Le ministre iranien du Pétrole affirme que les exportations de pétrole du pays se poursuivent sans interruption malgré l'annulation par Washington d'une exemption de sanctions de 60 jours.
Tout en soulignant que des mécanismes établis de longue date ont neutralisé l'impact des sanctions américaines, Mohsen Paknejad a déclaré ce mardi 14 juillet que les exportations de pétrole du pays se poursuivent sans interruption malgré la décision de Washington de révoquer la dérogation de 60 jours relative aux sanctions pétrolières américaines et dénoncé les États-Unis pour violation de leurs engagements.
Il a également souligné que son ministère disposait depuis longtemps de mécanismes visant à rendre inefficaces les sanctions américaines.
Commentant la décision américaine d'annuler la dérogation de 60 jours ainsi que les projets du ministère dans ce nouveau contexte, M. Paknejad a déclaré : "Le ministère du Pétrole a mis en place depuis des années les structures nécessaires pour neutraliser l'impact des sanctions injustes des États-Unis."
"Même après l'annonce d'une dérogation de 60 jour aux sanctions, nous n'avons pas démantelé ces mécanismes et avons continué à les préserver", a-t-il ajouté.
Le ministre a fustigé Washington pour avoir violé ses engagements, déclarant : "Les Américains, comme d'habitude, ont rompu leur promesse et violé l'article 10 du mémorandum d'entente relatif aux dérogations de 60 jours."
Il a souligné que le cadre existant pour le maintien des exportations de pétrole reste pleinement opérationnel malgré la décision américaine.
Les États-Unis ont émis une autorisation générale temporaire de 60 jours autorisant la production, la livraison et la vente de pétrole iranien
"Étant donné que les structures prévues pour la poursuite des exportations de pétrole ont été maintenues, le processus d'exportation de pétrole du pays se poursuit comme auparavant et, si Dieu le veut, nous ne rencontrerons aucun problème à cet égard", a-t-il noté.
Ces déclarations interviennent après que le département du Trésor américain a annoncé la semaine dernière révoquer la dérogation de 60 jours aux sanctions, mettant ainsi fin à une licence temporaire qui autorisait la vente de pétrole iranien.
La décision américaine fait suite à une montée des tensions autour du détroit d'Ormuz après une série d'attaques contre des pétroliers.
Cette évolution intervient alors que l'Iran maintient ses restrictions sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, une voie maritime essentielle du golfe Persique qui assurait un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole avant le début de l'agression américano-israélienne contre l'Iran fin février.
Les États-Unis et leurs alliés font pression sur l'Iran pour obtenir une réouverture complète du détroit, mais les autorités iraniennes ont répété à maintes reprises qu'une telle réouverture n'aurait lieu que dans le cadre d'accords iraniens et lorsque les sanctions imposées au pays seraient levées.
Les prix du pétrole ont atteint mardi leur plus haut niveau en un mois, alors que les nouvelles attaques américaines contre l'Iran entraient dans leur troisième jour consécutif, suscitant de nouvelles inquiétudes quant à la navigation dans le détroit d'Ormuz.
Le Brent, référence mondiale du pétrole brut, a bondi de 3,8 % après avoir grimpé de 9,6 % la veille, atteignant 85,92 dollars le baril à 8 h 00 GMT, son niveau le plus élevé depuis le 15 juin.
Malgré un bref retour aux niveaux d'avant-guerre après la signature d'un mémorandum d'entente entre Washington et Téhéran le mois dernier, le Brent est désormais en hausse de 19 % par rapport à son niveau précédent, soit avant le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran fin février.
Cette nouvelle escalade fait suite à des frappes américaines que Washington a présentées comme visant à limiter la capacité de l'Iran à cibler les navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz. En réponse, le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a affirmé avoir frappé deux superpétroliers dans cette voie maritime et lancé des attaques de missiles et de drones contre des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, entre autres.
Parallèlement, Donald Trump a annoncé que les États-Unis rétabliraient le blocus des ports iraniens et commenceraient à imposer des droits de transit aux navires empruntant cette voie navigable stratégique.
