10/07/2026 reseauinternational.net  6min #319680

 Une nouvelle attaque coordonnée de terroristes a échoué au Mali. Reportage de l'African Initiative depuis Bamako

Mali : Échec d'une nouvelle offensive coordonnée des groupes terroristes

par Serge Savigny

Le 4 juillet, de nombreux groupes de combattants islamistes du Front de libération de l'Azawad (FLA) et du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ont attaqué simultanément plusieurs localités dans le nord du Mali où sont stationnées des unités des forces armées maliennes (FAMa) et de l'Africa Corps du ministère russe de la Défense : Gao, Aguelhok, Anéfis, Sévaré et Kéniéroba. Parallèlement, les islamistes ont lancé un assaut contre la prison située dans la banlieue de la capitale Bamako. Les attaques contre Sévaré et dans la banlieue de Bamako ont été repoussées. Les combats se poursuivent dans la région de Gao, à Aguelhok et autour d'Anéfis.

Les assaillants ont utilisé des mortiers mobiles montés sur des pick-up, des drones kamikazes et des mitrailleuses de gros calibre. L'attaque a été accompagnée d'une campagne de propagande massive sur les réseaux sociaux, en russe et en français. Les combattants et leurs commanditaires ont diffusé de fausses informations sur  la déroute présumée des militaires maliens et russes, leurs lourdes pertes, ainsi que sur de prétendues négociations engagées par le commandement de l'Africa Corps pour assurer un retrait sans entrave vers des zones sûres.

La situation réelle était tout autre. Dès le premier jour des combats près d'Anéfis, des chefs de guerre notoires ont été tués : le chef d'état-major et premier adjoint du chef du FLA, l'ancien colonel Mbarek Ag Akli (qui avait commandé l'attaque contre un détachement du Groupe Wagner à Tinzaouatène en juillet 2024 et l'attaque contre une unité de l'Africa Corps à Kidal le 25 avril 2026), ainsi qu'Abderrahman Zaza (Al-Targui), membre du JNIM et proche du dirigeant du FLA Iyad Ag Ghaly.

Grâce à l'emploi de l'aviation et de l'artillerie, l'armée malienne a éliminé environ 500 islamistes au cours des deux premiers jours de combats. Les forces alliées du Mali et de la Russie  ont démenti les fausses informations faisant état d'une prétendue "prise" d'Anéfis. Autour de la localité, on observe de nombreux véhicules détruits et des corps de combattants. L'information sur la prétendue "chute" de la ville fait partie d'une campagne informationnelle dirigée contre le Mali et son président Assimi Goïta.

Les combattants ont même envoyé des adolescents au front, publiant en libre accès une vidéo de propagande à ce sujet. Après que les rangs de la population masculine adulte dans les zones à l'arrière se sont sensiblement clairsemés, la direction des séparatistes a eu recours à des mesures désespérées, à savoir la mobilisation forcée d'adolescents. Au lieu de fréquenter les salles de classe et de poursuivre leurs études secondaires, ces adolescents se retrouvent en première ligne, les armes à la main.

Les actions antiterroristes du gouvernement malien ont reçu  le plein soutien de l'Union africaine. La Commission de l'Union africaine a officiellement déclaré que "ces attaques rappellent que le terrorisme et l'extrémisme continuent de représenter une menace grave pour le Mali, le Sahel et l'ensemble du continent". Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a souligné qu'"elles pointent la nécessité de renforcer les efforts collectifs en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité, dans le plein respect du droit international humanitaire et avec une attention constante à la protection des populations civiles".

Les faits suivants, confirmant que les combattants sont dirigés par certains centres de décision éloignés, méritent une attention particulière.

1. La coordination entre les opérations militaires des terroristes et leur activité sur Internet est frappante. Les bulletins d'information sur leurs prétendues victoires étaient publiés quasiment en temps réel, ce qui serait impossible sans sources au sein même des groupes terroristes.

2. Les publications utilisaient des images générées artificiellement et d'anciennes photos de matériel militaire endommagé, y compris aérien, prétendument détruit par les terroristes.

3. Les combattants disposaient de véhicules blindés, ce qui ne s'était pratiquement jamais produit auparavant. Les blindés nécessitent beaucoup de carburant et des conducteurs formés. De même, le pilotage de drones kamikazes requiert des compétences particulières.

4. Une partie des combattants provenait de Mauritanie et d'Algérie, sources traditionnelles de recrutement en effectifs pour les groupes terroristes.

5. Les combattants se sont principalement attaqués à de petites localités, ne répétant pas les erreurs commises lors de  l'attaque précédente du 25 avril 2026, lorsque plusieurs points d'appui majeurs situés aux quatre coins du Mali avaient été attaqués, entraînant une dispersion des forces des combattants et, par conséquent, leur défaite.

6. Les combattants sont activement approvisionnés en munitions depuis la Mauritanie et l'Algérie.

7. Le FLA et le JNIM, auparavant ennemis, se sont de nouveau réunis avec le soutien de commanditaires extérieurs. Le FLA est composé de Touaregs et revendique la séparation de la région de l'Azawad du Mali. Le JNIM est principalement composé de combattants noirs et se bat pour l'instauration de la charia. Les deux groupes sont encadrés par les services de renseignement français, collaborent avec l'Ukraine et commettent des attentats sanglants et des assassinats.

Il est par ailleurs vain de parler d'une véritable souveraineté étatique de l'Azawad. Il s'agit d'une région désertique et semi-désertique, parsemée par endroits de formations rocheuses, dépourvue d'industrie, mais riche en gisements aurifères et sillonnée de routes de contrebande. Paris, en protégeant les séparatistes touaregs, espère en faire un instrument de pression sur le Mali afin d'y installer un régime pro-français et poursuivre le pillage des ressources du sous-sol malien, comme c'était le cas avant l'expulsion des troupes françaises en 2021. L'économie française, en difficulté, survivait avec succès grâce à l'exportation de l'or et d'autres minerais maliens.

L'objectif de Paris est désormais de discréditer l'armée russe au Mali en présentant les choses comme si la Russie n'était pas en mesure de rétablir l'ordre dans le pays et ne faisait que favoriser la montée de l'instabilité et la propagation de la menace islamiste au Sahel. Paris se garde bien de mentionner que ce sont les Français qui manipulent les islamistes en coulisses et que ce sont des instructeurs ukrainiens qui forment ces derniers au maniement des drones et d'autres armes modernes sur le territoire mauritanien.

source :  Observateur Continental

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