, a multiplié ces derniers mois les prises de position en faveur des migrants, dénonçant notamment les expulsions massives et saluant les initiatives d'accueil, y compris lors de son récent passage aux îles Canaries.
Un appel à l'Union européenne
Dans son homélie prononcée en Sicile, Léon XIV a appelé l'Union européenne à répondre de manière "organique" à la crise migratoire, en combinant secours immédiats et stratégie à long terme.
Il a plaidé pour un modèle fondé sur "l'accueil, la protection, la promotion et l'intégration" des migrants, tout en insistant sur la nécessité de créer des voies d'immigration sûres et légales.
Le pape Léon XIV a également dénoncé plusieurs causes profondes des migrations forcées, citant le désintérêt pour le bien commun, la corruption dans les pays d'origine, les déséquilibres du système économique mondial, ainsi que les logiques de profit tirées du drame humain.
Une Méditerranée toujours meurtrière et une Europe de plus en plus hostile
Lampedusa, située à seulement 145 kilomètres des côtes tunisiennes et forte d'environ 6 000 habitants, reste l'un des principaux points d'arrivée des migrants en Europe. L'île a été marquée par des drames majeurs, notamment le naufrage d'octobre 2013 ayant fait plus de 360 morts, l'une des pires tragédies de la région.
Au premier semestre de l'année, plus de 14 000 migrants ont atteint l'Italie, principalement depuis la Libye, dont près de 60 % via Lampedusa, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).
Ce déplacement intervient alors que l'Union européenne a récemment adopté de nouvelles mesures migratoires prévoyant notamment un renforcement de la détention des migrants et la création de centres de rétention hors de ses frontières.
Pour le pape Léon XIV, cette visite constitue ainsi un message clair en faveur d'une approche fondée sur la responsabilité partagée. Comme l'a souligné un représentant de l'UNHCR, sa présence intervient dans un contexte où le débat international se concentre davantage sur la dissuasion que sur la protection.