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Naftali Bennett
À l'approche des élections israéliennes, Naftali Bennett tente de se présenter comme une alternative à Benjamin Netanyahou en misant sur une image de pragmatique capable d'unir le pays. Ancien dirigeant du mouvement des colons, il cherche désormais à séduire un électorat plus large sans renier ses positions sur la question palestinienne.
À quelques mois des élections législatives attendues d'ici la fin octobre, l'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett cherche à apparaître comme l'homme capable de tourner la page de l'ère Benjamin Netanyahou.
Les sondages placent aujourd'hui sa liste "Ensemble", formée avec le centriste Yaïr Lapid, parmi les forces susceptibles de peser dans la prochaine coalition. Bennett veut incarner une droite modérée, opposée aux figures ultranationalistes du gouvernement actuel. Son objectif reste clair : revenir au pouvoir et mettre fin à trois décennies d'influence politique de Netanyahou.
Cette nouvelle posture contraste pourtant avec son passé. Ancien proche collaborateur de Netanyahou, Bennett a dirigé le Conseil des colons de Cisjordanie occupée entre 2010 et 2012 et défendu l'annexion d'une partie des territoires palestiniens occupés. À la tête du parti nationaliste religieux Foyer juif, il avait placé la lutte contre la création d'un État palestinien au centre de son discours politique. Il s'était également illustré par des déclarations très dures sur son expérience militaire et par son soutien à une réforme judiciaire controversée menée avec Ayelet Shaked.
Un faux changement
Son tournant politique intervient en 2021, lorsqu'il devient Premier ministre à la faveur d'une coalition inédite réunissant la droite, le centre, la gauche et un parti arabe. Cette alliance, qui permet d'écarter temporairement Netanyahou du pouvoir, contribue à modifier son image auprès d'une partie de l'électorat israélien.
Bennett mise aujourd'hui sur un profil d'homme moderne issu du monde de la technologie. Entrepreneur fortuné, anglophone et actif sur les réseaux sociaux, il cherche à séduire les jeunes électeurs tout en conservant le soutien d'une partie du camp religieux nationaliste. Sa campagne met notamment l'accent sur la lutte contre la criminalité, la réforme de l'éducation et la réduction de la dépendance aux partis ultraorthodoxes.
La question des Haredim constitue l'un de ses principaux thèmes de rupture avec le gouvernement sortant. Bennett veut conditionner les aides publiques à une participation accrue des ultraorthodoxes au service militaire et au marché du travail, estimant que leur exemption constitue un problème majeur.
Mais sur le dossier palestinien, son positionnement reste profondément ancré à droite. Malgré son discours sur la dignité des Palestiniens et l'amélioration de leurs conditions de vie, Bennett affirme toujours s'opposer à la création d'un État palestinien et soutient l'extension des implantations israéliennes dans la zone C de Cisjordanie occupée, qu'il considère comme destinée à rejoindre Israël.