Un rapport financier analysé par CNBC révèle que Donald Trump a réalisé 327 transactions boursières au moment où les valeurs technologiques plongeaient en avril 2025, un timing qui attise les soupçons de délit d'initié et de manipulation des marchés.
Le président américain Donald Trump a racheté des actions de grandes entreprises technologiques dans le contexte de l'effondrement boursier survenu début avril 2025, a rapporté le 2 juillet la chaîne CNBC, qui a analysé le rapport financier du chef de l'État américain pour l'année écoulée.
D'après ce document, le 8 avril 2025, Trump a effectué 327 transactions d'achat d'actions, soit cinq fois plus que sa moyenne quotidienne, établie à 62 achats. Il s'agissait du dernier des quatre jours marqués par une chute brutale de la valeur des titres des géants de la technologie, provoquée par l'annonce du projet présidentiel d'imposer des droits de douane élevés sur les importations en provenance de nombreux pays. La chaîne américaine a précisé que Trump se serait concentré sur l'achat d'actions d'Apple, d'Alphabet, d'Amazon, de Microsoft et de Nvidia.
Selon CNBC, cet épisode illustre l'une des principales caractéristiques du second mandat de Trump : le chef de l'État américain dispose d'une immense capacité à influencer les marchés, tout en ayant un intérêt personnel considérable dans leur évolution. L'enjeu serait plus important en matière d'investissements personnels que pour n'importe lequel de ses prédécesseurs.
Interrogé par CNBC, Donald Trump a nié tout lien entre l'augmentation de sa fortune et son mandat présidentiel. Il a assuré que ses entreprises étaient gérées par ses enfants et qu'il n'intervenait pas directement dans leurs décisions. Mais les démocrates menacent déjà d'ouvrir une enquête si les élections de mi-mandat leur permettent de reprendre la majorité à la Chambre des représentants.
La Commission européenne a appelé dimanche les États-Unis à respecter leur accord commercial avec l
Le 2 avril 2025, Trump avait annoncé l'instauration de droits de douane à différents taux contre des dizaines de pays, y compris ceux de l'Union européenne, visés à hauteur de 20 %. Pour justifier sa décision, le président américain avait affirmé qu'il n'y avait "aucune réciprocité" dans les échanges commerciaux des États-Unis avec d'autres pays et que les relations économiques avec les principaux partenaires commerciaux américains étaient devenues "extrêmement déséquilibrées, en particulier ces dernières années".
Cependant, le 9 avril, Donald Trump avait reporté de 90 jours l'entrée en vigueur des droits de douane majorés contre les pays de l'Union européenne, affirmant que les Européens s'étaient déclarés prêts à négocier.
Quelques heures avant de prendre cette décision, il avait publié un message sur son réseau social Truth Social : "C'est le meilleur moment pour acheter !!!" Le Washington Post avait alors écrit que la décision de Trump sur les droits de douane aurait surpris même ses conseillers.
