07/07/2026 mondialisation.ca  9min #319388

Le conflit en Ukraine peut-il dégénérer en guerre nucléaire?

Par  MARC Jean

L'opinion publique, dans sa grande majorité, considère le Président Vladimir Poutine comme le seul responsable de ce conflit. Ses raisons ? Sa volonté de grandeur, de restauration de l'empire soviétique, de domination sur l'Occident..etc. Les médias n'ont eu de cesse de diaboliser le dirigeant russe, n'hésitant pas à utiliser les contre-vérités les plus flagrantes sans jamais, même lorsque les faits démontraient l'inanité de leurs accusations, se remettre en cause. Au mépris du droit élémentaire pour tout accusé à une défense, les médias ont pratiqué le Poutine Bashing sans jamais accorder à la Russie un droit de réponse. La seule fois où une chaîne publique en France, en l'occurrence TF1, avait sollicité le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, pour un entretien,(1) ce fut un déluge de condamnations et la présentatrice, Léa Salamé, vertement réprimandée par le ministre des Affaires étrangèr

es français, Jean-Noël Barrot. Et lorsque le média Cnews avait invité la journaliste Xenia Federova (2) sur son plateau,(3) ce fut un déchaînement de haine envers une personne présentée comme propagandiste russe. Il est vrai qu'elle avait été, lorsqu' elle dirigeait la radio RT France, désignée à la vindicte populaire comme agent de Moscou par le Président Macron.

Alors, remonter aux vraies origines de ce conflit demande autre chose que des déclarations à l'emporte-pièce. Cela nécessite une patiente analyse des archives, loin des explications ressassées par les experts de plateau. Le livre que vient de publier Jacques Baud aux éditions Max Milo sous le tire "Paix en Ukraine" présente un panorama exhaustif d'un conflit qui aurait pu être facilement évité ou résolu très rapidement s'il n'y avait eu l'intervention de puissances étrangères hostiles à la Russie.

Un conflit en germe dès la fin de l'Union soviétique

Après l'expansion régulière vers l'Est des frontières de l'Otan, contrairement aux promesses occidentales faites aux dirigeants russes de l'époque, il restait un dernier pays et non des moindres à avaler, l'Ukraine. Un gros morceau sans doute, bien alléchant et surtout l'occasion rêvée de provoquer la Russie sans grands risques. L'adhésion progressive à l'Otan de nombreux pays, de la Pologne à la Roumanie en passant par les pays baltes, n'avait suscité à Moscou que des protestations platoniques et des commentaires désabusés de l'ancien dirigeant Gorbatchev.

"La guerre en Ukraine est l'aboutissement d'un projet de trente ans mené par le mouvement néoconservateur américain. L'administration Biden comptait parmi ses membres les mêmes néoconservateurs qui ont soutenu les guerres américaines en Serbie (1999), en Afghanistan (2001), en Irak (2003), en Syrie (2011) et en Libye (2011), et qui ont finalement provoqué l'invasion de l'Ukraine par la Russie." écrit Jeffrey Sachs, un universitaire et économiste américain. (4)

Le but ultime de ce groupe politique néoconservateur qu'un journaliste américain,Chris Hedges, n'hésite pas à désigner comme des proxénètes du guerre,(5) est de mener une guerre perpétuelle aux nations du monde entier, tant qu'elles n'auront pas fait acte d'allégeance.L'objectif est de saigner économiquement, financièrement et humainement la Russie. Pour en définitive, la morceler en plusieurs entités et s'emparer de ses énormes ressources. Ceci n'est pas une vue complotiste, ce sont les intentions ouvertement affichées.(6)

Il est indéniable que le soutien continu en armes et munitions fournis par l'Otan permet à l'Ukraine de poursuivre le conflit avec la Russie et même de lui porter des coups de plus en plus douloureux en bombardant ses installations pétrolières même loin de ses frontières. Cette situation n'est pas tenable à long terme pour la Russie.

La Russie est tombée dans le piège savamment tissé par les comploteurs, mais avait-elle le choix ?

Jacques Baud rappelle dans son ouvrage précité, que devant tous les indices prouvant l'imminence d'une action militaire ukrainienne contre le Donbass, les Russes font, le 15 décembre 2021, d'ultimes propositions pour solutionner pacifiquement le conflit. En vain. Alea jacta est (le sort en est jeté)

Déjà des voix s'élèvent en Russie pour réclamer une réaction plus brutale aux multiples provocations occidentales. On s'achemine vers le risque d'une confrontation nucléaire. Un tel risque existe et devient de plus en plus probable à mesure de l'enlisement du conflit. Une telle situation n'est pas d'en rappeler la crise des missiles en octobre 1962.

Pour nos lecteurs qui en douteraient, je voudrais leur rappeler l'épisode de "l'affrontement diplomatique et militaire qui opposa les États-Unis et l'Union soviétique du 14 octobre au 27 octobre 1962. Les deux grandes puissances s'engagèrent dans un bras de fer au sujet des missiles nucléaires soviétiques pointés en direction du territoire américain depuis l'île de Cuba. Cette crise conduisit les deux blocs au bord de la guerre nucléaire. On ne saura qu'en 2001 que les sous-marins soviétiques étaient armés de torpilles à tête nucléaire. Lors de son affrontement avec les navires américains, un sous-marin soviétique, le Shoumkov, [photo ci-bas] avait inséré une torpille nucléaire dans son tube lance-torpille numéro 1. Selon certaines sources c'était un officier supérieur à bord du sous-marin, Vassili Aleksandrovitch Arkhipov, qui s'opposa à l'envoi d'une torpille à tête nucléaire contre un navire américain, évitant probablement au monde une guerre nucléaire".(7)

Dommage que les dirigeants actuels n'aient pas vécu ces jours d'angoisse d'octobre 1962, lorsque le public était suspendu aux nouvelles communiquées par les seuls médias officiels. Il n'existait à l'époque ni réseaux sociaux, ni médias alternatifs, ni autres chaînes de télévision que l'ORTF (Office de Radio Diffusion Français) ! Chaque nuit, on vivait dans l'angoisse d'un conflit nucléaire. A l'époque on ignorait encore comme on l'a appris depuis, que la situation était aussi dramatique. Ceux qui ont vécu cette période espéraient ne jamais la revivre. C'était mon cas. Hélas, c' était sans compter avec les "proxénètes de guerre".

Il est d'ailleurs fort à craindre qu'après le conflit en Ukraine, un nouveau foyer de tension surgira en mer Baltique. La configuration de la région s'y prête idéalement. Les plans de l'Otan projettent, selon les déclarations elles mêmes de dirigeants politiques et de militaires de haut-rang le déclenchement du conflit pour 2029-2030 !

Source de la carte :  revueconflits.com

Début 2024, dans un entretien pour le quotidien allemand Der Tagesspiegel, le ministre allemand de la Défense,Boris Pistorius, déclare que les pays européens devaient se préparer à la guerre face à la Russie. Il évoque l'avis d'experts qui "s'attendent dans cinq à huit ans à une période au cours de laquelle cela pourrait être possible"(8)

Lors de sa conférence tenue le 11 juillet 2025, le Général Thierry Burkhard, Chef d'État-Major des Armées françaises [photo à gauche] désignait clairement la Russie comme l'ennemi principale de la France. Il a déroulé le narratif bien connu de "la Russie responsable de toutes sortes d'ingérences et d'opérations de déstabilisation." Démonstration martiale pour instiller la peur dans la population et la préparer au conflit qui s'annonce. Pour qui sait analyser et décoder, ses propos portaient la marque de fabrique de ses commanditaires à la tête de l'Otan (9).

Un certain nombre d'indices semblent indiquer que l'on s'achemine vers cette confrontation.

  • La participation directe de Washington, une fois de plus, à la guerre par procuration ukrainienne, en particulier dans l'escalade et l'intensification des attaques au plus profond de la Russie avec des missiles à longue portée ;
  • La Finlande et la Lituanie qui préparent le déploiement d'armes nucléaires américaines dans les régions frontalières de la Russie ;
  • Les tensions croissantes en mer Baltique ;
  • Les menaces à la sécurité contre la Biélorussie, proche alliée de la Russie et voisine de sa base nucléaire dans l'enclave de Kaliningrad ;
  • Les déclarations répétées des dirigeants européens exhortant les citoyens à se préparer à une guerre contre la Russie ;
  • L'impasse dans laquelle se retrouvent les pourparlers de paix américano-russes.
  • Le vote par les parlementaires européens de centaines de milliards de crédits militaires.
  • Le déchaînement de la désinformation et des attaques belliqueuse envers la Russie dans les médias occidentaux à un niveau jamais vu même, pendant les pires périodes de la guerre froide.
  • Les églises en Allemagne s'associant à cette campagne belliciste en se préparant à l'éventualité d'un conflit!(10)

Il faut nous interroger sur les motivations profondes de nos dirigeants. Quels intérêts les guident, ou les motivent ? Les droits de l'homme ? Mais alors, pourquoi ne prennent-ils jamais la défense des Palestiniens, massacrés et expulsés de leurs terres et de leurs maisons ?

En réalité, il y a autre chose, beaucoup plus grave : Il y a à l'œuvre un principe destructeur qui est à l'origine de tous ces conflits, au-delà des seules raisons économiques, politiques, financières et sociétales.

Le livre 11) analyse les conséquences désastreuses pour les nations de l'action d'une divinité belliqueuse qui parle constamment de détruire les hommes de la face de la terre. Cette divinité est présentée comme "un dieu tribal du désert, ayant pour caractères ceux de la divinité de la guerre et de l'orage", "un dieu fondamentalement destructeur" Ce dieu tribal s'oppose au reste de l'humanité,"puisqu'il demeure un dieu de la guerre, dont l'objectif est la destruction des nations. Ceci par une guerre perpétuelle livrée aux nations qui peuplent la terre." Les adeptes de ce dieu destructeur(12) sont à la manœuvre dans les coulisses pour perpétuer le chaos parmi les nations. Les dirigeants politiques ainsi que l'ensemble des médias sont leurs otages et obligés de déférer à leurs instructions. Il n'y a pas d'autres explications à leur comportement totalement irrationnel et contraire à l'intérêt de leurs propres peuples.

Un conflit nucléaire en Europe causerait des dommages et des pertes incalculables et un chaos terrifiant. Mais c'est, sans doute, le but poursuivi par les proxénètes de guerre.

MARC Jean

Notes :

(1) franceinfo.fr

(2) Xenia Federova témoigne dans son livre Bannie, publié chez Fayard, de la chasse aux sorcières dont elle fut injustement victime de la part des médias aux ordres du pouvoir

(3) cnews.fr

(4)  arretsurinfo.ch

(5) consortiumnews.com

(6)  lediplomate.media

(7) fr.wikipedia.org

(8) fr.wikipedia.org

(9)youtube

(10) arretsurinfo.ch

(11)Complot contre Dieu, éditions Baudelaire, 2026

(12) mondialisation.ca

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

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