09/07/2026 reseauinternational.net  3min #319544

Ostéoporose, hormones sexuelles, calcium, vitamine D et autres

par Michel de Lorgeril

L'ostéoporose est définie comme une maladie des os susceptible de se compliquer de fractures et donc d'être une maladie sévère notamment chez les personnes vieillissantes.

Mais pas seulement, des personnes jeunes (notamment la femme au moment de la ménopause ou des hommes ayant subi une castration (pour une raison ou une autre) peuvent développer des ostéoporoses accélérées.

Outre le risque de fractures, l'ostéoporose est une maladie douloureuse parfois difficile à traiter.

Cela dit, depuis de décennies, les experts se disputent à propos de tout concernant l'ostéoporose : la définition, les causes, la prévention, le traitement, etcétéra

N'étant ni rhumatologue, ni expert des os, ni expert en imagerie, je vais être très prudent.

Je vais faire appel au bon sens de façon à guider un peu les visiteurs de ce Blog.

J'en ferais une autre partie via une vidéo sur ma chaîne 1 que tout le monde doit connaître maintenant vue l'importance (Oups !) des messages délivrés dans la plus grande simplicité.

Je ne vais pas discuter la définition de cette maladie - je laisse ça aux experts - seulement rappeler que c'est une pathologie des os (et pas des articulations) qui sont fragiles.

Inversement, je veux insister sur deux points : chez certaines victimes, cela provoque des douleurs et chez d'autres des fractures ; donc c'est une maladie sévère sur le plan des symptômes et dangereuse mettant en jeu le pronostic vital chez les séniors.

Selon certains auteurs [Huo R, et al. Mortality associated with osteoporosis and pathological fractures in the United States (1999-2020): a multiple-cause-of-death study. J Orthop Surg Res. 2024;19:568] le risque de décès dans l'année à la suite d'une fracture "ostéoporotique" chez les séniors (plus de 75 ans) atteint 15% pour les femmes et 22% pour les hommes.

Le groupe le plus affecté est celui dont l'âge est supérieur à 84 ans. Les causes de décès sont multiples mais elles sont en général la conséquence de l'immobilisation associée à une dégradation des conditions d'existence, y compris en milieu hospitalier.

La qualité des soins et l'attention de l'entourage sont des protections majeures. Je laisse de côté les erreurs médicales ; très mal évaluées évidemment.

Cela dit, je veux maintenant discuter rapidement une des controverses les plus anciennes - et des plus étranges selon mon point de vue de non-spécialiste de l'ostéoporose - c'est celle concernant le rôle des hormones sexuelles dans l'ostéoporose. Sous-jacente à cette controverse, l'influence des fabricants d'hormones de synthèse faisant partie des fameux traitements hormonaux substitutifs de la ménopause, une source majeure de profits pour l'industrie des produits de santé.

Cette controverse [avec notamment les importances respectives des œstrogènes et de la testostérone] date des années 1970 du siècle dernier ; ce n'est pas nouveau. On en trouvera un résumé dans le livre de mon collègue Jean-Pierre Poinsignon publié en 2015 [Ostéoporose, mythe ou réalité ; éditions du ROCHER].

Évidemment, je me suis permis de vérifier si depuis 2015 les choses s'étaient éclaircies. Mon constat est navrant, c'est presque pire : on ne sait pas grand-chose et, en conséquence, je déconseille les traitements hormonaux visant à prévenir, freiner ou traiter l'ostéoporose.

Surtout si le diagnostic est basé sur de l'imagerie "ordinaire" qui en fait mesure la densité osseuse, c'est-à-dire la quantité de minéraux (essentiellement du calcium) présents dans l'os.

source :  Michel de Lorgeril

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